Le site Vencorex de Pont-de-Claix. ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )
La justice commerciale a rejeté un projet visant à relancer une partie de l'activité de l'entreprise chimique Vencorex, ont indiqué mercredi ses porteurs, qui dénoncent une décision "totalement incompréhensible" et entendent épuiser "tous les recours".
"A notre immense surprise ce matin, on a appris que notre offre n'était pas retenue" par le tribunal des activités économiques (TAE) de Lyon, a déclaré l'entrepreneur Olivier Six, l'un des acteurs du projet Exalia avec une ex-salariée, mis sur pied l'an dernier après le rachat d'une partie de Vencorex par son concurrent chinois Wanhua. Le tribunal a en revanche validé la cession d'une partie des terrains à Suez et "attribué la totalité de la ferraille de la plateforme à un ferrailleur", a-t-il ajouté.
L'objectif d'Exalia, "projet de souveraineté (et) stratégique", était de produire de façon décarbonée de l'acide chlorhydrique, de la soude et du chlore liquide à destination de l'industrie et de l'agroalimentaire, a-t-il rappelé lors d'un point presse au Pont-de-Claix, près de Grenoble, où l'entreprise devait voir le jour avant fin 2027 et prévoyait la création d'un millier d'emplois à l'horizon 2030.
Il s'agit d'un "projet extrêmement solide", doté de 80 millions d'euros de financement, "qui doit et qui devait être un symbole de la réindustrialisation" du pays, a-t-il souligné. "On n'a pas encore les argumentaires (du TAE), mais c'est la totale incompréhension, un écœurement inimaginable", a-t-il ajouté.
"Aujourd'hui, on demande aux plus hautes sphères de l'État (...) de regarder ce dossier et de voir pourquoi on en est là", a-t-il ajouté, rappelant que le ministre délégué à l'industrie Sébastien Martin était attendu jeudi au Pont-de-Claix pour une conférence de la CGT dédiée au Made in France. M. Martin, lors d'une précédente visite en novembre, avait qualifié le projet Exalia d'"extrêmement sérieux".
"Ce qui a été décidé, c'est de donner cette offre à un ferrailleur. C'est un symbole quand même fort, c'est-à-dire qu'on préfère démanteler plutôt que se dire qu'il y a une chance que ce projet aboutisse", s'est désolée de son côté Séverine Dejoux, ancienne déléguée syndicale de Vencorex, et coporteuse du projet Exalia.
"Aujourd'hui, on est encore plus inquiets qu'avant. (...) On épuisera probablement toutes les voies de recours possibles parce qu'on n'arrive pas à se résoudre, à se dire c'est fini pour cette plateforme", a-t-elle ajouté, appelant à "des actes" de la part du ministre.
Selon Mme Dejoux, il revient désormais à la procureure de Lyon de porter un éventuel recours contre la décision du TAE, qui avait déjà l'an dernier déclaré "irrecevable" une offre de reprise en coopérative de Vencorex concurrente de celle de Wanhua.
Christophe Ferrari, président de la métropole de Grenoble et maire de Pont-de-Claix, s'est de son côté déclaré "tétanisé par une décision hors sol et qui ne tient pas compte de l'intérêt public".
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