
Un champ de blé à Cheux, près de Caen, le 10 août 2023 dans le Calvados ( AFP / LOU BENOIST )
Sur France Info ce mercredi 7 août, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, estime les pertes à environ "30.000 à 40.000 euros" pour une exploitation agricole moyenne.
La FNSEA tire la sonnette d'alarme. Sur France Info ce mercredi 7 août, le président du premier syndicat agricole, Arnaud Rousseau, a averti : la moisson de blé est "catastrophique". Cette année, il y aura "entre 25 et 30% de récolte en moins", une baisse due aux "conditions climatiques". "C'est la première fois, depuis 40 ans, que la France a aussi peu de blé produit sur son territoire", s'est-il alarmé.
"Une ferme de grandes cultures moyenne" d'"environ 150 hectares" en France compte "à peu près la moitié de céréales", a détaillé le président de la FNSEA, estimant les pertes à environ "30.000 à 40.000 euros" pour une exploitation agricole moyenne. Les intempéries de l'hiver et du printemps peuvent également "avoir un impact sur la qualité du blé". "Ce n'est pas systématique, mais le blé quand il subit comme ça, de manière régulière, des précipitations pendant l'été, sa qualité se dégrade", s'est désolé Arnaud Rousseau. Et si la qualité des céréales n'est pas bonne, "ça dégrade donc le prix payé à l'agriculteur", a-t-il déduit.
Une mise en garde confirmée par le cabinet Argus Media, publiées la veille. Selon leurs estimations, la récolte de blé tendre pourrait chuter cette année à cause des pluies excessives au plus bas depuis 1983, à 25,17 millions de tonnes. Si cette prévision se confirme, cela représenterait une baisse de 27% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, a précisé le groupe, qui a interrogé des opérateurs de la filière début août, selon un échantillon représentatif de plus de 80% de la surface totale de blé tendre. C'est "la conséquence d'intempéries à répétition des semis à la récolte", a analysé Argus Medias dans un communiqué.
Le gouvernement prêt à activer des dispositifs d'aides exceptionnelles
Les pluies tombées abondement depuis l'automne dernier dans de nombreuses zones agricoles ont d'une part empêché la bonne réalisation des semis : les surfaces consacrées à la céréale du pain ont reculé de 10,5% sur un an, selon le cabinet. Les rendements ont d'autre part chuté, à 5,93 tonnes par hectare, d'après les estimations d'Argus Media. Soit une chute de 18,7% par rapport à la moyenne quinquennale. "Les rendements de blé tendre sous les 60 quintaux par hectare (6 tonnes, NDLR) avaient disparu depuis la fin des années 80 en France. Mais les aléas climatiques nous ramènent en arrière. D'abord avec la très mauvaise récolte de 2016 qui avait enregistré 53,74 quintaux/hectare et aujourd'hui avec celle de 2024", a commenté le directeur d'Argus Media France, Gautier Le Molgat, dans le communiqué.
Le ministère de l'Agriculture doit publier vendredi des estimations sur la production de céréales en France, premier producteur et premier exportateur de blé tendre de l'Union européenne. Lors d'une visite la semaine dernière dans l'exploitation d'un céréalier de la Beauce prévoyant une moisson pire qu'en 2016, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau avait indiqué que le gouvernement était prêt à activer des dispositifs d'aides exceptionnelles si les moissons se révélaient vraiment mauvaises.
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