Le Premier ministre belge Bart De Wever à son arrivée au Palais royal, à Bruxelles, le 2 novembre 2026 ( BELGA / NICOLAS MAETERLINCK )
Les difficiles négociations budgétaires plongent de nouveau la Belgique dans l'incertitude. Faute de compromis au sein de sa coalition, le Premier ministre Bart De Wever a présenté lundi sa démission au Roi, qui n'a pas tranché et le recevra à nouveau en fin de semaine.
Le Roi Philippe "tient sa décision en suspens" et va entamer ce mardi des consultations avec les présidents de partis des différents partenaires de la majorité, a indiqué le Palais Royal.
La Belgique "ne peut se permettre une crise politique prolongée", a-t-il insisté dans un communiqué.
"Le Roi en appelle dès lors au sens des responsabilités de chacun et exhorte l'ensemble des parties prenantes à faire prévaloir l'intérêt général et le sens du compromis. Le Premier ministre sera à nouveau reçu par le Roi ce vendredi", a ajouté le Palais.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les partis de la coalition ne sont pas parvenus à un accord sur le budget fédéral belge 2027, notamment l'effort budgétaire massif de 10 milliards d'euros réclamé par le chef du gouvernement d'ici à 2029.
Face à ce désaccord persistant, le conservateur flamand Bart De Wever est allé présenter lundi matin sa démission au Palais Royal.
Il ne s'est pas exprimé depuis.
Le même type de blocage avait eu lieu il y a un an, avec une menace de démission agitée par le Premier ministre et une entrevue avec le roi.
Bart De Wever dirige depuis février 2025 une coalition de cinq partis ancrée au centre-droit (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V et Vooruit).
Entrée du Premier ministre belge Bart De Wever au palais royal, à Bruxelles, le 2 novembre 2026, pour y présenter sa démission au Roi ( BELGA / NICOLAS MAETERLINCK )
Le chef du gouvernement table sur un effort budgétaire massif de 10 milliards d'euros d'ici à 2029 pour réduire le déficit belge qui dépasse les 5 % du PIB.
Manifestations contre l'austérité
L'effort passe principalement par une réduction des dépenses publiques, notamment dans la santé, mais inclut aussi, côté recettes, une hausse de la TVA contre laquelle un des partenaires de la coalition est vent debout.
Ce parti, le Mouvement réformateur (MR, libéral francophone), est farouchement opposé à tout nouveau relèvement de la fiscalité, qui selon lui aggraverait encore davantage l'inflation.
"Le volume de taxes sur la table reste beaucoup trop élevé et dépasse largement ce qui était prévu dans l'accord de gouvernement. Refuser de mener de véritables réformes pour réduire les dépenses publiques condamne le pays à creuser un déficit toujours plus grand", a ainsi réagi lundi David Clarinval membre de MR et ministre de l'Economie.
Au sein de la coalition, les chrétiens-démocrates flamands ont appelé à reprendre au plus vite les discussions face à la gravité de la situation.
Jusqu'ici, Bart De Wever a refusé la perspective d'un budget d'urgence qui serait calqué sur le dernier exercice annuel, la pratique dite des "douzièmes provisoires", qu'autorise la loi belge.
Les discussions se tiennent sous la pression des syndicats, qui mobilisent depuis des mois contre l'austérité.
Le 9 octobre, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé contre la rigueur, avec des scènes de violences et des dégradations en marge du cortège. De nombreux slogans dans la manifestation évoquaient les écarts croissants de richesse et le souhait de voir les hauts revenus davantage contribuer aux efforts.
Dans l'opposition, le Parti socialiste francophone a accusé l'exécutif de "protéger coûte que coûte les grandes fortunes au détriment du reste de la population".
A l'extrême droite, le Vlaams Belang a reproché au gouvernement une "crise budgétaire historique".

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