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Au procès Athanor, la patronne qui a commandité un assassinat ne sait pas "ce qui lui est passé par la tête"
information fournie par AFP 22/06/2026 à 22:31

Accusée d'avoir commandité l'assassinat de l'un de ses salariés, l'ancienne dirigeante d'une usine de plasturgie de l'Ain a répété qu'elle avait fait "n'importe quoi" ( AFP / JACQUES DEMARTHON )

Accusée d'avoir commandité l'assassinat de l'un de ses salariés, l'ancienne dirigeante d'une usine de plasturgie de l'Ain a répété qu'elle avait fait "n'importe quoi" ( AFP / JACQUES DEMARTHON )

Accusée d'avoir commandité l'assassinat de l'un de ses salariés, l'ancienne dirigeante d'une usine de plasturgie de l'Ain, pressée lundi par la cour d'assises spéciale de Paris de s'expliquer au procès Athanor, a répété qu'elle avait fait "n'importe quoi".

Muriel Brun s'est remémoré ce "moment de folie" débuté un premier janvier 2020 à La Clusaz, dans les Alpes, lorsque son ami Frédéric Vaglio affirme "de façon banale" au petit-déjeuner pouvoir "éliminer" des gens.

Il "m'a dit +tu sais, des centaines de personnes disparaissent chaque année+", raconte l'ancienne co-dirigeante de la société Apnyl, en tailleur bleu ciel, à la barre. Parfois, les salariés "partent et ne reviennent pas", aurait-il ajouté.

L'ancien journaliste, qui sera interrogé mardi, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir fomenté une multitude de crimes et délits avec plusieurs "frères" d'une loge maçonnique des Hauts-de-Seine.

L'idée "a cheminé dans mon esprit, c'est le tableau noir des syndicats qui m'a fait peur", raconte encore l'ancienne dirigeante, devenue responsable d'une boulangerie-pâtisserie-salon de thé à Lyon depuis sa sortie de prison.

Située dans la vallée du plastique dans l'Ain, la société dirigée en tandem avec son frère affichait 29 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019-2020 et s'était récemment dotée d'un CSE.

Un "nouveau défi" pour cette patronne d'une entreprise "familiale" peu habituée à composer avec les salariés.

L'ancien "MacGyver de l'atelier" d'Apnyl l'écoute attentivement dans la salle: Hassan Touzani, le syndicaliste visé, ne s'est jamais douté de rien, mais ne dort plus désormais sans une hache à portée de main.

La tentative d'assassinat déjouée d'une coach en entreprise en juillet 2020 a provoqué la chute de l'officine criminelle et mis fin au projet morbide dont il était la cible.

"Ça me hante, comment ma soeur a pu en arriver là ?", s'est interrogé vendredi Laurent Brun, qui a depuis racheté pour 3.5 millions d'euros les parts de sa soeur.

Interrogée sur ses motivations, l'ancienne co-gérante d'Apnyl admet avoir fait "n'importe quoi". "Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête", comment "j'ai pu franchir la ligne rouge", a-t-elle expliqué, la voix brisée par les sanglots. "C'est fait, c'est fait", veut-elle assumer.

"Cette culpabilité sera en moi jusqu'à la fin de mes jours", a-t-elle conclu au terme de presque six heures d'interrogatoire. "Je suis contente que M. Touzani soit vivant".

Vingt-deux personnes sont jugées jusqu'au 17 juillet.

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