Des habitations ensevelies sous la boue après des inondations soudaines survenues à Trishuli Bazar, dans le district de Nuwakot au Népal, le 26 août 2026 ( AFP / Prabin RANABHAT )
Les sauveteurs poursuivent leurs efforts jeudi pour tenter de retrouver plus de 1.300 disparus, dont des centaines de touristes étrangers, au lendemain de la crue dévastatrice qui a fait au moins 180 morts à la frontière du Népal et de la Chine.
Selon des bilans officiels encore très provisoires, le puissant mur d'eau et de boue qui a submergé la région, emportant de nombreuses habitations et leurs occupants, a coûté la vie à 177 personnes côté népalais et à 3 autres dans le territoire chinois voisin du Tibet.
Cette vague a été causée par l'effondrement d'un glacier, d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et de nombreux glissements de terrain, a établi l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS).
Au Népal, elle a balayé la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.
Vingt-quatre heures après son passage, les autorités népalaises sont jeudi matin sans nouvelle de 823 personnes, selon un décompte de l'autorité népalaise en charge des situations d'urgence. Parmi eux figurent 517 ressortissants étrangers.
De l'autre côté de la frontière, les médias d'Etat chinois ont rapporté que 558 personnes, dont 260 étrangers étaient toujours disparues après le passage des "torrents de boue" qui ont enseveli Gyirong Port.
"Continuer à chercher"
Au cœur de l'Himalaya, cette région du Népal est très prisé des randonneurs et alpinistes du monde entier , qui veulent notamment gravir le mont Everest.
Des habitants observent des maisons partiellement submergées dans des eaux boueuses à la suite d'inondations soudaines survenues à Trishuli Bazar, dans le district de Nuwakot au Népal, le 26 août 2026. ( AFP / Prakash MATHEMA )
Une vidéo de surveillance vérifiée par l'AFP montre un bâtiment imposant de plusieurs étages et plusieurs personnes tentant de fuir soudainement engloutis par les flots.
Une autre, également authentifiée, montre une vague gigantesque, comparable à un tsunami, s'abattre sur un parking en surplomb d'une rivière, paisible quelques instants plus tôt, balayant des autocars et un bâtiment avec une force dévastatrice.
"Mon frère aîné fait partie de ceux qui ont disparu", a témoigné auprès de l'AFP Subash Khatani, venu jeudi matin à l'hôpital Bir, à Katmandou, dans l'espoir d'obtenir de ses nouvelles. "On continue à le chercher".
Le Premier ministre népalais Balendra Shah était en route jeudi pour rejoindre les zones sinistrées.
"Le travail d'évaluation des dommages humains et matériel causé par les inondations se poursuit", a indiqué son secrétariat dans la nuit, en appelant ses compatriotes à "aider financièrement" les secours.
Leurs opérations se poursuivent jeudi. L'armée a indiqué que les rotations de ses hélicoptères avaient déjà permis d'évacuer 105 personnes et de larguer dans les zones sinistrées du matériel médical et de l'aide humanitaire d'urgence.
"Prières" du Dalaï Lama
Fait rare, le président chinois Xi Jinping s'est exprimé peu après la catastrophe.
"La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes", a-t-il déclaré.
"Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte", a déclaré David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
Des femmes devant une maison portant des traces de boue indiquent le niveau de l’eau après des crues dévastatrices près de Devighat, au Népal, le 27 août 2026 ( AFP / Prabin RANABHAT )
Parmi les ressortissants étrangers disparus figurent 178 Indiens, 65 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 33 Britanniques, 25 Canadiens, 15 Australiens et 12 Israéliens, a détaillé le bureau du tourisme népalais.
L'organisateur népalais de randonnées Himalayan Glacier a précisé à l'AFP qu'il restait sans nouvelle d'un de ses groupes composé de 47 personnes. "Nos équipes font la tournée des hôpitaux où les victimes sont acheminées", a dit son directeur, Sanket Pandey.
Comme de nombreux autres responsables politiques, le Dalaï Lama a offert jeudi ses "prières" aux victimes et ses "sincères condoléances à toutes les personnes en deuil et affectées par la tragédie".
Menace
Des habitants passent devant des maisons noyées sous la boue après des crues soudaines à Devighat au Népal, le 27 août 2026 ( AFP / Prabin RANABHAT )
Dans une déclaration, le chef spirituel tibétain en exil a également espéré que des mesures seraient prises pour "éviter que de tels désastres ne se reproduisent".
Un premier rapport technique publié jeudi par le gouvernement népalais met en garde contre une possible deuxième vague.
"Le lac qui s'est constitué (après l'avalanche) au niveau du fleuve ne s'est toujours pas totalement libéré", avertit-il, ajoutant que la "possibilité d'une nouvelle coulée (...) ne peut être immédiatement écartée".
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud.
En juillet 2025, 17 personnes avaient disparu après un glissement de terrain près de Gyirong, avait alors rapporté Chine.
Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.

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