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A Pékin, Merz plaide pour des relations plus équitables avec la Chine
information fournie par Reuters 25/02/2026 à 19:54

(Actualisé tout du long avec précisions, déclarations supplémentaires)

par Andreas Rinke, Liz Lee et Colleen Howe

Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé mercredi à un partenariat et au dialogue avec la Chine, au premier jour d'une visite officielle à Pékin destinée à restaurer des relations bilatérales crispées par le déficit commercial béant de la puissance européenne avec la deuxième économie mondiale.

Cette première visite en Chine de Friedrich Merz en tant que chancelier allemand intervient après des déplacements récents du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique Keir Starmer, dans un contexte de tensions croissantes avec l'administration du président américain Donald Trump qui poussent les dirigeants européens à soigner leurs relations avec Pékin.

Accompagné d'une importante délégation de dirigeants d'entreprise, Friedrich Merz a dit vouloir renforcer ce qu'il a appelé un "partenariat stratégique intégral", désireux de redéfinir les relations commerciales entre Berlin et Pékin, de plus en plus défavorables à l'Allemagne, sans brusquer la Chine, son principal partenaire commercial, primordial pour ses intérêts industriels.

Le président chinois Xi Jinping a salué les déclarations du chancelier allemand lors de leur rencontre. "Plus le monde devient turbulent et imbriqué, plus la Chine et l'Allemagne ont besoin d'améliorer leur communication stratégique et de renforcer leur confiance stratégique mutuelle", a-t-il dit.

S'il a encouragé les firmes chinoises à accroître leurs investissements en Allemagne, Friedrich Merz a souligné que les deux camps devaient rester "clairvoyants".

L'étroitesse des relations commerciales bilatérales "ouvre des opportunités mais présente également des risques", a ajouté le dirigeant allemand, citant les problèmes d'approvisionnement pour les industriels du pays quand Pékin a renforcé l'an dernier ses contrôles sur les exportations sur les semiconducteurs et les terres rares essentielles.

Ces commentaires rappellent les inquiétudes exprimées de longue date à Berlin, et en Europe dans son ensemble, à propos de la sous-évaluation du yuan, des subventions de Pékin à ses entreprises et des surcapacités de l'industrie chinoise qui ont contribué à porter l'excédent commercial de la Chine avec l'Allemagne à quelque 90 milliards d'euros l'an dernier.

Notant que le déficit commercial de l'Allemagne avec la Chine avait quadruplé depuis 2020, Friedrich Merz a déclaré aux journalistes après sa rencontre avec Xi Jinping que cette dynamique n'était "pas saine".

"OUVERTURE"

Un communiqué conjoint diffusé par la suite par l'agence de presse officielle Chine nouvelle met toutefois en avant que la visite du dirigeant allemand a donné un "nouvel élan au développement du partenariat" bilatéral.

Friedrich Merz a dit avoir obtenu la promesse de l'achat de produits allemands à haute valeur ajoutée et annoncé que Pékin avait commandé 120 appareils Airbus.

"Les deux parties sont disposées à résoudre leurs préoccupations respectives via un dialogue franc et ouvert", est-il écrit également dans le communiqué conjoint.

Plus tôt dans la journée, lors d'un entretien avec le Premier ministre Li Qiang, Friedrich Merz avait souligné l'importance qu'il attachait aux échanges entre l'Allemagne et la Chine, tout en insistant également sur la nécessité d'une coopération juste et d'une communication transparente.

Selon le compte-rendu de cet entretien publié par Chine nouvelle, Li Qiang a dit souhaiter une coopération renforcée entre les deux pays dans les secteurs de l'automobile, de la chimie, de l'intelligence artificielle et de la biomédecine.

Le Premier ministre chinois a également assuré que la Chine souhaitait importer d'Allemagne davantage de produits à haute valeur ajoutée.

"La Chine poursuivra sans relâche son ouverture de haut niveau et répondra activement aux demandes légitimes des entreprises à capitaux étrangers originaires d'Allemagne et d'autres pays", a-t-il dit.

Pékin veut apparaître comme un partenaire économique fiable, cherchant à profiter des incertitudes dans les relations entre l'Europe et Washington. Le marché chinois, jadis convoité par les firmes étrangères pour sa forte croissance, a ralenti ces dernières années, avec une consommation moins forte et des problèmes de surcapacité industrielle.

Friedrich Merz et Li Qiang ont formalisé à l'issue de leur rencontre des partenariats très ciblés, dans des industries périphériques pour les deux pays, tranchant avec les accords plus importants signés par le Canada et la Grande-Bretagne lors des visites en Chine de leurs dirigeants.

(Reportage Andreas Rinke et Liz Lee, avec Colleen Howe, Xiuhao Chen et Yukun Zhang; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)

2 commentaires

  • 26 février 02:15

    kozlow67 ce sont plutôt les US qui veulent la disparition de la Chine. C'est pourquoi nos trolls sont si anti chinois. Et les dirigeants européens vendus aux US sacrifient les intérêts européens. Le problème avec ça c'est que ce sont les européens qui feront les frais du conflit avec la Chine tout comme on fait les frais de la guerre avec la Russie.


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