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Bruno Retailleau, un enracinement tout vendéen
information fournie par AFP 13/02/2026 à 09:46

Bruno Retailleau, près de Saint-Malo-du-Bois, le 2 novembre 2015 en Vendée ( AFP / GEORGES GOBET )

Bruno Retailleau, près de Saint-Malo-du-Bois, le 2 novembre 2015 en Vendée ( AFP / GEORGES GOBET )

De la ferme familiale de Saint-Malô-du-Bois au Palais de l'Elysée qu'il espère conquérir en 2027, Bruno Retailleau a gardé un attachement viscéral à la Vendée: le candidat à la présidentielle puise dans son département aussi bien ses valeurs conservatrices qu'un entourage de fidèles.

A Saint-Malô-du-Bois, commune de 1.600 âmes plantée dans le bocage vendéen, on connaît bien "monsieur Retailleau", ou pour certains "Bruno".

"Ce n'est pas quelqu'un de fier, pour nous il est toujours resté Bruno. Il n’a pas la grosse tête", explique Sylvie Hurtaud, 59 ans, vendeuse à la petite boulangerie qui fait face à l'église, que fréquente l'ancien ministre.

C'est dans cette commune, à cinq kilomètres du Puy du Fou, que le président des Républicains a grandi. Son père en fut même le maire. Ici, tous les habitants croisés savent très bien situer la maison de la famille Retailleau, dans la verdoyante vallée de Poupet, en bordure du village.

"On le croise, il est resté présent. Je pense qu'il est attaché à ses origines, à la Vendée, à la commune", explique Luc Robineau, habitant de 54 ans.

Si certains louent la "sympathie" de l'élu, d'autres insistent sur son tempérament "droit, sérieux", en qui "on peut avoir confiance" et qui sait "porter la voix de la Vendée".

Car dans ce département où la gauche n'a qualifié qu'un représentant au second tour des dernières législatives, sur cinq circonscriptions, Bruno Retailleau navigue comme un monocoque sur les mers les plus tranquilles du Vendée Globe.

- Les fidèles de l'ombre -

"Ce qui me marque chez lui, c'est qu'il connaît les élus des 260 communes du département. Leur prénom, leur vie personnelle, les lieux de chaque village. C'est assez exceptionnel. Il n'a jamais coupé le lien", assure la sénatrice centriste Annick Billon, qui a fait liste commune avec lui aux précédentes sénatoriales.

Bruno Retailleau près de Saint-Malo-du-Bois, le 2 novembre 2015 en Vendée ( AFP / GEORGES GOBET )

Bruno Retailleau près de Saint-Malo-du-Bois, le 2 novembre 2015 en Vendée ( AFP / GEORGES GOBET )

Un enracinement que l'ex-ministre revendique: "Je suis un rural", aime à rappeler celui qui élève des poules, brebis et autres chevaux dans la ferme restaurée de sa famille.

S'il cite désormais régulièrement dans ses discours Georges Clemenceau, vendéen comme lui, Bruno Retailleau s'est longtemps construit auprès d'un autre mentor local, le souverainiste Philippe De Villiers.

D'abord très jeune, comme cavalier puis metteur en scène des spectacles du Puy du Fou, puis à son côté en politique au Mouvement pour la France (MPF), comme conseiller général ou à l'Assemblée nationale.

Avant de rompre le cordon en 2010, prenant la tête du département au départ du patron.

De cette période il gardera un cercle de fidèles qui ne l'a plus quitté. Son conseiller spécial, Jean-François Dejean, son conseiller en communication Jean-Baptiste Doat, son chef de cabinet à Beauvau, Louis-Marie Le Roy (trois anciens villiéristes) ou encore sa "plume", Briec Le Gouvello, forment un quatuor de confiance discret.

- Obstacles -

"Il considère que la Vendée lui a tout donné et il veut tout redonner (...). Il a compris chez les Vendéens la droiture, la vérité, la force de conviction, la force du travail aussi, et du travail bien fait", détaille Alain Lebœuf, président LR du conseil départemental.

Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, le 12 février 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )

Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, le 12 février 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )

Avec son département, Bruno Retailleau partage un certain sens des traditions, de la famille et de l'identité, une culture catholique assumée. En somme, "beaucoup de valeurs communes", appuie son conseiller spécial, Jean-François Dejean, Vendéen lui aussi, qui liste: "sincérité, unité, volonté".

Mais "la Vendée ne se résume pas à ces valeurs de conservatisme, de catholicisme", "à cette Vendée éternelle qui refait l'histoire à sa sauce", prévient le député Renaissance de la 3e circonscription, Stéphane Buchou.

Bruno Retailleau y est certes "un personnage incontournable", mais "c’est aussi une terre entrepreneuriale, d’ouverture, d’intégration", et il y a "une pluralité qui s'exprime", "d'autres nuances politiques", insiste auprès de l'AFP celui qui se dit "toujours prêt à combattre Bruno Retailleau".

D'autres obstacles attendent désormais Bruno Retailleau dans une course à l'Elysée très incertaine. Mais avant de se lancer dans l'arène, le néo-candidat a d'abord rendez-vous vendredi... à la Roche-sur-Yon: pas question pour lui de rater l'Assemblée des maires de Vendée.

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