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Allemagne-"Désastre" pour les conservateurs de Merz avec l'AfD en tête d'un scrutin régional
information fournie par Reuters 21/09/2026 à 01:01
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par Oliver Denzer et James Mackenzie

L e parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) est donné victorieux d'élections dimanche dans le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, dans le nord-est du pays, tandis que le parti La Gauche (Die Linke, extrême gauche) est en tête d'un scrutin distinct dans la capitale Berlin.

Les conservateurs ont subi en Mecklembourg-Poméranie occidentale leur pire résultat électoral depuis 1949 - un résultat qualifié de "désastre" par le chancelier Friedrich Merz après la publication des sondages de sortie des urnes.

En dépit de spéculations sur son avenir politique en cas de nouveau revers lors de ces élections, deux semaines après le résultat historique obtenu par l'AfD dans le Land de Saxe-Anhalt, le dirigeant conservateur a exprimé dimanche soir sa volonté de rester en poste et de poursuivre ses réformes.

D'après les projections du groupe audiovisuel public ARD, l'AfD obtient 38,3% des suffrages en Mecklembourg-Poméranie occidentale, devant les sociaux-démocrates (SPD), crédités de 35,4%. L'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Friedrich Merz est donnée loin derrière, à 4,9%, soit un score inférieur au seuil de 5% nécessaire pour être représentée au Parlement local.

A Berlin, La Gauche ressort en tête avec 25,3% des voix, une première pour le parti dans ce Land, tandis que les conservateurs, qui gouvernent la région dans le cadre d'une coalition avec les sociaux-démocrates, chutent à 19% des suffrages. L'AfD progresse à 16,3%, quand bien même la capitale est traditionnellement considérée comme libérale.

"PARALYSIE POLITIQUE"

Bien que ces derniers résultats électoraux pourraient ne pas encore sonner le glas pour Friedrich Merz, sa faible cote de popularité, les réformes contestées qu'il prône et la percée de l'AfD - en tête des sondages à l'échelle nationale - font planer une ombre de plus en plus grande sur son avenir.

"Il va devenir encore plus difficile pour le gouvernement fédéral de trouver le courage et les soutiens politiques pour mener un programme fondamental de réformes", a commenté le président de l'institut de recherche DIW, basé à Berlin.

Si les partis de la coalition au pouvoir dans le pays s'en tiennent à leurs "lignes rouges", alors la "paralysie politique va s'ancrer, la faiblesse économique persister, et la probabilité d'une victoire de l'AfD lors des élections (fédérales) de 2029 va s'accroître encore davantage", a ajouté Marcel Fratzscher auprès de Reuters.

La populaire ministre-présidente du Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, Manuela Schwesig, issue du SPD, avait grimpé dans les intentions de vote en se montrant publiquement virulente à l'égard de l'AfD ainsi que des réformes du gouvernement de Friedrich Merz.

A ses yeux, a-t-elle dit en amont des élections, l'AfD a remporté des soutiens en critiquant l'aide apportée par l'Allemagne à l'Ukraine. "Dans mon Land, de nombreuses personnes sont opposées au soutien à l'Ukraine, à la fois financier et militaire", a déclaré Manuela Schwesig, ajoutant qu'un grand nombre d'électeurs locaux étaient également favorables à une reprise de l'activité des gazoducs Nord Stream permettant d'acheminer du gaz naturel de Russie vers l'Allemagne.

"COURAGE, TÉNACITÉ ET PATIENCE"

Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, chef de file national du SPD, a exprimé son souhait de réorienter la politique fédérale, citant les craintes des électeurs à propos de la réforme des retraites.

Mais Friedrich Merz se montre intransigeant à propos d'un programme de réformes qu'il présente comme nécessaire pour relancer la croissance de la première économie européenne.

"Ce qui doit être réalisé maintenant requiert du courage, de la ténacité et de la patience", a-t-il dit, décrivant les réformes voulues comme l'"antidote au poison autoritaire qui s'infiltre encore plus profondément dans notre société".

Jadis mouvement eurosceptique marginal, l'AfD s'est transformé en à peine une décennie en parti le plus populaire d'Allemagne, avec la promesse de restreindre grandement l'immigration et de renouer les liens avec Moscou pour s'approvisionner à nouveau en énergie russe bon marché.

La victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt plus tôt ce mois-ci a provoqué une onde de choc dans le système politique allemand et à travers l'Europe. Elle est considérée par le parti d'extrême droite comme une étape vers un succès national en 2029.

Avec les résultats qui se dessinent en Mecklembourg-Poméranie occidentale et viennent s'ajouter aux percées réalisées par l'AfD ces dernières années, le principe du "cordon sanitaire" pourrait être remis en cause.

Élu l'an dernier en promettant de relancer l'économie allemande, Friedrich Merz a peiné à convaincre les électeurs, d'autant plus que sa manière maladroite de communiquer a contribué à alimenter la colère à propos de ses réformes des retraites, des impôts et du système de santé.

Les hausses des prix de l'énergie et des prix immobiliers ont été en toile de fond des campagnes électorales en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, avec une défiance des électeurs à l'égard du gouvernement fédéral, qui a voulu apaiser le mécontentement de la population en annonçant vendredi une baisse des taxes sur le carburant.

(James Mackenzie, Rachel More, Andreas Rinke, Christian Kraemer, Emanuele Berro, Thomas Seythal, Oliver Denzer et Max Schwarz; version française Jean Terzian)

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