Aller au contenu principal
Fermer

Au procès Athanor, l'ancien Gilet jaune que sa patronne voulait voir disparaître
information fournie par AFP 19/06/2026 à 23:19

Hassan Touzani, un ancien syndicaliste d'une usine de plasturgie de l'Ain, a témoigné devant la cour d'assises de Paris, où se tient le procès Athanor ( AFP / JACQUES DEMARTHON )

Hassan Touzani, un ancien syndicaliste d'une usine de plasturgie de l'Ain, a témoigné devant la cour d'assises de Paris, où se tient le procès Athanor ( AFP / JACQUES DEMARTHON )

Hassan Touzani, un ancien syndicaliste d'une usine de plasturgie de l'Ain, a témoigné vendredi soir devant la cour d'assises de Paris, où se tient le procès Athanor, face à son ex-patronne qui avait commandité son assassinat auprès d'une officine nichée dans une loge maçonnique.

Depuis le début du procès, le 30 mars, l'ancien ouvrier a suivi la plupart des débats, visiblement déboussolé d'être l'acteur malgré lui d'un immense jeu de dupes qui aurait pu lui coûter la vie.

Tassé sur son banc, l'homme de 57 ans a écouté les interrogatoires d'anciens militaires de la DGSE bernés par un agent de sécurité, lui-même manipulé par un ancien maître espion franc-maçon.

Vingt-deux accusés aux profils divers sont jugés pendant trois mois et demi à Paris, dont son ancienne patronne Muriel Brun, 59 ans, accusée d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime.

Ce projet d'"élimination" est l'une des nombreuses opérations criminelles imaginées au sein d'une loge maçonnique des Hauts-de-Seine. Vingt-six crimes et 86 délits, dont le meurtre d'un pilote automobile amateur, sont jugés jusqu'au 17 juillet.

"Une super personne"

Cheffe d'une entreprise de plasturgie en pleine expansion dans la vallée du plastique, Muriel Brun voyait dans son employé, syndicaliste et Gilet jaune, une menace qu'elle devait supprimer.

Hassan Touzani se rendait tous les soirs sur les ronds-points et garde, aujourd'hui encore, en souvenir du mouvement social débuté fin 2018, un petit gilet jaune accroché à son rétroviseur.

Cinq ans et demi plus tard, l'incompréhension n'a pas disparu. "C'était une super personne", répète-t-il en parlant de son ancienne cheffe Muriel, suspendue à ses paroles, assise à quelques mètres de lui sur le banc des accusés.

"Je disais: +Arrêtez, on n'est pas dans un film américain. J'aurais été un trafiquant de drogue, j'aurais compris qu'on en veuille à ma vie+, ajoute-t-il, mais "un simple ouvrier...".

Hassan Touzani raconte comment il est "tombé en arrière" quand un inspecteur de la brigade criminelle est venu frapper à sa porte pour lui expliquer le projet morbide dont il était la cible.

Les policiers lui montrent des photos de surveillance prises dans l'usine, où il avait débuté en 2016, et dans les lieux qu'il fréquente.

Les exécutants d'Athanor "cherchaient l'endroit propice pour l'accident". "Ils voulaient me jeter dans l'eau. Tout était prévu, l'endroit où balancer mon corps", se remémore l'ancien rasta, en T-shirt orange vif et tongs en cuir.

En juillet 2020, l'assassinat déjoué d'une coach en entreprise à Créteil provoque la chute de la petite entreprise criminelle et met fin au projet. L'ancien Gilet jaune ne s'est jamais douté de rien, mais ne dort plus désormais sans une hâche à portée de main.

Il a depuis aussi développé un cancer et n'a jamais pu retravailler.

"Quels sont vos sentiments aujourd'hui à l'égard de Madame Brun ?", l'interroge une juge assesseure.

"Les deux extrêmes", répond Mr Touzani. L'envie de "pardonner, et en même temps, non." "Jusqu'au dernier moment, je ne voulais pas le croire, c'était pas elle, c'était pas possible", répète-il.

Son ancienne patronne sera interrogée en début de semaine prochaine, dans ce dernier volet examiné par la cour avant les expertises psychiatriques et les réquisitions, prévues début juillet.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires