BIÉLORUSSIE: L'UE VA RENFORCER SES SANCTIONS ALORS QUE LA CRISE MIGRATOIRE S'AMPLIFIE
BRUXELLES/VARSOVIE (Reuters) - L'Union européenne a décidé lundi de renforcer les sanctions contre la Biélorussie, accusée d'alimenter la crise migratoire à la frontière avec la Pologne, dans un climat déjà tendu entre Bruxelles et Minsk à la suite de la répression violente des manifestations antigouvernementales en Biélorussie.
Le chef de la diplomatie européenne a annoncé que le Conseil réunissant les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept est convenu lundi d'adopter une nouvelle série de sanctions contre la Biélorussie.
S'exprimant à l'issue d'une réunion à Bruxelles, Josep Borrell a indiqué que les sanctions seraient finalisées "dans les jours à venir" et viseraient des personnes physiques et morales. Il avait déclaré plus tôt dans la journée que les mesures seraient élargies aux compagnies aériennes, aux agences de voyages et aux différents acteurs impliqués dans le transfert de migrants.
Avant le début de cette réunion, Heiko Maas, qui assure l'intérim au ministère allemand des Affaires étrangères, a expliqué que les compagnies aériennes pourraient être menacées d'interdiction d'atterrissage en Europe si elles ne cessaient pas de transporter des migrants depuis le Moyen-Orient ou l'Afghanistan vers la Biélorussie.
"Nous sommes loin d'avoir épuisé la spirale des sanctions", a-t-il prévenu.
L'UE, qui a sanctionné la répression des manifestations ayant suivi la réélection contestée du président biélorusse Alexandre Loukachenko en août 2020, l'accuse désormais d'orchestrer une crise migratoire à ses frontières.
Les tensions entre les deux parties se sont accentuées ces derniers jours avec le rassemblement de milliers de migrants dans des camps de fortune du côté biélorusse de la frontière avec la Pologne.
MINSK MENACE DE REPRÉSAILLES
Alors que Minsk dément les accusations européennes, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a prévenu qu'il riposterait à toute nouvelle sanction infligée par les puissances occidentales, selon des propos rapportés lundi par l'agence publique biélorusse Belta.
Il a également expliqué que la Biélorussie tentait sans succès de persuader les migrants massés à sa frontière occidentale de retourner dans leur pays, toujours selon l'agence Belta.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part invité le président russe Vladimir Poutine à user de son influence auprès d'Alexandre Loukachenko pour mettre fin à cette crise.
L'agence de presse russe RIA a quant à elle relayé des déclarations du ministère biélorusse des Affaires étrangères assurant que Minsk avait renforcé le contrôle de ses frontières et que la compagnie aérienne nationale Belavia n'avait transporté aucun clandestin.
Cette dernière a annoncé que les Emirats arabes unis (EAU) avaient interdit lundi les ressortissants afghans, syriens, yéménites et irakiens d'embarquer à bord des vols à destination de Minsk.
Sur le terrain, où les migrants rassemblés du côté biélorusse de la frontière font face à des températures glaciales, des gardes-frontières polonais les ont prévenus via des haut-parleurs qu'ils pourraient recourir à la force pour les arrêter.
La Pologne dit avoir déjoué dimanche une centaine de tentatives d'intrusions de clandestins, tout comme la Lituanie - également membre de l'UE et frontalière de la Pologne et de la Biélorussie.
Les pays baltes - Lituanie, Lettonie et Estonie - craignent de voir cette crise dégénérer en un conflit armé et les chefs des trois Etats doivent se réunir ce lundi dans la capitale lituanienne Vilnius et s'entretenir par visioconférence avec le président polonais Andrzej Duda.
(Reportage by Robin Emmott, Sabine Siebold, Gabriela Baczynska, Pawel Florkiewicz et Andrius Sytas, rédigé par Andrius Sytas; version française Myriam Rivet, édité par Jean Terzian et Nicolas Delame)

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