André Laignel au Congrès des maires à Paris Expo Porte de Versailles le 20 novembre 2025 ( POOL / Bertrand GUAY )
André Laignel, ex-ministre sous François Miterrand et maire d'Issoudun (Indre) depuis 1977, a annoncé vendredi qu'il démissionnait de ses mandats communaux et intercommunaux après sa défaite aux municipales, quittant de fait la vie politique.
"La défaite est amère. Elle est la mienne. Je l'assume pleinement et en tire toutes les conséquences. J'ai donc transmis à Monsieur le préfet ma lettre de démission de mes mandats communaux et intercommunaux", a annoncé l'ex-édile de 83 ans dans une lettre "aux Issoldunois et Issoldunoises".
"Après 55 années de conseiller municipal, dont huit mandats de maire, trois sentiments m'animent: la reconnaissance, la fierté et la tristesse", écrit-il en comparant ses 49 années de maire à une "folle aventure" et à un "fol amour" pour sa cité industrielle de 12.000 habitants.
"Je vais continuer, sous d'autres formes, à me mobiliser pour les combats à venir", ajoute le socialiste, précisant que "cesser de penser à Issoudun [lui] est impossible".
"Sa localité, jadis simple bourg rural, dispose d'un niveau d'équipement culturel sans équivalent pour une ville de cette taille", écrivait La Gazette des communes en 2018.
André Laignel reste numéro deux de l'Association des maires de France (AMF) jusqu'au prochain congrès en novembre, lors duquel un nouvel exécutif sera élu.
Il reste également président du Comité des finances locales (CFL), poste qu'il occupe depuis 2012, jusqu'à la prochaine élection.
Symbole de la méritocratie républicaine, né d'un père balayeur et d'une mère cartonnière, il arrête l'école à 14 ans pour travailler, en rupture avec le système scolaire.
Il reprend ensuite ses études, obtient un doctorat de droit et un diplôme de sciences politiques puis enseigne les sciences économiques à l'université.
Adhérent du Parti communiste, puis du Parti socialiste en 1968, ce compagnon de route de François Mitterrand gravit les échelons en commençant par être élu conseiller général puis maire d'Issoudun.
Secrétaire d’État à la Formation professionnelle, puis à la Ville et à l'Aménagement du territoire sous la présidence de François Mitterrand, il fut également député (1981-1988), député européen (1994-1999 et 2004-2009), conseiller général, président du conseil général de l'Indre et conseiller régional.
À Issoudun, il avait été réélu dès le premier tour lors des précédents scrutins, et encore à 74,60% en 2020.
Fin lettré, réputé pour sa verve et ses bonnes formules, cet amateur de tennis et de judo ne faisait pas mystère de son appartenance à la franc-maçonnerie.
Inlassable défenseur des maires, André Laignel avait endossé de premières responsabilités à l'AMF en 2001. Au sein de l'association, ce technicien des finances publiques était devenu l'un des plus vifs opposants aux politiques menées par l’État envers les collectivités territoriales, gouvernements de gauche et droite confondus.

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