Aller au contenu principal
Fermer

Chine: Manifestations à Shanghaï et Pékin contre les mesures anti-COVID
information fournie par Reuters 27/11/2022 à 15:22

Manifestation contre la limitation de la maladie à coronavirus (COVID-19) à Shanghaï

Manifestation contre la limitation de la maladie à coronavirus (COVID-19) à Shanghaï

par Brenda Goh

SHANGHAI (Reuters) - Des manifestations ont éclaté tôt dimanche matin à Shanghaï, alors que les habitants de nombreuses villes de Chine ont exprimé leur colère contre les longs confinements imposés par les autorités face au COVID-19.

De nombreux Chinois se sont insurgés contre les autorités après qu'un incendie a fait dix morts jeudi dans un immeuble résidentiel d'Urumqi, la capitale régionale du Xinjiang.

Alors que les autorités affirment que les occupants de l'immeuble avaient la possibilité de descendre par les escaliers, des vidéos montrant les efforts des pompiers partagées sur les réseaux sociaux chinois ont amené de nombreux utilisateurs à supposer que les habitants n'avaient pas eu le temps de fuir en raison du confinement en vigueur dans une partie du bâtiment.

La vague de désobéissance civile, qui s'est traduite par des manifestations dans des villes comme Pékin et Urumqi, où s'est produit l'incendie, est sans précédent en Chine continentale depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping il y a dix ans.

A Shanghaï, des habitants se sont rassemblés samedi pour participer à une veillée, qui s'est transformée en manifestation aux premières heures de dimanche.

"Levez les confinements à Urumqi, levez les confinements dans le Xinjiang, levez les confinements dans toute la Chine!", pouvait-on entendre la foule crier dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Selon des témoins et des vidéos, de nombreuses personnes ont également crié: "A bas le Parti communiste chinois, à bas Xi Jinping, libérez Urumqi!"

Un grand nombre de policiers observait les manifestants, essayant parfois de les disperser.

La Chine est aux prises avec une résurgence de l'épidémie de COVID-19 ce qui a poussé les autorités à ordonner des confinements et d'autres restrictions, alors que Pékin applique une politique de "zéro COVID".

Les autorités du Xinjiang ont annoncé dimanche que les services de transport public reprendraient progressivement à partir de lundi à Urumqi. Un grand nombre de ses 4 millions d'habitants ont été soumis à des mesures de confinement parmi les plus longues de Chine.

Samedi, le secrétaire du Parti communiste du Xinjiang, Ma Xingrui, a appelé la région à renforcer le maintien de la sécurité et à mettre un frein au "rejet violent et illégal des mesures de prévention du COVID".

COLÈRE NATIONALE

Les prochaines semaines pourraient être les pires pour la Chine depuis le début de la pandémie pour l'économie et le système de santé, estime Mark Williams de Capital Economics dans une note la semaine dernière.

Dans la ville de Lanzhou, au nord-ouest du pays, des résidents ont renversé samedi des tentes destinées au personnel de santé et détruit des cabines de test, selon des messages sur les réseaux sociaux. Les manifestants ont déclaré qu'ils avaient été placés en quarantaine alors que personne n'avait été testé positif.

Des veillées pour les victimes d'Urumqi ont eu lieu dans des universités de villes comme Nanjing et Pékin.

POLITIQUE ZÉRO COVID

La Chine défend sa politique "zéro COVID" alors que la plupart des pays du monde ont levé la majorité des restrictions. Bien qu'ils soient bas par rapport aux normes mondiales, les cas de COVID-19 en Chine ont atteint des sommets depuis plusieurs jours, avec près de 40.000 nouvelles infections samedi.

L'économie chinoise a par ailleurs subi un large ralentissement en octobre, la production industrielle ayant augmenté plus lentement que prévu et les ventes au détail ayant baissé pour la première fois en cinq mois, soulignant l'affaiblissement de la demande nationale et internationale.

De plus, la Chine a annoncé dimanche que les entreprises industrielles ont vu leurs bénéfices baisser encore plus au cours de la période janvier-octobre, avec 22 des 41 principaux secteurs industriels de la Chine affichant un recul.

La deuxième plus grande économie du monde est également confrontée aux risques de récession mondiale et au ralentissement du secteur de l'immobilier.

(Avec la contribution de Martin Quin Pollard, Yew Lun Tian, Liz Lee à Pékin, rédigé par Tony Munroe; version française Camille Raynaud et Kate Entringer)

1 commentaire

  • 27 novembre 16:20

    Les manifestations se tournent aussi contre le PC et contre le président Xi ainsi que pour la liberté. Rêvons un instant que décembre 2022 voit la dictature du PC chinois et la dictature de Poutine s'effondrer. La liberté avance avec les peuples comme la militarisation avance avec les dictatures.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Bombardement contre la raffinerie de pétrole de Shahran à Téhéran, le 7 mars 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 08.03.2026 05:02 

    L'Iran a assuré dimanche être capable de se battre pendant encore au moins six mois contre les Etats-Unis et Israël, lequel a frappé à l'aube un hôtel au cœur de Beyrouth accusé d'héberger des chefs des Gardiens de la Révolution. La guerre au Moyen-Orient, entrée ... Lire la suite

  • Les forces de sécurité et les secours devant l'hôtel Ramada de Beyrouth, ciblé par une attaque israélienne le 8 mars 2026 ( AFP / IBRAHIM AMRO )
    information fournie par AFP 08.03.2026 04:52 

    Voici les derniers événements de la guerre au Moyen-Orient: - L'Iran se dit capable de se battre pendant six mois "Les forces armées de la République islamique d'Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations", ... Lire la suite

  • Le chancelier allemand et chef de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) Friedrich Merz s'adresse au public lors d'un meeting de campagne électorale à Stockach, dans le sud de l'Allemagne, le 6 mars 2026 ( AFP / THOMAS KIENZLE )
    information fournie par AFP 08.03.2026 04:03 

    Les élections dimanche dans le Land du Bade-Wurtemberg constituent un premier test pour le parti conservateur du chancelier allemand Friedrich Merz, confronté à une année électorale chargée et à la poussée de l'extrême droite. Dans cette région riche mais dont ... Lire la suite

  • Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire "Foutez-nous la paix" lors d'une marche marquant la Journée internationale des droits des femmes, à Toulouse, en Haute-Garonne, le 8 mars 2025 ( AFP / Ed JONES )
    information fournie par AFP 08.03.2026 03:55 

    "Stop aux violences", "du travail pour vivre, pas survivre", "notre corps nous appartient": des dizaines de milliers de personnes se préparent à manifester dimanche partout en France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée du conservatisme, selon ... Lire la suite

Pages les plus populaires