Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a renvoyé jeudi au 23 avril, en raison d'une grève des avocats en Guadeloupe, l'examen des offres de reprise de la compagnie aérienne Air Antilles, placée en redressement judiciaire et clouée au sol depuis décembre.
Un terminal de l'aéroport de Pointe-à-Pitre, en 2017 (illustration) ( AFP / HELENE VALENZUELA )
"Le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire au 23 avril (...) Il y a eu une grève des avocats et un certain nombre de nos confrères ont souhaité être solidaires du mouvement de grève", a déclaré à la presse à la sortie de l'audience Me Jean-Claude Beaujour, avocat du principal candidat à la reprise.
Le barreau de Guadeloupe proteste, à l'instar des avocats hexagonaux, contre le projet de loi de réforme de la justice criminelle porté par Gérald Darmanin, qui doit être examiné au Sénat à partir du 13 avril.
La compagnie Air Antilles, qui compte 116 salariés, est avec Air Caraïbes l'unique transporteur assurant des liaisons directes entre les îles françaises des Antilles.
Depuis le 8 décembre, ses avions sont immobilisés, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ayant pointé des "défaillances très significatives" en matière de sécurité. Détenue majoritairement par la collectivité de Saint-Martin, elle a été placée en redressement judiciaire le 2 février.
Sa liquidation fait craindre une hausse des tarifs pour les habitants de Guadeloupe, de Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. La compagnie avait transporté plus de 121.000 passagers en 2025.
Selon des sources proches du dossier, deux offres ont été déposées mais leurs garanties financières restaient insuffisantes à la veille de l'audience.
L'homme d'affaires guadeloupéen Pierre Sainte-Luce, à la tête d'un groupe qui gère plusieurs établissements de santé en Guadeloupe et à Saint-Martin et s'est diversifié dans l'hôtellerie, est le premier à s'être déclaré. Son projet prévoit une reprise progressive des salariés, calée sur le redéploiement des avions.
Le second candidat, le groupe Kerc, affirme vouloir reprendre 104 des 116 salariés mais pas les avions. "Air Antilles est un pan du patrimoine guadeloupéen et c'est peut-être la dernière compagnie antillaise qui restera sous le contrôle antillais", a fait valoir une source proche de ce repreneur potentiel, très peu connu localement.
"C'est une grosse déception pour nous tous parce que nous pensions être enfin délivrés, avoir une réponse, pouvoir enfin reprendre le contrôle de notre vie parce que là, tout est en suspens", a réagi Séverine Louisor Malborougt, déléguée du personnel.
"On n'est pas prêts à être repris à tout prix: on voulait un projet qui nous amène quelque part (...), qui soit clair, qui nous emmène dans une direction. Pour l'instant, on n'a pas retrouvé ça", a de son côté déclaré Mélissa Germé, déléguée syndicale SNPNC-FO, qui représente le personnel navigant commercial.
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