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Cinq ans après l'assaut du Capitole, démocrates et républicains plus que jamais divisés
information fournie par AFP 06/01/2026 à 23:50

Des agents de la police du Capitole de Washington patrouillent devant le bâtiment, siège du Congrès américain, le 6 janvier 2026 ( AFP / SAUL LOEB )

Des agents de la police du Capitole de Washington patrouillent devant le bâtiment, siège du Congrès américain, le 6 janvier 2026 ( AFP / SAUL LOEB )

Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump prenaient d'assaut le Capitole de Washington, ébranlant la démocratie américaine. Mardi marque le cinquième anniversaire de l'attaque qui, un an après le retour du milliardaire au pouvoir, divise plus que jamais républicains et démocrates.

Car loin des condamnations quasi unanimes dans les jours qui avaient suivi l'assaut, le consensus a aujourd'hui disparu au sein de la classe politique.

Si les démocrates continuent de dénoncer une attaque envers la démocratie, l'appareil républicain est aujourd'hui dévoué au président de 79 ans, qui a toujours refusé de condamner les actions de ses partisans, évoquant une "journée d'amour" et un "débordement d'affection" à son égard.

Le 20 janvier 2025, dès son premier jour de retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait gracié l'ensemble des participants, rayant d'un trait de feutre la plus vaste enquête jamais menée par le ministère américain de la Justice.

Il a fait brièvement allusion au 6-Janvier lors d'un discours mardi devant des parlementaires républicains, minimisant à nouveau son rôle dans les violences de cette journée.

- "Déformation vicieuse" -

Mais l'opposition démocrate avait prévenu qu'elle s'attacherait mardi à garder fraîche la mémoire des événements qui avaient secoué la capitale américaine en 2021.

"Il y a cinq ans aujourd'hui, une foule violente a brutalement attaqué le Capitole des Etats-Unis", a déclaré dans un communiqué Hakeem Jeffries, ténor démocrate au Congrès.

Le président américain Donald Trump s'exprime devant des élus républicains au Kennedy Center de Washington, le 6 janvier 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

Le président américain Donald Trump s'exprime devant des élus républicains au Kennedy Center de Washington, le 6 janvier 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

"Leur mission était de renverser les résultats d'une élection libre et juste. Nous ne permettrons jamais aux extrémistes d'étouffer leur traîtrise", a-t-il ajouté.

Dans la soirée, des parlementaires démocrates se sont rassemblés sur les marches du Capitole, bougies électriques à la main, pour commémorer l'attaque et dénoncer l'attitude des républicains depuis celle-ci.

Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a fustigé devant la presse la publication mardi par la Maison Blanche d'un site web qui accuse les démocrates d'avoir "mis en scène l'insurrection" et qui blâme la police du Capitole pour avoir fait "escalader les tensions" le 6 janvier 2021.

Une "déformation vicieuse de la vérité", a tonné Chuck Schumer devant la presse, qui a exhorté: "Disons tous la vérité, et laissons les générations futures s'en souvenir."

- "Encore plus fier" -

A l'extérieur du Capitole, des partisans de Donald Trump ont marqué également le cinquième anniversaire avec une marche retraçant le parcours effectué en 2021.

L'ancier chef de la milice d'extrême droite Proud Boys lors d'une manifestation à Washington, le 6 janvier 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

L'ancier chef de la milice d'extrême droite Proud Boys lors d'une manifestation à Washington, le 6 janvier 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Parmi eux: Enrique Tarrio, ancien chef de la milice d'extrême droite Proud Boys qui, jusqu'à la grâce prononcée par Donald Trump, purgeait une peine de 22 ans de prison pour son rôle jugé clé dans les événements du 6-Janvier.

Rencontré par l'AFP mardi, il a dit être "encore plus fier" d'être membre des Proud Boys aujourd'hui, "parce qu'on a eu ces grâces."

Le 6 janvier 2021, des dizaines de milliers de sympathisants de Donald Trump, alors à la fin de son premier mandat, affluaient à Washington à l'appel du républicain qui affirmait, sans fondement, que l'élection présidentielle perdue quelques semaines plus tôt face à Joe Biden était entachée de fraudes massives.

- "Comme des diables" -

Ce jour-là, Donald Trump a donné devant la Maison Blanche un discours lors duquel il a appelé ses partisans à se "battre comme des diables", sans quoi leur pays disparaîtrait.

Des partisans de Donald Trump rassemblés devant le Capitole de Washington, le 6 janvier 2021 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Des partisans de Donald Trump rassemblés devant le Capitole de Washington, le 6 janvier 2021 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Dans les heures qui ont suivi, les manifestants se sont massés devant le Capitole, situé à moins de trois kilomètres du lieu du discours, avant de forcer des barrages de police et de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment.

Fracassant des vitres, saccageant des bureaux, et blessant en tout plus de 140 policiers, ils ont provoqué la fuite des élus qui devaient certifier la victoire de Joe Biden.

Au cours des années suivantes, le rôle exact de Donald Trump dans les événements du 6-Janvier a fait l'objet d'une enquête par une commission du Congrès, qui a recommandé en 2022 des poursuites pénales à son encontre. Inculpé en 2023 par un tribunal fédéral pour ses tentatives présumées illicites d'obtenir l'inversion des résultats de l'élection de 2020, il a finalement échappé aux poursuites pénales avec sa victoire à la présidentielle de 2024.

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