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Chine-Xi insiste sur la sécurité et défend sa stratégie contre le COVID en ouverture du congrès du PCC
information fournie par Reuters 16/10/2022 à 12:59

(Supprime les comparaisons avec le discours de 2017)

par Yew Lun Tian et Ryan Woo

PEKIN, 16 octobre (Reuters) - Xi Jinping a mis l'accent dimanche sur les questions de sécurité, notamment vis-à-vis de Taiwan, et a défendu sa gestion de l'épidémie de COVID-19 dans son discours d'ouverture du congrès du Parti communiste chinois (PCC), à l'issue duquel il devrait être reconduit pour un troisième mandat de cinq ans au poste de secrétaire général.

Devant environ 2.300 délégués en provenance de toute la Chine réunis dans le vaste Palais de l'Assemblée du peuple, qui borde l'aile occidentale de la place Tiananmen à Pékin, le président chinois a qualifié les cinq années écoulées depuis le précédent congrès du PCC d'"extrêmement extraordinaires et anormales".

"Nous devons renforcer notre sens de l'adversité, adhérer à la pensée globale, être préparés au danger en période de paix, nous préparer pour une journée pluvieuse et être prêts à résister aux grands défis des vents puissants et des grandes vagues", a dit Xi Jinping dans ce discours de moins de deux heures, alors qu'il s'était exprimé pendant près de trois heures et demie au congrès de 2017.

Xi Jinping a plaidé en faveur d'un renforcement des capacités de préservation de la sécurité nationale de la Chine, de la sécurisation des approvisionnements alimentaires et énergétiques du pays, de l'amélioration des moyens de lutte contre les catastrophes et de la protection des données personnelles.

XI FORTEMENT APPLAUDI SUR TAIWAN

Les applaudissements les plus nourris sont venus lorsqu'il a réitéré son opposition à l'indépendance de Taiwan.

Au cours de ses 10 années au pouvoir, Xi Jinping n'a cessé de raffermir son emprise sur la Chine en donnant la priorité à la sécurité, au contrôle de l'économie par l'Etat au nom de la promotion d'une "prospérité commune", à une affirmation du pays sur la scène internationale, aussi bien sur les plans diplomatique que militaire, et à une intensification de la pression sur Taiwan, que Pékin considère comme une île rebelle à ramener sous son autorité, par la force si nécessaire.

Les spécialistes de la Chine ne s'attendent pas à de changements majeurs au cours d'un troisième mandat de Xi Jinping.

Dans les jours ayant précédé ce 20e congrès du PCC, les autorités chinoises ont insisté sur la poursuite d'une stratégie dite "zéro COVID" malgré la lassitude perceptible d'une partie de la population et des investisseurs face à cette politique qui différencie la Chine de la majeure partie du reste du monde ayant choisi de coexister avec cette maladie apparue fin 2019 dans le centre du pays.

Xi Jinping ne s'est guère exprimé sur le sujet durant son discours, hormis pour défendre sa gestion de la crise sanitaire, faite de confinements locaux répétés dès l'apparition de cas de contamination par le coronavirus responsable du COVID-19.

"Nous avons adhéré à la suprématie du peuple et à la suprématie de la vie, adhéré à un zéro COVID dynamique (...) et sommes parvenus à d'importants résultats positifs dans la prévention globale et le contrôle de l'épidémie et dans le développement économique et social", a-t-il dit, alors que la Chine a officiellement enregistré nettement moins de décès dus à la maladie que la plupart des autres pays.

"BÂTIR UNE ÉCONOMIE SOCIALISTE DE MARCHÉ DE HAUT NIVEAU"

Sur le plan économique, alors que cette politique zéro COVID contribue à ralentir la croissance et que le pays est confronté à une crise du secteur immobilier, Xi Jinping a réaffirmé son soutien au secteur privé et au rôle essentiel des marchés, même si la Chine ajuste son "système économique socialiste" et promeut une "prospérité commune".

"Nous devons bâtir une économie socialiste de marché de haut niveau (...) consolider et développer sans relâche le système de la propriété publique, encourager et soutenir sans relâche le développement de l'économie privée, accorder toute sa place au rôle décisif du marché dans l'allocation des ressources et accorder une meilleure place au rôle du gouvernement", a-t-il dit.

Depuis son arrivée à la tête du parti, Xi Jinping, âgé de 69 ans, s'est attaché à le revigorer en engageant une lutte féroce contre la corruption et en renforçant sa présence dans tous les domaines.

Il a obtenu en 2018 la suppression de la limitation des mandats présidentiels, ce qui devrait lui permettre d'accomplir au moins cinq ans supplémentaires à la tête du PCC et en faire le dirigeant chinois le plus puissant depuis Mao Zedong.

Ce 20e congrès devrait le reconduire aux postes de secrétaire général et de président de la commission militaire centrale, avant une probable réélection à la présidence du pays en mars lors de la session annuelle du Parlement chinois.

Au lendemain de la clôture du congrès samedi prochain, Xi Jinping désignera un nouveau comité permanent du bureau politique du PCC, une instance composée de sept membres considérée comme le véritable coeur du pouvoir en Chine. Ce comité permanent comprendra notamment le successeur de Li Keqiang au poste de Premier ministre, que ce dernier quittera en mars après deux mandats de cinq ans.

(Reportage Yew Lun Tian, Ryan Woo, Martin Quin Pollard, Eduardo Baptista, Kevin Yao et Dominique Patton, rédigé par Tony Munroe, version française Bertrand Boucey)

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