( AFP / VALENTINE CHAPUIS )
Les coopératives agricoles Euralis et Maïsadour, qui représentent 40% de la production de foie gras en France, ont obtenu le feu vert de l'Autorité de la concurrence pour créer un géant du secteur, sous réserve de cessions d'activités, a annoncé l'instance vendredi.
Ce rapprochement entre deux coopératives majeures du Sud-Ouest, qui avaient renoncé en 2023 à un premier projet de fusion face à une enquête antitrust, doit donner naissance à une entité d'environ 9.000 employés et trois milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Le projet "est toutefois conditionné à trois séries d'engagements présentés par les parties afin de répondre aux risques d'atteinte à la concurrence résultant de cette concentration", souligne l'Autorité de la concurrence dans un communiqué.
À ses yeux, "la position incontournable de la nouvelle entité" sur les produits issus du canard gras suppose "un risque d'augmentation des prix" pour les consommateurs. L'Autorité pointe aussi le risque de voir des agriculteurs "privés d'alternative pour l'écoulement de leur production de céréales" ou "leur approvisionnement en nutrition animale".
En conséquence, la fusion est autorisée en échange de la cession à des concurrents, d'ici juillet 2031, d'un volume de production d'au moins 2 millions de canards gras. Pour y parvenir, les deux coopératives ont décidé de céder l'entité Canadour, spécialisée dans la production et le négoce de canards gras, et la marque Sarrade.
En mai, Maïsadour, qui commercialise notamment le foie gras Delpeyrat, avait annoncé la cession d'une autre marque, Comtesse du Barry, à un groupe d'entrepreneurs du Sud-Ouest.
Concernant la collecte de céréales, oléagineux et protéagineux, les deux groupes coopératifs doivent céder à des concurrents douze infrastructures de collecte (silos ou plateformes).
Enfin, sur la nutrition animale, Maïsadour s'est engagé à céder son usine de Pomarez (Landes).
En 2023, un premier projet fusionnant les seules activités canard gras des deux groupes avait été abandonné après une enquête de l'Autorité de la concurrence pour "doute sérieux d'atteinte à la concurrence".
Ce nouveau projet, sur "un principe d'égalité", avait été présenté en 2025. L'intersyndicale avait alors fait part de ses "inquiétudes" sur les éventuelles suppressions d'effectifs.
Avec 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel, Euralis, basée dans les Pyrénées-Atlantiques, rassemble 5.300 agriculteurs adhérents et emploie 4.600 collaborateurs dans 18 pays. Maïsadour, établie dans les Landes, compte 5.000 agriculteurs adhérents et emploie plus de 4.300 salariés dans 13 pays, pour un chiffre d'affaires annuel de 1,4 milliard d'euros.
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