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Au procès Athanor, les zones d'ombre autour du meurtre d'un pilote automobile
information fournie par AFP 01/06/2026 à 04:03

Marc Pantaloni, l'avocat de Daniel Beaulieu, au tribunal de Paris le 30 mars 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Marc Pantaloni, l'avocat de Daniel Beaulieu, au tribunal de Paris le 30 mars 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le meurtre de Laurent Pasquali fait office d'énigme dans le procès Athanor: la cour d'assises de Paris va tenter d'élucider toute la semaine les nombreuses zones d'ombre entourant la mort du pilote automobile endetté, attribuée à une loge maçonnique des Hauts-de-Seine.

Pendant plusieurs mois, Laurent Pasquali est considéré comme disparu, jusqu'à ce qu'un cueilleur de champignons découvre ses ossements le 1er septembre 2019, dans un bois de Cistrières (Haute-Loire).

Le pilote, âgé de 43 ans, vivait grand train et très au-dessus de ses moyens. Lourdement endetté auprès du fisc, il contracte en 2011, l'année où il devient co-champion de France GT, un prêt de 100.000 euros auprès d'un couple de passionnés de courses automobiles, Nancy et Alain Maarek, respectivement ingénieure et médecin biologiste dans le Var.

Laurent Pasquali manie l'art de l'esquive auprès de ses nombreux créanciers, dont les Maarek, qui vont solliciter l'aide de l'entrepreneur et franc-maçon, Frédéric Vaglio. Ils ignorent qu'il s'agit d'un contrat parmi d'autres, à la mécanique bien huilée, pilotés au sein d'une loge maçonnique qui s'est muée en petite entreprise criminelle. Vingt-deux personnes sont jugées jusqu'au 17 juillet.

Plusieurs questions demeurent toutefois sur les termes exacts du contrat et l'unique meurtre de cet épais dossier (deux tentatives d'assassinat sont également jugées). Préméditée selon l'accusation, la mort de Laurent Pasquali serait accidentelle, selon plusieurs accusés.

Au moins l'un d'entre eux sait très bien ce qu'il s'est passé le 29 novembre 2018: Sébastien Leroy, l'exécutant du contrat, a envoyé une photo du corps du pilote, un sac-poubelle sur la tête, à Daniel Beaulieu, l'ancien agent de la DCRI chargé de sa mise en œuvre par son frère de loge, Frédéric Vaglio.

Leroy, qui répète depuis six ans avoir été manipulé, accuse son ami Dylan Bilheude d'avoir tiré une balle sur Laurent Pasquali, en plein cœur, dans un parking souterrain de Levallois-Perret, ce qu'il dément fermement, jurant ne pas l'avoir accompagné ce jour-là.

- "Sentiments amoureux" -

Pour la famille du pilote, "l'enjeu n'est pas seulement de savoir qui a porté le coup mortel, mais de comprendre qui a participé à la préparation, à l'exécution ou à la dissimulation du crime", détaille son avocate, Me Sandrine Pégand.

Antoine Ory, avocat de Sébastien Leroy, au tribunal de Paris le 30 mars 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Antoine Ory, avocat de Sébastien Leroy, au tribunal de Paris le 30 mars 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Auprès des enquêteurs, Daniel Beaulieu a d'abord avoué le meurtre avant de changer de version et d'évoquer, peu après sa tentative de suicide ratée en détention, une bavure.

Les enquêtes de personnalité sur le couple Maarek ont mis en lumière les "sentiments amoureux" de Nancy à l'égard du pilote, ainsi que la "jalousie maladive" de son mari.

Les époux ont soutenu que le montant de cette dette était dérisoire par rapport à leur train de vie et qu'ils n'auraient jamais fait de mal à quelqu'un pour ça.

"C'est moi qui ai mis Laurent sur le chemin de Vaglio et si je ne l'avais pas fait, il serait là", avait déploré le médecin aux premiers jours du procès.

Les interrogatoires des accusés doivent débuter mardi après-midi, après l'audition de plusieurs témoins.

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