Le président américain Donald Trump a déclaré dans des commentaires publiés jeudi par le New York Times qu'il appartenait à son homologue chinois Xi Jinping de décider des actions de Pékin à l'égard de Taïwan, ajoutant toutefois qu'il serait "très mécontent" d'un changement au statu quo.
"Il considère (Taïwan) comme une partie de la Chine, et c'est à lui de décider de ce qu'il va faire", a dit Donald Trump à propos de Xi Jinping dans l'interview accordée mercredi au journal.
"Mais je lui ai dit que je serais très mécontent s'il faisait cela, et je ne pense pas qu'il le fera. J'espère qu'il ne le fera pas", a ajouté le chef de la Maison blanche, alors que Pékin a accentué ces dernières années les pressions militaires autour de Taïwan et n'a jamais exclu de recourir à la force pour ramener l'île démocratique dans son giron.
Donald Trump a effectué ces commentaires dans le cadre de questions sur les enseignements que Xi Jinping pourrait tirer de l'intervention militaire menée le week-end dernier par les Etats-Unis au Venezuela, dont ils ont bombardé la capitale Caracas et capturé le président Nicolas Maduro.
Après avoir écarté plus tôt cette semaine l'hypothèse de la tenue à court terme de nouvelles élections au Venezuela, le président américain a également dit mercredi au New York Times que la supervision par Washington du pays d'Amérique latine pourrait durer "bien plus longtemps" qu'un an.
Il a ajouté que seul son propre jugement représentait une limite à ses pouvoirs, répondant ne "pas avoir besoin" du droit international. "Ma propre moralité. Mon propre jugement. C'est la seule chose qui peut me stopper", a-t-il déclaré.
Donald Trump a voulu différencier la situation à Taïwan et celle au Venezuela, déclarant au New York Times que l'île ne représentait pas pour la Chine le même type de menace que celle représentée par le régime de Nicolas Maduro pour les Etats-Unis.
Le président vénézuélien déchu a été présenté devant la justice américaine pour répondre d'accusations de narcoterrorisme. Il a plaidé non-coupable et dénoncé des prétextes pour dissimuler la volonté de Washington de s'approprier les immenses réserves pétrolières du Venezuela.
Donald Trump a réitéré auprès du New York Times sa conviction que Xi Jinping ne tenterait rien contre Taïwan tant qu'il serait en poste à la Maison blanche. Le président chinois "le fera peut-être quand nous aurons un président différent, mais pas avec moi comme président", a-t-il dit. Son second mandat à la Maison blanche prendra fin en janvier 2029.
Pékin considère Taïwan comme une question de politique intérieure et rejette ce qu'il considère comme des ingérences étrangères.
Washington n'entretient pas de liens diplomatiques formels avec Taipei, mais il représente son soutien le plus important et est son principal fournisseur d'armes.
Le dossier taïwanais est de longue date l'un des plus épineux dans les relations sino-américaines.
Donald Trump s'est jusqu'à présent gardé de dire ce qu'il ferait en cas d'escalade des tensions autour de Taïwan.
(Jasper Ward et Trevor Hunnicutt; version française Jean Terzian)

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