Le scandale avait éclaté en 2021, mettant au grand jour le recours tous azimuts du gouvernement français au cabinet privé. Suite à l'émoi, l'Etat a depuis créé une agence de conseil interne, dans une chasse aux dépenses "qui "porte ses fruits".
( AFP / LUDOVIC MARIN )
Quatre ans après l'affaire McKinsey, l'Etat a divisé par plus de quatre ses dépenses liées à des cabinets de conseil extérieurs, ramenées à 60 millions d'euros en 2025 contre 272 en 2021, selon un document budgétaire publié jeudi 15 octobre. La stratégie de maîtrise de ces dépenses, qui n'incluent pas le conseil informatique, "a porté ses fruits", s'est félicité jeudi 15 octobre Pierre Bouillon, à la tête de la direction interministérielle de la transformation publique (DITP), lors d'un point de presse.
Ces 60 millions d'euros couvrent huit types de prestations, du conseil juridique aux études techniques. Le conseil en stratégie et organisation n'en représente plus qu'un quart, contre plus de la moitié en 2021. La moitié va désormais aux études techniques et au conseil métier.
La baisse n'a pas été continue: les dépenses étaient remontées de 31% en 2024, à 96 millions d'euros, un "léger ressaut" lié selon M. Bouillon à des hasards de calendriers pour les projets des administrations.
Le gouvernement avait entrepris d'encadrer le recours aux cabinets privés par une circulaire en janvier 2022. Deux mois plus tard, en pleine campagne présidentielle, une commission d'enquête sénatoriale révélait que les dépenses de conseil des ministères avaient plus que doublé sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
Elle pointait en particulier le cas du cabinet américain McKinsey, très sollicité pendant la crise du Covid-19, qui n'avait pas payé d'impôt sur les sociétés en France depuis au moins dix ans. Le parquet national financier enquête depuis sur le cabinet pour "blanchiment aggravé de fraude fiscale" et a annoncé en septembre la saisie de 65 millions d'euros.
L'internalisation fait économiser plus de 10 millions d'euros par an
L'Etat va par ailleurs diviser par huit, de 200 à 25 millions d'euros, le plafond de son accord-cadre interministériel de conseil pour 2027-2031, qui doit être publié dans les prochains jours. Ce marché, consacré au conseil en stratégie, organisation et transformation, n'est qu'un des canaux par lesquels l'Etat achète du conseil: il n'a servi qu'à environ 5,6 millions d'euros de commandes en 2025, établissements publics compris.
Pour réduire la facture, l'Etat mise notamment sur la "réinternalisation des compétences de conseil" via une agence de conseil interne créée il y a deux ans. Avec sa soixantaine d'employés, elle éviterait, selon la DITP, 11 millions d'euros de prestations de conseil par an.
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