Des personnes devant le restaurant Jo Goldenberg, rue des Rosiers, deux jours après un attentat, le 11 août 1982 à Paris ( AFP / JOEL ROBINE )
La justice française s'est déclarée incompétente pour statuer sur l'extradition du Palestinien Hicham Harb, qui devrait donc être bien jugé pour son rôle présumé dans l'attentat antisémite meurtrier de la rue des Rosiers en 1982 à Paris, a appris l'AFP jeudi de source judiciaire.
Mercredi, "la chambre de l'instruction (de la cour d'appel de Paris) s'est déclarée incompétente concernant la requête en annulation de sa remise aux autorités judiciaires françaises", a expliqué cette source.
Elle a par ailleurs déclaré "irrecevable l'appel (de Hicham Harb) sur l'OMA", l'ordonnance de mise en accusation qui l'a renvoyé ne procès.
L'accusation considère que Hicham Harb, Mahmoud Khader Abed Adra de son vrai nom, a participé comme tireur et "chef" de commando à l'attaque du 9 août 1982, à la grenade et au pistolet-mitrailleur, qui avait fait six morts et 22 blessés dans le quartier du Marais.
Hicham Harb a été arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, peu avant la reconnaissance de l'Etat de Palestine par Paris, puis extradé mi-avril vers la France.
Le Palestinien, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis 2015, a alors été placé en détention provisoire dans l'attente d'un procès.
Sa défense, qui avait saisi la cour d'appel pour demander l'annulation de son extradition, estimait que son transfert était une opération "politique" en échange de la reconnaissance par la France de l'Etat de Palestine, selon des éléments auxquels l'AFP a eu accès.
Dans des réquisitions écrites début juin, dont l'AFP a eu connaissance, le parquet général a balayé ces arguments.
Il a estimé que le caractère "politique" de la procédure d'extradition n'était pas démontré, au regard de la "gravité" de l'attaque, attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Sollicitée par l'AFP, l'avocate d'Hicham Harb, Me Alice Becker, n'avait pas donné suite jeudi.
Jusqu'alors, elle n'a pas souhaité commenter la procédure, tout en s'alarmant des conditions de détention et de l'état de santé de son client âgé de 71 ans, "en rémission de deux cancers" et placé à l'isolement à la prison de Fresnes.
Hicham Harb devrait comparaître aux côtés de Hazza Taha, né en Cisjordanie et soupçonné d'avoir caché des armes, actuellement sous contrôle judiciaire, et Abou Zayed, Norvégien d'origine palestinienne considéré comme l'un des tireurs, détenu en France depuis 2020.
Deux autres suspects jordaniens restent en Jordanie, la Cour suprême de ce pays ayant refusé de les extrader.
Me Ariel Goldmann, avocat d'un survivant de l'attaque et de descendants d'une personne blessée, a estimé auprès de l'AFP que "cette décision est la seule conforme aux intérêts de la justice".
"Après plus de quatre décennies de douleur, les victimes n'attendent ni compassion de façade ni manœuvres procédurales : elles attendent enfin un jugement", a-t-il souligné, déplorant que pendant des années, Hicham Harb se soit "soustrait à la justice française".

1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer