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Chine, Etats-Unis, Russie... zoom sur les aventures diplomatiques de la Corée du Nord de Kim Jong Un sur la scène diplomatique?
information fournie par Boursorama avec Media Services 18/08/2026 à 18:27
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Le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong Un, jouit d'un poids grandissant sur la scène internationale, grâce à l'appui de la Russie et de la Chine, ainsi qu'à une économie qui progresse, relèvent des experts. Et Donald Trump a souligné lundi que Kim Jong Un avait réagi favorablement à sa décision de réduire l'implication américaine dans des exercices militaires traditionnels menés avec la Corée du Sud. Voici la situation actuelle de ce pays d'Asie fermé et doté de l'arme nucléaire.

Kim Jong Un et Donald Trump, à Panmunjom (Zone démilitarisée entre Corée du nord et Corée du sud), en juin 2019 ( AFP / BRENDAN SMIALOWSKI )

Kim Jong Un et Donald Trump, à Panmunjom (Zone démilitarisée entre Corée du nord et Corée du sud), en juin 2019 ( AFP / BRENDAN SMIALOWSKI )

Liens avec Moscou

La Corée du Nord soutient la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine, une implication qui lui apporte des avantages économiques et militaires, ainsi qu'une expérience du champ de bataille, notent des specialistes.

Le pays a acquis "une expérience concrète dans pratiquement tous les aspects de la guerre moderne", y compris les opérations terrestres, aériennes et maritimes, ainsi que les opérations de drones, souligne Hong Min, chercheur à l'Institut sud-coréen pour la réunification nationale.

La présidence ukrainienne estime que des dizaines de milliers de soldats nord-coréens ont appuyé les forces russes.

Les exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, qui ont débuté lundi, intégrent d'ailleurs le scénario éventuel d'une armée nord-coréenne disposant de techniques apprises sur le front européen, a précisé le Commandement combiné des forces américaines et sud-coréennes.

Signe de son nouveau statut, Kim Jong Un est apparu aux côtés du président chinois Xi Jinping et du président russe Vladimir Poutine lors d'un défilé militaire à Pékin l'année dernière.

Autrefois "amoureux" de Trump

Le président américain Donald Trump a rencontré Kim Jong Un à trois reprises durant son premier mandat, déclarant qu'ils étaient tombés "amoureux" alors qu'il cherchait à conclure un accord sur la dénucléarisation du Nord. Mais aucun progrès concret n'a été réalisé.

M. Trump a poursuivi l'année dernière son rapprochement, allant à l'encontre de décennies de politique américaine en déclarant que la Corée du Nord était "en quelque sorte une puissance nucléaire". Une proposition de rencontre est toutefois restée sans réponse.

Avec le soutien crucial de la Russie, Kim Jong Un a désormais moins de raisons de traiter avec M. Trump, jugent les spécialistes.

Le dirigeant nord-coréen "n'a plus besoin de la légitimité d'une poignée de main ; il a besoin d'un allègement garanti et irréversible des sanctions (qui visent la Corée du Nord, ndlr), et ce avant même de se présenter dans une pièce" pour négocier, estime Seong-Hyon Lee, chercheur invité au Centre asiatique de l'université de Harvard, interrogé par l'AFP.

Test de missiles

Pyongyang a procédé en août à deux tirs de missile vers la mer du Japon, notamment après une annonce de Tokyo sur la nécessité de renforcer ses capacités militaires avec un "sentiment d’urgence et de crise".

La Corée du Nord estime aussi que les exercices conjoints annuels entre les Etats-Unis et la Corée du Sud sont des répétitions d’invasion, méritant des tirs de missile.

Après sa première rencontre avec Kim Jong Un à Singapour en juin 2018, lors de son premier mandat, M. Trump avait déclaré que Washington allait suspendre ces exercices "provocateurs".

Les Etats-Unis stationnent environ 28.500 soldats en Corée du Sud, soit l'un de ses plus gros contingents dans la région, un héritage de la guerre de Corée de 1950-1953, qui s’était achevée par un armistice et non un traité de paix.

Croissance économique

La banque centrale de Corée du Sud estime la croissance nord-coréenne à plus de 3% en 2025, pour la troisième année consécutive, une embellie attribuée en grande partie à la guerre en Ukraine.

La hausse des exportations d’armes vers la Russie a stimulé l'industrie, tandis que les touristes russes et le développement de liaisons de transport ont dopé la construction et les services, a-t-elle ajouté.

La Chine, principal rival géopolitique de Washington, est un important partenaire commercial, ainsi qu'un soutien diplomatique et économique pour ce pays frappé par de multiples sanctions internationales.

Le commerce bilatéral annuel - dont une part significative provient de perruques fabriquées en Corée du Nord - a retrouvé depuis la pandémie un niveau proche des 3 milliards de dollars, selon les douanes chinoises.

Séoul l'ennemie

Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, le chef de l'Etat sud-coréen Lee Jae Myung a pris le contrepied de son prédécesseur, connu pour sa fermeté, depuis qu'il est entré en fonctions en juin 2025, proposant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables.

Des avances que la Corée du Nord rejette, en qualifiant le Sud d'"ennemi le plus hostile".

Séoul a même revu à la baisse ses demandes, en délaissant le désarmement pour se concentrer sur l'arrêt de l'expansion des activités nucléaires de Pyongyang, a précisé en juillet le ministre de la Réunification.

La présidence sud-coréenne a assuré mardi que les manoeuvres militaires annuelles avec les Etats-Unis ne visaient pas à "attaquer" la Corée du Nord, après que Donald Trump a estimé qu'elles adressaient "un signal totalement inapproprié et hostile" à Pyongyang.

Séoul pourra jouer "un rôle constructif de soutien" en cas de reprise des discussions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, note Park Won-gon, professeur à l’université Ewha Womans, qui juge aussi que Donald Trump pourrait désormais "se passer" de Séoul.

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