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Comment accueillir les victimes de violences sexuelles? A Bruxelles, Tondelier loue le "modèle belge"
information fournie par AFP 15/06/2026 à 18:44

La secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, visite un centre d'accueil des victimes de violences sexuelles à Bruxelles, le 15 juin 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

La secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, visite un centre d'accueil des victimes de violences sexuelles à Bruxelles, le 15 juin 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

"Vous démontrez que c'est possible. Mais qu'est-ce qu'on attend pour faire pareil en France?". Marine Tondelier, à la recherche, comme le reste de la classe politique, de réponses face au fléau des violences sexuelles, s'est rendue à Bruxelles pour s'inspirer du "modèle belge" dans l'accueil des victimes.

Depuis l'affaire Lyhanna, la question de la prévention et des sanctions des violences sexuelles contre les femmes et les enfants s'est invitée dans la campagne présidentielle française.

Et la patronne des Ecologistes, originaire du Pas-de-Calais, a fait le déplacement en Belgique lundi matin pour observer le fonctionnement d'un centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles.

Bientôt au nombre de 13 dans le pays, répartis pour que chacun se trouve à une heure au maximum d'un tel centre, ils sont installés en milieu hospitalier et offrent une prise en charge à la fois médicale, psychologique et judiciaire.

Les victimes sont accueillies par des sages-femmes ou des infirmières légistes et ce sont des policiers en civil, formés à la question des violences sexuelles, qui s'y déplacent pour recueillir le dépôt de plainte.

"Tout est tourné vers la victime. Ca évite ce qui est souvent un traumatisme: le passage au commissariat", loue Marine Tondelier en visitant le centre: des salles d'examen et des locaux de repos, confortables. Le lieu, qui se veut sécurisant et à l'écoute, est accessible en passant une porte sécurisée au fond d'une cour des urgences du CHU de Saint-Pierre.

Quelques marches plus bas: la salle des archives.

Une cinquantaine de sacs, contenant principalement des vêtements, y sont entreposés. A côté, cinq congélateurs, qui contiennent des prélèvements ADN.

La secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, visite un centre d'accueil des victimes de violences sexuelles à Bruxelles, le 15 juin 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

La secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, visite un centre d'accueil des victimes de violences sexuelles à Bruxelles, le 15 juin 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

De potentielles preuves, accumulées pendant une semaine, qui attendent d'être transmises aux enquêteurs. Elles seront gardées six mois pour les adultes et 50 ans pour les enfants.

Le centre de Bruxelles a effectué 1.131 prises en charge l'année dernière.

"Nos congélateurs sont déjà bien remplis, on va devoir en acquérir de nouveaux", explique à Marine Tondelier Charlyne Liétard, la coordinatrice du centre.

Et la secrétaire nationale des Ecologistes, accompagnée pour l'occasion par la députée écolo belge Sarah Schlitz, qui a porté le projet de loi permettant de pérenniser ces centres quand elle était secrétaire d'État, de saluer "la vraie politique pro-active d'accumuler le maximum de preuves pour éviter les classements sans suite".

"Colère" face à l'inaction française

"On doit ouvrir de tels centres en France", explique à l'AFP Marine Tondelier, candidate à la présidentielle dans le cadre d'une primaire de la gauche, et qui se réserve le droit de se présenter au nom des Ecologistes si ce processus de départage, pour l'instant mal embarqué, n'aboutit pas.

La secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, visite un centre d'accueil des victimes de violences sexuelles à Bruxelles, le 15 juin 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

La secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, visite un centre d'accueil des victimes de violences sexuelles à Bruxelles, le 15 juin 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )

"Si je suis candidate ça sera dans mon programme", ajoute-t-elle, en précisant vouloir faire du sujet "une question de volonté politique" et en manifestant sa "colère" contre la situation en France, en contraste avec la Belgique.

"Les violences faites aux enfants sont un sujet tabou en France. On a même été permissifs sur ce sujet avec des élites qui ont glorifié ces violences", ajoute la patronne des Ecologistes, qui revendique de porter dans l'espace médiatique des sujets de fond, comme l'enfance, la solitude ou les congés climatiques.

"Je suis pour l'imprescriptibilité pour les crimes sexuels sur les enfants", ajoute-t-elle en faisant part de sa méfiance quant à la solution portée par la droite: les castrations chimiques obligatoires pour éviter la récidive.

Depuis l'affaire Lyhanna, des femmes, surtout à gauche, portent la question de la prévention et de l'éducation alors que, selon l'Insee, 97% des infractions à caractère sexuel recensées en France sont perpétrées par des hommes.

Alors que Marine Tondelier pourrait être la seule femme candidate à la présidentielle avec la représentante de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud, pense-t-elle porter un regard particulier sur cette question?

"Les hommes aussi ont le droit de s'occuper de la question des enfants. Mais dans les faits, ils ne le font pas", répond-elle.

Après sa visite à Bruxelles, Marine Tondelier se rend à Paris pour participer à un nouveau rassemblement devant le ministère de la Justice pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice mis en lumière par l’affaire Lyhanna.

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