Une telle initiative "n'est pas exceptionnelle dans cette zone", selon l'état-major français, qui a souligné "le comportement professionnel de l'équipage" français.

Un militaire français dans un Atlantique 2, au large de la Roumanie, le 30 mars 2023. ( AFP / DANIEL MIHAILESCU )
Un avion de la marine française engagé pour l'Otan, à bord duquel se trouvait un journaliste de l'AFP, a été victime d'une "action agressive" russe en survolant la mer Baltique, quand il a été ciblé par un radar de conduite de tir, a indiqué jeudi 16 janvier une source militaire française.
L'aéronef, qui effectuait un vol de surveillance dans le cadre d'un déploiement de l'Alliance en réaction aux dégradations de câbles sous-marins, dont est soupçonnée la Russie , a été victime d' une "tentative de brouillage" ainsi que d' une "désignation par un radar de conduite de tir" , selon une communication de l'armée française.
"Le fait d''illuminer' par un radar notre avion évoluant dans les eaux internationales traduit une action agressive", a expliqué à l' AFP le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l'état major des armées, l'illumination qualifiant en langage militaire le fait de cibler un objectif par radar.
Une telle initiative "n'est pas exceptionnelle dans cette zone" et "signifie que la Russie ne reste pas passive", a-t-il ajouté. La Russie a ainsi "fait savoir, de manière contenue, son hostilité", mais "le comportement professionnel de l’équipage (français) a permis d'éviter toute escalade" tout en poursuivant sa mission, a encore déclaré le colonel Vernet.
Un risque de "brusque escalade"
L'armée russe n'avait en outre que peu d'intérêt à exécuter sa menace car "une attaque sur un avion de l'Otan peut provoquer une brusque et grave escalade avec l'Otan", a-t-il encore jugé.
Le type d'incident subi par l'avion français, "assez grave", est "assez répandu" et "dépasse largement les frontières de l'Europe" , a estimé le général américain Christopher Cavoli, commandant des forces de l'Otan en Europe, lors d'un point presse jeudi à Bruxelles.
L'avion français Atlantique 2 avait décollé mercredi de Bretagne (Ouest), avec un journaliste de l' AFP à son bord. Il a passé près de cinq heures au large de la Suède et des pays baltes, contrôlant environ 200 navires, essentiellement civils. Mais aucun bâtiment suspect n'a été repéré.
Plusieurs câbles sous-marins de télécommunications et d'alimentation électrique ont été endommagés ces derniers mois dans la mer Baltique. Dirigeants européens et experts soupçonnent des actes de "guerre hybride" orchestrés par la Russie. Le 25 décembre, le câble électrique EstLink 2, reliant la Finlande à l'Estonie, et quatre autres câbles de télécommunications ont été endommagés, quelques semaines seulement après des dommages similaires sur deux câbles de télécommunications dans les eaux suédoises.
L'Eagle S, un pétrolier battant pavillon des îles Cook qui ferait partie de la "flotte fantôme" russe , est soupçonné du sabotage de ces câbles par la police finlandaise, qui a investi le navire puis l'a saisi pour les besoins de l'enquête.
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