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A-t-on raison de vouloir la peau de l’euro ?
information fournie par Boursorama 28/04/2017 à 17:41

« L'euro est entré par effraction dans l'Histoire » s'amuse l'économiste Bruno Colmant, auteur du livre « l'euro : une utopie trahie ? ». Une manière de dire qu'il n'aurait jamais dû exister, du moins pas sous cette forme. Au lendemain du Brexit, et alors que 36% des Européens sont méfiants face à la monnaie unique, quelles solutions pourraient sauver la zone euro ? Quel rôle peut jouer la France dans cette zone en pleine crise sociale ?

Bruno Colmant tire un constat alarmant : « la zone euro n'a pas vraiment connu la croissance depuis la crise économique en 2008 ». Depuis, les peuples de l'union monétaire se méfient. La défiance est d'ailleurs à son paroxysme, en témoigne la montée des mouvements anti-euro qui se développent dans les pays membres.

Motivées par un sentiment de déclassement et de baisse du pouvoir d'achat, les populations n'ont plus confiance en une zone mal construite et peu harmonisée. Bruno Colmant regrette  « une Europe qui a protégé le capital au détriment du travail ». Après avoir profité d'un effet d'aubaine jusqu'en 2008 et la crise économique, les membres de la zone euro ne parviennent pas à modifier leur système. « On a perdu 3 ans de réforme déjà. »

« L'euro a protégé son capital »

A l'origine de cette crise de la zone euro, le vieillissement généralisé des populations européennes, notamment du Nord. Vivant sur leurs rentes, leur priorité est d'avoir « une épargne désinflatée » pour ne pas perdre en pouvoir d'achat. Une idéologie qui correspond à une volonté allemande, mais qui « est contraire à l'emploi ». En France, un placement comme l'assurance-vie (placement préféré des Français) limite les transferts de capitaux et l'investissement à risque. Un investissement que voudrait relancer le membre de l'Académie Royale de Belgique. « Il faut accepter une politique monétaire plus souple et qui encourage le travail ». Parmi les mesures préconisées, il aimerait voir « une gestion budgétaire qui sort de la politique de stabilité, et une politique monétaire qui continue de soutenir l'inflation au moins à 2% ».

La relance de la zone euro doit donc passer par un changement de politique. Fini la stabilité des prix ou le désendettement structuré. « Il faut mettre l'emploi et les capitaux au centre de l'Europe, tout en offrant à la BCE, un pouvoir élargi qui, comme aux États-Unis garde un œil rivé sur l'inflation, mais aussi sur la stimulation de l'emploi. »

Une zone euro, ayant une politique un peu plus libérale, c'est également la volonté d'Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle française. Le leader du mouvement d'En Marche souhaite proposer aux pays membres de la zone euro la mise en place d'un budget spécial, permettant notamment l'investissement, et la création d'un ministre de l'Economie et des Finances. Une solution appréciée par Bruno Colmant même si Emmanuel Macron devrait négocier avec les Allemands, traumatisés par l'hyperinflation et faire face à « un Eurogroupe et une BCE non coordonnés ». Un frein pour l'acceptation de la politique de M. Macron. L'explosion de la zone euro « serait cependant bien pire pour l'Allemagne, qu'un peu de souplesse économique ».

La sortie de l'euro ? « Le chaos »

Face à l'imperfection de la zone euro, un Frexit pourrait paraitre légitime. Un « scénario du chaos » tranche Bruno Colmant. Elle a été créée par des politiques pour instaurer la paix en Europe. Sa fin signerait le retour de la guerre commerciale entre pays européens. « L'Italie et l'Espagne, dévalueraient leurs monnaies, notamment pour concurrencer la France en terme agricole. » Bruno Colmant le reconnait, « La zone euro sera toujours imparfaite », mais la quitter « serait une véritable catastrophe pour l'épargne des Français ».

Bastien Gauriau

11 commentaires

  • 02 mai 08:41

    Hé les mecs pour pouvoir importer vos tongs il faut aussi exporter, sinon…


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