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Colombie: une sénatrice séquestrée et le président ciblé avant les élections
information fournie par AFP 11/02/2026 à 02:07

Cette image tirée d'une vidéo fournie par le ministère colombien de la Défense montre la sénatrice indigène colombienne Aida Quilcué serrant des personnes dans ses bras après avoir été libérée à la suite d'un enlèvement, dans le département du Cauca, en Colombie, le 10 février 2026 ( Colombian Defense Ministry / Handout )

Cette image tirée d'une vidéo fournie par le ministère colombien de la Défense montre la sénatrice indigène colombienne Aida Quilcué serrant des personnes dans ses bras après avoir été libérée à la suite d'un enlèvement, dans le département du Cauca, en Colombie, le 10 février 2026 ( Colombian Defense Ministry / Handout )

Une sénatrice indigène a été enlevée pendant quelques heures dans une zone de guérilla mardi en Colombie, le jour même où le président Gustavo Petro a dénoncé une tentative d'assassinat à son encontre, dans un contexte de violence croissante avant les législatives et la présidentielle.

A l'approche de ces scrutins, prévus respectivement les 8 mars et 31 mai, les menaces contre des responsables politiques, des candidats et des leaders sociaux se multiplient dans le pays sud-américain, où divers groupes armés vivant du trafic du drogue contrôlent de vastes territoires.

La sénatrice Aida Quilcué, 53 ans, a été brièvement kidnappée en milieu de journée mardi dans son fief, le département du Cauca (sud-ouest), une région de production de coca contrôlée par des dissidences des Farc - les Forces armées révolutionnaires de Colombie, lesquelles ont signé un accord de paix avec l'Etat en 2016.

Le véhicule dans lequel elle voyageait avec ses deux gardes du corps avait été retrouvé abandonné sur une route, alertant les autorités.

"Je vais bien", a déclaré la sénatrice, en larmes, dans une vidéo publiée par le ministre de la Défense Pedro Sanchez.

Cette figure du peuple autochtone nasa et de la défense des droits humains a ensuite été transférée dans un véhicule blindé de l'armée vers la ville de Popayan.

A son arrivée, elle a raconté à l'AFP que "plusieurs hommes armés" avaient intercepté le 4x4 dans lequel elle se déplaçait. Elle n'a pas indiqué à quel groupe ils appartenaient.

"Ils nous ont fait descendre du véhicule puis nous ont emmenés à pied vers un endroit inconnu", a-t-elle déclaré.

En remarquant la présence d'indigènes qui la cherchaient, ses ravisseurs ont pris la fuite. "Ils nous ont laissés seuls et se sont mis à courir, de sorte que nous avons pu partir"

- L'ombre du narcotrafic -

Plus tôt dans la journée, le président de gauche Gustavo Petro a par ailleurs assuré avoir réchappé à une tentative d'assassinat lundi soir lors d'un déplacement.

Au cours d'un conseil des ministres retransmis en direct, le dirigeant a expliqué que l'hélicoptère qui le transportait n'avait pu atterrir comme prévu dans le département de Cordoba, sur la côte caraïbe colombienne, car son équipe de sécurité "redoutait" que "l'on tire" sur l'appareil.

Cette photo fournie par le service de presse de la présidence colombienne montre le président de la Colombie, Gustavo Petro (à droite),  lors d’une réunion du cabinet au sujet de la tempête hivernale à Monteria, dans le département de Cordoba, en Colombie, le 10 février 2026 ( Colombian Presidency / Handout )

Cette photo fournie par le service de presse de la présidence colombienne montre le président de la Colombie, Gustavo Petro (à droite), lors d’une réunion du cabinet au sujet de la tempête hivernale à Monteria, dans le département de Cordoba, en Colombie, le 10 février 2026 ( Colombian Presidency / Handout )

"Nous avons pris le large pendant quatre heures et je suis arrivé là où cela n'était pas prévu, fuyant pour qu'on ne me tue pas", a-t-il expliqué.

Au pouvoir depuis 2022, Gustavo Petro affirme depuis des mois que des narcotrafiquants projettent d'attenter à sa vie.

M. Petro, que la Constitution n'autorise pas à briguer un second mandat, avait déjà dénoncé une tentative d'assassinat le visant en 2024.

Sous pression de Washington et à quelques mois de quitter le pouvoir, le président colombien a renforcé la lutte contre les cartels et des guérilleros tels qu'Ivan Mordisco, le criminel le plus recherché de Colombie, pays premier producteur mondial de cocaïne.

Des centaines de villes sont menacées par la violence électorale et ciblées par des groupes armés cherchant à influencer les scrutins, selon la Mission d'observation électorale.

Jeudi dernier, des hommes armés ont ouvert le feu sur le convoi d'un sénateur, tuant deux de ses gardes du corps, dans la région d'Arauca (nord-est) où la guérilla de l'ELN est très présente.

L'assassinat de Miguel Uribe, prétendant de droite à la présidence, mort en août dernier des suites d'un attentat à Bogota, a ravivé le souvenir des candidats assassinés dans les années 1980 et 1990.

A cette époque, de nombreux responsables politiques ou sociaux de gauche avaient été tués en Colombie, victimes de narcotrafiquants, de groupes paramilitaires ou de membres de l'armée.

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