par Andreas Rinke
Le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé mercredi pour des relations plus fortes mais aussi plus équitables avec Pékin au premier jour de sa première visite officielle en Chine.
Lors d'un entretien avec le Premier ministre Li Qiang, le chef du gouvernement allemand a souligné l'importance qu'il attachait aux échanges entre l'Allemagne et la Chine, redevenue le premier partenaire commercial de Berlin l'année dernière.
Mais alors que la balance des paiements penche désormais largement en faveur de la Chine, Friedrich Merz a également insisté sur la nécessité d'une coopération juste et d'une communication transparente.
"Nous avons des préoccupations très spécifiques concernant notre coopération, que nous voulons améliorer et rendre équitable", a-t-il déclaré.
Li Qiang a de son côté souhaité que les deux pays oeuvrent ensemble à "la sauvegarde du multilatéralisme et du libre-échange" et s'emploient à bâtir "un système mondial de gouvernance plus juste".
A l'issue de leur rencontre, le chancelier allemand et le Premier ministre chinois ont paraphé cinq accords de portée toute relative, sur le climat, la prévention des épizooties ou le sport, en dépit de leurs engagements à renforcer le partenariat entre les deux pays.
Le mois dernier, les dirigeants canadien et britannique, Mark Carney et Keir Starmer, avaient obtenu davantage, signant une série d'accords sur le commerce et l'investissement.
Friedrich Merz, qui est accompagné d'une délégation patronale conséquente et doit encore rencontrer le président Xi Jinping, pourrait toutefois dévoiler d'autres accords au fil de sa visite, qui s'achève jeudi.
INQUIÉTUDES
Par contraste avec la politique erratique du président américain Donald Trump, la Chine entend jouer le rôle de partenaire commercial fiable de l'Union européenne, qui s'inquiète cependant de sa dépendance croissante envers Pékin et de la vulnérabilité de ses chaînes d'approvisionnement.
Le renforcement par Pékin de ses contrôles à l'exportation sur les terres rares a ainsi provoqué l'an dernier une onde de choc chez les industriels occidentaux, notamment dans le secteur automobile qui constitue un poids lourd de l'économie allemande.
Devant le Parlement européen mardi, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, s'est inquiété de la domination des entreprises chinoises sur des secteurs clés de l'industrie, sur les déséquilibres croissants des échanges commerciaux et sur les pertes de parts de marché des entreprises européennes en Chine.
Dans un éditorial publié mercredi matin, le quotidien anglophone officiel chinois The Global Times a estimé que ces préoccupations s'effaçaient devant le pouvoir d'attraction du gigantesque marché chinois.
"La rhétorique sur la 'rivalité systémique' et le 'derisking' [atténuation des risques] a parfois compliqué la politique chinoise de l'Allemagne", a-t-il relevé. "Mais l'enthousiasme et les actions de la communauté d'affaires allemande parle davantage que les slogans politiques."
(Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Blandine Hénault)

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