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Après des années d'attente, le gouvernement présente un plan contre l'infertilité
information fournie par AFP 05/02/2026 à 11:42

Le gouvernement présente un plan contre l'infertilité ( AFP / ULISES RUIZ )

Le gouvernement présente un plan contre l'infertilité ( AFP / ULISES RUIZ )

Promis par Emmanuel Macron mais longtemps resté lettre morte, un plan contre l'infertilité émerge enfin. Présenté ce jeudi par le gouvernement, il prévoit notamment de mieux sensibiliser sur ce sujet qui touche plus de trois millions de Français.

"Le temps est à l'action", assure le ministère de la Santé dans un communiqué qui détaille un plan contre l'infertilité en une quinzaine de points.

Pour les patients et les spécialistes, l'attente a été longue. Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, avait promis un tel plan en 2024, et ses racines remontent même à 2022 lorsque le gouvernement de l'époque avait commandé un rapport sur le sujet.

Depuis, quasiment rien n'était venu, alors que l'infertilité touche, selon ce rapport, plus de trois millions de Français. Seul un volet lié à la recherche s'était concrétisé avec le lancement de plusieurs programmes, par exemple pour améliorer l'efficacité des procréations médicalement assistées (PMA).

Le sort même du plan était sujet à des doutes. A la tête du ministère de la Santé pendant le plus gros de 2024 et 2025, Catherine Vautrin avait marqué sa préférence pour un plan plus large, autour des thématiques de vieillissement et de natalité, faisant craindre un mélange des genres chez les spécialistes.

Le recentrage sur l'infertilité est désormais assumé par l'actuelle ministre, Stéphanie Rist. Les Français, quand ils veulent un enfant, "ne passent pas leur temps à voir des graphes sur la démographie", a pointé le ministère lors d'un point à la presse.

Les mesures annoncées jeudi répondent notamment à une demande de longue date des experts: mieux sensibiliser la population au risque de trop attendre, alors que la fertilité chute vite avec l'âge et que les difficultés à concevoir sont souvent liées à des tentatives trop tardives.

- "Eviter le +Si j'avais su+" -

Mesure-phare du plan, un message doit, à partir de la fin de l'été, être envoyé à tous les Français lors de leur 29 ans. Mais, promet le ministère, il ne s'agit pas d'être "prescriptif" pour inciter à avoir des enfants.

Cette précision s'inscrit dans un contexte où M. Macron avait été critiqué par plusieurs associations féministes pour avoir lié l'infertilité à une problématique de "réarmement démographique", une rhétorique guerrière jugée inadéquate.

Le message respectera le choix de ne pas avoir d'enfant en rappelant aussi des éléments sur la contraception, a expliqué le ministère, assurant qu'il s'agissait surtout "d'éviter le +si j'avais su+".

Une campagne de communication sur les enjeux de reproduction doit être lancée fin 2026 et, très prochainement, un site d'information sera disponible sur le sujet.

Le plan, dont le budget d'ensemble n'est pas détaillé, ne se limite pas à la communication. Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d'attente.

D'ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire. Il envisage clairement d'ouvrir ce terrain au privé, assurant néanmoins que la procédure restera gratuite et exempte d'une "logique marchande".

Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l'infertilité. C'est aussi le cas de l'endométriose mais, alors que celle-ci fait déjà l'objet d'un plan gouvernemental, le SOPK restait jusqu'alors largement absent des discours publics.

Aux côtés de ce plan contre l'infertilité, qui sera piloté par les auteurs du rapport de 2022 - le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux - le ministère a, par ailleurs, annoncé travailler sur les enjeux de santé liés à la naissance, alors que la France présente des taux de mortalité infantile et maternelle nettement supérieurs à nombre de voisins européens.

L'objectif est de "faire émerger un consensus sur les causes", a expliqué le ministère, alors que les facteurs et les hypothèses semblent multiples: maternités surchargées, inégalités sociales...

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