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"C'était purement du civisme" : ces français qui donnent un ou cinquante euros à l'État pour éponger la dette
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/10/2026 à 09:35

En 2026, une trentaine de dons a été enregistrée au profit du désendettement de l'État, pour environ 25.000 euros.

( AFP / DENIS CHARLET )

( AFP / DENIS CHARLET )

Ce sont des gouttes d'eau dans un océan de dette, mais les dons de français moyens à l'État -non desficalisés- sont avant tout symboliques, à l'image de ceux d'Isabelle B. -50 euros-, d'Omar L. -60 euros- ou de Martin C. -1 euro.

"C'est très citoyen, oui. C'était purement du civisme" , a expliqué à l' AFP Louis-Grégoire de Mitry de Saint-Georges, un trentenaire qui a donné 45 euros en octobre 2025. Il s'agissait, souligne-t-il, de "montrer (son) attachement à l'État, à l'institution, malgré la gestion politique. On peut croire en l'État tout en étant critique vis-à-vis des politiques publiques".

En 2026, une trentaine de dons a été enregistrée au profit du désendettement de l'État, pour environ 25.000 euros, a précisé Bercy à l' AFP : un don, fait par une entreprise, dépassait les 23.000 euros, les autres se montaient, en moyenne, à 55 euros.

Sur les cinq dernières années, ces dons représentent 66.837 euros , selon les calculs réalisés par l' AFP à partir des arrêtés publiés au Journal officiel (JO). Des montants qui en font une mesure "anecdotique", commente Jean-Olivier Hairault, économiste et directeur de la Paris School of Economics, soulignant qu'"il y a un mécanisme de contribution des citoyens à la dette, ça s'appelle l'impôt".

"Un verre d'eau dans la mer"

Ces dons sont une goutte d'eau face aux 3.595,5 milliards d'euros de dette , qui atteint 119% du produit intérieur brut (PIB) de la France. À raison de 25.000 euros donnés chaque année, -et sans compter les intérêts qui s'accumulent- il faudrait ainsi pas loin de 144 millions d'années pour ramener la dette à zéro.

"C'est comme si j'avais mis un verre d'eau dans la mer, mais je sais que si on s'y met tous ensemble, on peut faire changer les choses", a expliqué à l' AFP Anouchka Lanchez, une lycéenne de 16 ans, qui a donné 100 euros. L'adolescente, qui compte faire prochainement un nouveau don d'un montant supérieur, évoque une "motivation patriotique" : "J'aime mon pays et je trouvais ça très important" de faire ce don.

Son don, dit Louis-Grégoire de Mitry de Saint-Georges, est un acte "ni naïf ni inutile, c'est plus un geste symbolique qui a une certaine portée. Je sais pertinemment, comme n'importe qui, que ce ne sont pas mes 45 euros qui vont changer la chose", tant la dette est "colossale". Mais "je ne suis pas du genre à rester les bras croisés", ajoute cet entrepreneur.

"C'est notre avenir"

Au total, ils sont quelques dizaines à avoir contribué. Stéphane C. : 45 euros. Rayka M. : 50 euros. Denis L. : 600 euros. Mohamed S. : 100 euros... Et même 40.000 euros, en janvier 2021, par Michel F, remercié par le ministre des Comptes publics de l'époque, Olivier Dussopt : "Au JO ce matin. Rare... Merci à ce donateur", avait écrit le ministre sur son compte Instagram.

"C'est sûr qu'il y a les impôts et cela est très important. C'est sûr que les Français donnent beaucoup à l'État. Mais là, ça représente la dette de la France. C'est notre avenir, c'est ce que nous allons laisser aux enfants", souligne Anouchka Lanchez, très investie par ailleurs dans la lutte contre le harcèlement scolaire, en lien avec les pouvoirs publics.

Pour Jean-Olivier Hairault, ces dons ne sont pas assez précisément fléchés. Il serait selon lui plus efficace que l'État lance un emprunt auprès des Français , par exemple.

"On a eu dans l'Histoire des grands emprunts pour des causes (précises), qui permettaient de faire appel à l'épargne des Français", rappelle-t-il. Il s'agirait alors de proposer aux Français de prêter de l'argent à l'État pour des projets précis en échange d'intérêts moins élevés que ceux d'un placement classique. Une manière de contribuer à l'effort national, qui s'apparenterait à "une forme de don".

Mais le ministre des Comptes publics, David Amiel, a écarté cette hypothèse samedi sur France Inter : la "priorité aujourd'hui, c'est de réduire le déficit public, c'est de réduire la dette", a-t-il dit, et "l'histoire des grands emprunts (a) plutôt montré (...) qu'ils coûtaient souvent plus cher" qu'un recours classique aux marchés.

3 commentaires

  • 10:19

    Ah, je ne savais pas que l'on pouvait faire un don pour le désendettement de l'état... Bon à savoir. Combien va donner Mélenchon et consors ???


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