Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, lors de l'inauguration de QG de campagne, le 25 novembre 2025 à Lyon ( AFP / ARNAUD FINISTRE )
Une chaise vide là où aurait pu s'asseoir Jean-Michel Aulas aux côtés de cinq autres candidats à la mairie de Lyon: en cette fin de campagne, le favori des sondages se fait discret dans les médias après des prestations critiquées.
Soutenu par la droite et le centre-droit, l'ancien patron de l'Olympique Lyonnais qui, à 76 ans, fait ses premiers pas en politique, s'est attiré les foudres du rédacteur en chef de la radio RCF Lyon lundi, en n'honorant pas une promesse d'interview fixée de longue date.
Ce faux-bond "témoigne d'une campagne 2026 où la peur de trop s'exposer l'emporte parfois sur la nécessaire confrontation des idées", a regretté Jean-Baptiste Cocagne au micro de la radio chrétienne.
Le lendemain soir, cinq de ses rivaux ont participé sans Jean-Michel Aulas à un débat organisé par les magazines locaux Lyon décideurs et Tribune de Lyon, qui avaient placé une chaise vide avec un écriteau portant son nom pour marquer son absence.
Mercredi matin, l'émission "café politique" de BFM Lyon se posait donc la question: "Où est Jean-Michel Aulas ?", et remarquait qu'on ne l'avait plus vu sur aucun média depuis le débat du 24 février organisé par la chaîne avec le Figaro.
Ce soir-là, "la bulle Aulas a explosé (...) lorsque sont venues les questions concrètes", a estimé dans un communiqué l'ancien maire de Lyon et candidat centriste George Képénékian, en l'accusant d'être resté dans "l'à-peu-près".
"Visiblement, certains sont venus avec beaucoup de notes à lire", a également ironisé sur X le président écologiste sortant de la Métropole de Lyon Bruno Bernard, Jean-Michel Aulas ayant parfois eu du mal à s'émanciper de propos préparés à l'avance.
L'intéressé a lui-même fait état le lendemain sur les réseaux sociaux de sa "frustration" après ce "tout premier débat politique", un exercice "avec ses propres codes". "Je ne viens pas du monde politique", a-t-il insisté, comme pour justifier son manque de mordant.
- "Efficaces" -
"Ce n'est pas un orateur, un tribun d'estrade, mais un homme de terrain, un entrepreneur avec sa grammaire qui n'est pas celle des journalistes ni des politiques", renchérit son entourage.
Et s'il s'est trompé sur le prix du métro dans un entretien sur France Inter, ou sur les chiffres de la délinquance, c'est parce qu'"il n'est pas candidat pour être adjoint aux Transports ou à la Sécurité, mais pour être le maire de Lyon et porter une vision."
En cette fin de campagne, il ne s'est pas effacé mais se concentre sur des opérations de "tractage, du porte-à-porte et des réunions publiques", avant un grand meeting la semaine prochaine, explique encore ce proche collaborateur.
Quant aux invitations des médias, il se contente des sorties "efficaces", ajoute cette source, en notant la faible audience de ceux que Jean-Michel Aulas a snobés.
Bruno Bernard relève que le chef d'entreprise et son alliée LR à la Métropole Véronique Sarselli déclinent aussi des débats à l'invitation d'associations lyonnaises. Pour lui, "refuser la confrontation des idées, c'est mépriser les électeurs".
Mais le cercle rapproché de Jean-Michel Aulas assume de "privilégier sa notoriété" et "les sorties qui permettent de révéler sa personnalité, celle d'un homme à portée de main, serviable, pas élitiste".
De fait, Jean-Michel Aulas jouit d'une image très positive à Lyon, héritée de ses 36 ans à la tête de l'OL, qu'il a hissé de la seconde division à la place de champion de France sept ans de suite. Dans tous les sondages, cela se traduit par une avance d'au moins dix points au premier tour sur le maire écologiste sortant Grégory Doucet.
Pour ne pas entamer ce crédit, il mène donc une campagne consensuelle, insiste sur ses colistiers issus de la société civile et a renoncé aux tweets vengeurs dont il avait l'art jusqu'à récemment, affichant plutôt ses soutiens parmi les stars du foot comme Karim Benzema.
"Il est sur le terrain, il fait le choix d'aller vers les habitants", relève aussi au micro de l'AFP Véronique Sarselli. "Il aime Lyon. Et avec sa notoriété, les gens sont contents."

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