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A Paris, les Européens divisés sur l'envoi de soldats en Ukraine
information fournie par Reuters 17/02/2025 à 23:23

(Actualisé avec déclaration de Zelenski)

par John Irish, Elizabeth Pineau et Andrew MacAskill

Les dirigeants européens ont appelé à augmenter les dépenses de défense mais n'ont pas réussi à s'entendre sur l'hypothèse d'un envoi de troupes de maintien de la paix en Ukraine lors d'une réunion d'urgence convoquée lundi à Paris face aux initiatives des Etats-Unis sur le dossier ukrainien et la sécurité du continent.

Le président américain Donald Trump a mis l'Europe au pied du mur en annonçant sans concertation, mercredi, l'ouverture de négociations sur la paix en Ukraine après un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Plusieurs dirigeants européens comme le chancelier allemand Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou encore le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte ont été reçus à l'Elysée par le président français Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron, à l'origine de cette réunion d'urgence, a parlé à son homologue américain Donald Trump avant qu'elle ne débute, a fait savoir la présidence, sans donner de détails.

Avant de se rendre dans la capitale française, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré à des journalistes que l'Europe se trouvait face à un "moment unique" pour sa sécurité et qu'elle devait collaborer étroitement avec Washington.

Keir Starmer a aussi affirmé que le Royaume-Uni était prêt à jouer un rôle de premier plan dans la fourniture de garanties sécuritaires à l'Ukraine, notamment en déployant "nos propres soldats sur le terrain si nécessaires".

"L'Europe doit jouer son rôle et je suis préparé à considérer à engager des soldats britanniques sur le terrain avec d'autres, s'il y a un accord de paix durable, mais il doit y avoir un filet de sécurité américain, car une garantie de sécurité américaine est le seul moyen efficace de dissuader la Russie d'attaquer l'Ukraine à nouveau", a-t-il déclaré.

La Suède envisagerait quant à elle une contribution aux forces de maintien de la paix en Ukraine une fois un accord établi, a déclaré lundi le Premier ministre Ulf Kristersson, ajoutant que les négociations devraient progresser avant qu'une telle décision ne soit prise.

Le gouvernement hollandais a indiqué ce week-end qu'il pourrait contribuer à l'effort s'il y avait un mandat clair et un soutien des Etats-Unis en cas d'escalade.

A l'inverse, l'Italie de Giorgia Meloni a partagé ses "doutes" sur le déploiement de soldats.

"Le déploiement de soldats européens en Ukraine semble être l'(hypothèse) la plus complexe et peut-être la moins efficace", a déclaré la présidente du Conseil italien, selon des sources au sein de son bureau.

Une telle hypothèse reste "prématurée", a déclaré de son côté le chancelier allemand Olaf Scholz

La Pologne, troisième armée de l'Otan a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne fournirait pas de soldats alors que pour le Danemark, il est encore trop tôt pour parler de déploiement de troupes alors qu'aucun accord de paix n'a été trouvé.

"Il y a vraiment vraiment beaucoup de choses qui doivent être clarifiées avant que l'on atteigne cette situation, parce que l'on parle de la sécurité de nos hommes et de nos femmes", a déclaré Mette Frederiksen, Première ministre danoise, ajoutant que la Russie "menaçait toute l'Europe désormais".

Une force de maintien de la paix augmenterait non seulement le risque d’une confrontation directe avec la Russie, mais mettrait également à rude épreuve les armées européennes, qui ont approvisionné l’Ukraine en armes de défense. Des questions se posent aussi sur le financement d'une telle force alors que plusieurs pays sont aux prises avec un déficit budgétaire.

A la sortie de la réunion, le chancelier allemand Olaf Scholz a réitéré son soutien à l'Ukraine, arguant que Kyiv pouvait "avoir confiance en nous".

Olaf Scholz a aussi rapporté que les participants étaient "prêts à dépenser au moins 2% de (leur) PIB pour la défense" mais à condition que cette dépense ne soit pas prise en compte dans les calculs de déficit budgétaire de l'Union européenne.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a aussi appelé à une réforme des règles budgétaires de l'UE, arguant qu'il y avait une "confirmation (...) que les dépenses de défense ne seront plus traitées comme des dépenses excessives".

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré la semaine dernière à la conférence de Munich qu'elle soutiendrait des "clauses de sauvegarde" pour écarter les dépenses nationales de défense des règles de l'UE en matière de plafonnement des déficits. Mais pour ce faire, elle aurait besoin du soutien des gouvernements nationaux.

RELATIONS AMÉRICANO-RUSSES

Le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré lundi soir s'être entretenu avec le président Emmanuel Macron à propos des garanties de sécurité en Ukraine.

"Nous partageons une vision commune: des garanties de sécurité qui doivent être robustes et fiables", a-t-il déclaré sur X.

"Tout autre décision sans de telles garanties - tel un cessez-le-feu fragile - ne serait qu'une nouvelle tromperie de la part de la Russie et un prélude à une nouvelle guerre russe contre l'Ukraine ou d'autres nations européennes", a-t-il aussi écrit.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'entretiendra mardi en Arabie Saoudite avec de hauts responsables américains, dont le secrétaire d'État américain Marco Rubio, au sujet de la fin de la guerre en Ukraine et du rétablissement des relations entre la Russie et les États-Unis.

Sergueï Lavrov a exclu de céder une partie des 20% de l'Ukraine que la Russie contrôle actuellement.

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman s'est entretenu lundi avec Marco Rubio ainsi qu'avec le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et l'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff qui font partie de l'équipe américaine de négociations.

Le président ukrainien Volodimir Zelensky, en visite dans la région, a dénoncé lundi les discussions prévues entre Moscou et Washington lors d'un point presse depuis les Émirats arabes unis.

Les prochains jours diront si Vladimir Poutine est sérieux dans son intention de mettre fin à la guerre en Ukraine, a commenté sur la chaîne CBS le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, qui est arrivé lundi en Arabie saoudite dans le cadre d'une tournée au Moyen-Orient.

Les Européens ont en outre entendu au cours du week-end, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, l'émissaire de Donald Trump pour l'Ukraine, le général à la retraite Keith Kellogg, déclarer qu'ils n'auraient pas leur place à la table des négociations sur la paix en Ukraine. Marco Rubio l'a en partie contredit en déclarant que l'Europe serait forcément impliquée, si de vraies négociations avaient lieu.

Washington a également adressé aux capitales européennes un document leur demandant ce qu'elles étaient prêtes à faire pour contribuer à garantir la sécurité de l'Ukraine.

(Reportage John Irish et Elizabeth Pineau à Paris, Andrew MacAskil à Londres ; Jean-Stéphane Brosse, Diana Mandiá et Zhifan Liu pour la version française, édité par Blandine Hénault, Augustin Turpin et Kate Entringer)

20 commentaires

  • 18 février 11:15

    Mais qui ne travaille pas pour un pays mais pour une certaine élite.... Et sûrement pas pour les peuples européens. D'ailleurs, tout est fait pour les mettre en opposition : libre circulation économique des personnes, travailleurs détachés....


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