Le ministre de l'Économie veut "avancer vite" pour trouver un budget, alors que le texte revient jeudi devant la commission des finances.
Roland Lescure à Paris, le 9 décembre 2025. ( AFP / ALAIN JOCARD )
"Il faut que tout le monde contribue". Le gouvernement veut réintroduire la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises dans le projet de loi de finances pour 2026 -supprimée par le Sénat-, car le chemin vers un compromis au Parlement passe par là, a estimé dimanche 4 janvier le ministre de l'Économie, Roland Lescure .
"Je regrette qu'on soit rendu là, mais ça fait partie des leviers. Donc le Sénat l'a supprimée, moi, je souhaite qu'on la rétablisse. Ça fera partie des discussions qu'on aura dans les jours qui viennent", a déclaré le ministre dimanche sur franceinfo . La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, supprimée par le Sénat, sera remise sur la table par le gouvernement pour parvenir à ramener le déficit à 5% du produit intérieur brut l'an prochain.
"Déposer un amendement comme je l'ai fait, qui portait la surtaxe impôt sur les sociétés pour les très grandes entreprises à 6 milliards, je ne l'ai pas fait de gaieté de cœur", a fait valoir Roland Lescure. "Je l'ai fait pourtant, parce que je suis convaincu que ça fait partie du 'deal'. Il faut que tout le monde contribue", y compris "les grandes entreprises qui gagnent bien leur vie" , a-t-il ajouté.
"On est très loin du délire fiscal"
Dans sa copie initiale, le gouvernement espérait dégager par la surtaxe sur les grandes entreprises des recettes de quatre milliards d'euros -contre huit l'année dernière-, un montant porté à six milliards lors des débats à l'Assemblée puis ramené à zéro par les sénateurs.
"Cette contribution -pourtant relativement consensuelle jusqu’alors- devient un objet politique. Elle permet pourtant de f inancer la baisse d'un impôt de production important , la CVAE, pour 270.000 entreprises ! On est très loin du délire fiscal que certains décrivent aujourd'hui. Entre le tout ou rien on doit pouvoir trouver un chemin", avait aussi estimé samedi dans Le Figaro la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Roland Lescure a insisté sur la nécessité d'"avancer vite" pour trouver un budget, alors que le texte revient jeudi devant la commission des finances avant "l'examen en séance publique à l'Assemblée nationale dès la semaine suivante".
"Il y a une volonté d'aboutir" , a-t-il estimé, après des échanges "avec des forces dites républicaines depuis quelques jours", appelant à ce que "chacun mette de l'eau dans son vin".
L'examen du budget n'ayant pu être achevé avant le 31 décembre, une loi spéciale a été votée pour assurer provisoirement la continuité de l'Etat.
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