La suppression de cet amendement proposé par le gouvernement n'est toutefois que provisoire, le texte devant être rediscuté dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 13 octobre.
( AFP / PHILIPPE HUGUEN )
Dénoncée par certains parlementaires comme "antisociale", les députés ont rejeté en commission la réforme de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités, une des mesures clés proposées par le gouvernement pour redresser les comptes publics.
Cette suppression est loin d'être définitive, puisque les discussions en commission ne sont qu'un premier tour de chauffe : les députés repartiront de la copie initiale dans l'hémicycle le 13 octobre.
L'article 3 du projet de loi de finances pour 2027 propose de réduire à 3.000 euros le plafond de l'abattement de 10 % sur l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités, contre 4.439 euros aujourd'hui. En combinant cette mesure à une désindexation de certaines pensions sur l'inflation, l e gouvernement entend mettre fortement les retraités à contribution, à hauteur de 5,5 milliards d'euros, pour tenir un déficit public à 5 %.
Le député MoDem Jean-Paul Mattei a défendu une mesure "de solidarité fiscale entre les générations". "Il faut que tout le monde se serre les coudes. Il faut qu'on soit responsables", a-t-il martelé. Mais des députés Les Républicains, Horizons, RN, UDR, LFI et communistes avaient déposé des amendements supprimant l'article 3, qui ont été adoptés. Des députés PS et les écologistes ont également pris la parole pour s'opposer à cette mesure, le socialiste Philippe Brun la qualifiant d'"antisociale".
Les retraités, "une des seules parties du pays qui continue à avoir un pouvoir d'achat"
Sa suppression équivaut à un coût de 1,4 milliard d'euros, a rappelé le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR). "Le gouvernement présente cette mesure comme un simple ajustement fiscal, mais pour les retraités concernés, c'est très concret. C'est une hausse d'impôts et une baisse de leur pouvoir d'achat", a déclaré la députée RN Claire Marais-Beuil.
"Un foyer avec deux personnes qui touchent chacune 1 .250 euros par mois sera touché par cette hausse d'impôts", a fustigé le communiste Nicolas Sansu. "Touchez les retraités, vous touchez une des seules parties du pays qui continue à avoir un pouvoir d'achat qui augmente légèrement (...), et donc vous touchez la consommation", a aussi argumenté le président LFI de la commission des Finances, Eric Coquerel.
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