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Blocus des lycées: après une journée sous tension, les lycéens veulent maintenir la pression
information fournie par AFP 29/09/2026 à 17:54

Des élèves bloquent le lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon, le 29 septembre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Des élèves bloquent le lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon, le 29 septembre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

La grogne des lycéens va-t-elle durer ? Le mouvement, né autour du manque de moyens, des difficultés de remplacement des enseignants et de la dégradation des conditions d'apprentissage, pourrait se poursuivre jeudi, la principale organisation représentative des lycéens appelant à reconduire les blocages après une nouvelle journée de mobilisation nationale.

"Nous lycéennes, lycéens, nous nous mobilisons pour avoir des professeurs remplacés, pour une augmentation des moyens (...) pour avoir des conditions d'apprentissage décentes", fait valoir dans un communiqué posté sur Instagram L'Union syndicale lycéenne.

L'organisation demande au ministère de l'Éducation nationale de "recevoir au plus vite" les représentants du mouvement et appelle à "une reconduction des mouvements le jeudi 1er octobre".

Né la semaine dernière en Île-de-France, le mouvement est progressivement monté en puissance dans toute la France, l'USL ayant appelé les lycéens à se mobiliser mardi afin de faire converger leur mouvement avec celui des agents de la fonction publique.

L'organisation lycéenne revendique 400 établissements bloqués sur les quelque 3.700 que compte la France.

Des élèves bloquent le lycée Arago à Paris, le 29 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Des élèves bloquent le lycée Arago à Paris, le 29 septembre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

De son côté, le ministère de l'Education nationale recensait à la mi-journée 316 établissements encore affectés, dont 40 bloqués et 44 visés par des tentatives de blocage, sur un total de 338 établissements touchés depuis le matin.

"Ces actions ont donné lieu à 40 interpellations", a indiqué également le ministère en faisant état de "10 blessés signalés, élèves et personnels".

La préfecture de police de Paris précisait de son côté qu'à la mi-journée le bilan sur l'agglomération parisienne s'établissait à 42 actions, peu de blocages, et 26 interpellations, essentiellement pour violences et/ou dégradations.

Incidents

Des chiffres qui devraient être en hausse d'ici la fin de journée, la mobilisation ayant été émaillée d'incidents dans plusieurs académies.

Des élèves démontent un panneau de signalisation et une caméra de surveillance lors d'une action de blocage du lycée Cesar Baggio à Lille, le 29 septembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des élèves démontent un panneau de signalisation et une caméra de surveillance lors d'une action de blocage du lycée Cesar Baggio à Lille, le 29 septembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Selon la préfecture du Rhône, 41 personnes ont été interpellées. En début d'après-midi, aucun établissement n'était plus bloqué dans le département.

Dans les Alpes-Maritimes, 18 lycées ont été touchés par des blocages dans la matinée, dont sept à Nice, a communiqué la préfecture en milieu d'après-midi. Les forces de l'ordre ont procédé à une cinquantaine d'interpellations qui ont abouti à 34 gardes à vue.

Huit lycéens et sept policiers ont été légèrement blessés, notamment à la suite d'inhalations de fumée, de tirs de pétards ou de rixes.

A Saint-Denis au nord de Paris, devant le lycée Paul-Éluard, où plusieurs centaines d'élèves se sont rassemblés mardi matin, une "interpellation pour des faits qui ne se sont pas produits aujourd'hui (...) alors que tout se passait bien" a mis le feu aux poudres, a rapporté à l'AFP le député LFI Eric Coquerel, disant tenir cette information du commissaire de quartier.

Un mouvement de foule s'est aussitôt déclaré. Des forces de l'ordre ont donné plusieurs coups de boucliers sur des lycéens et sur une journaliste de l'AFP. BFMTV a déposé plainte après l'agression de ses journalistes "molestés et insultés".

Des élèves manifestent à Bordeaux, le 29 septembre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Des élèves manifestent à Bordeaux, le 29 septembre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

En Île-de-France, 75 établissements sont perturbés, dont 20 touchés par des affrontements, violences ou dégradations, selon la Région, qui estime le coût des dégâts à 200.000 euros.

Le mouvement a également gagné l'enseignement supérieur. Les universités de Clermont-Ferrand et de Poitiers, Toulouse 2 et Toulouse 3 et Pont de Bois à Villeneuve-d'Ascq Lyon 2 et Sciences Po Lyon étaient bloquées mardi matin, selon l'Union étudiante. Des tentatives ont également eu lieu à Paris et à Nice.

LFI en première ligne

A sept mois de la présidentielle, ce mouvement bénéficie du soutien de responsables de La France insoumise, régulièrement présents devant les lycées mobilisés.

Un drapeau de La France Insoumise (LFi) devant l'entrée du lycée Arago bloqué par les élèves, le 29 septembre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Un drapeau de La France Insoumise (LFi) devant l'entrée du lycée Arago bloqué par les élèves, le 29 septembre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Le député de l'Essonne Antoine Léaument a ainsi été ovationné devant un lycée de Sainte-Geneviève-des-Bois après avoir promis l'abrogation de Parcoursup, tandis que Paul Vannier s'est rendu devant le lycée Julie-Victoire-Daubié d'Argenteuil.

La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déploré la "surenchère irresponsable" d'élus du mouvement de gauche radicale.

"LFI, c'est les pompiers pyromanes", a également dénoncé mardi matin sur RMC Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France, en déplorant une "instrumentalisation politique".

Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation de la fonction publique, le 29 septembre à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation de la fonction publique, le 29 septembre à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

"Ce Premier ministre croit que c'est nous qui créons les problèmes", a déclaré mardi le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos gamins. Parents, militants Insoumis, mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière".

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui s'est de nouveau rendu devant le lycée Paul Eluard mardi matin, a estimé sur BFM que "la violence, à un moment donné, peut être légitime". "Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux", a-t-il aussitôt nuancé.

8 commentaires

  • 18:32

    Un sacré problème d'état d'esprit dans ce pays, je ne pensais jamais vivre une telle situation mais là on touche le fond et la remontée va être très compliquée car plus grand monde ne veut bosser et s'estime redevable de tout.


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