Aller au contenu principal
Fermer

A l'Assemblée, le RN maître de l'ordre du jour mais mis en minorité
information fournie par AFP 08/10/2026 à 19:25

Marine Le Pen (g.), candidate du Rassemblement national (RN) à l'élection présidentielle de 2027, et Jordan Bardella, président du RN, participent à une conférence de presse au siège du parti, à Paris, le 6 octobre 2026 ( AFP / MEHDI FEDOUACH )

Marine Le Pen (g.), candidate du Rassemblement national (RN) à l'élection présidentielle de 2027, et Jordan Bardella, président du RN, participent à une conférence de presse au siège du parti, à Paris, le 6 octobre 2026 ( AFP / MEHDI FEDOUACH )

Des thèmes consensuels pour tenter de marquer des points : pour sa journée réservée à l'Assemblée, le Rassemblement national espérait mettre ses adversaires dans l'embarras. Mais au moins jusqu'en début de soirée jeudi, le plan s'est heurté à un barrage de la gauche et du centre.

En début de journée, au milieu de son groupe au grand complet, Marine Le Pen souhaitait revendiquer une victoire forcément symbolique, à un peu plus de six mois de la présidentielle. Sa proposition de résolution sur l'accès à l'eau potable en outre-mer avait été conçue pour ça : un texte pavé de bonnes intentions et sans valeur contraignante - ni possibilité d'amendement, pour aller vite au vote.

La désillusion est vite tombée : par 160 voix contre 156, le RN a échoué à le faire adopter.

L'an dernier, il avait fait voter une résolution visant à dénoncer l'accord franco-algérien de 1968, une première historique à l'Assemblée pour un texte porté par le parti lepéniste.

Cette fois encore, l'extrême droite a pu compter sur les voix de la droite, mais les députés LR et Horizons étaient trop peu mobilisés pour faire pencher la balance.

Le socialiste guadeloupéen Elie Califer a critiqué "un texte d'affichage", la communiste réunionnaise Karine Lebon "une résolution digne d'un concours de Miss France", quand son co-insulaire insoumis Jean-Hughes Ratenon a martelé que LFI "ne danse pas au bal des hypocrites".

En retour, le RN Yoann Gillet a accusé "la gauche et les macronistes" de "traiter nos concitoyens d'outre-mer comme des Français de seconde zone" et leur a prédit qu'ils en paieraient le prix électoral.

"Relooking historique"

La suite du programme l'a confirmé : une autre résolution appelant à l'entrée au Panthéon de trois figures historiques, dont Olympe de Gouges, autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, a été repoussée, par 133 voix contre 158.

Le texte appelait également à la panthéonisation de l'abbé Charles-Michel de l'Epée, précurseur de l'enseignement aux sourds-muets, et de Zéna M'Déré, cheffe de file du mouvement des "chatouilleuses", qui se sont battues pour une Mayotte française.

Sans contester l'importance de ces trois figures, de nombreux députés ont dénoncé une instrumentalisation de l'Histoire par le parti d'extrême droite.

Le RN "tente aujourd'hui une opération de relooking historique", a lancé la députée socialiste Colette Capdevielle.

"Ne soyons pas dupes", a abondé la députée Renaissance Nicole Dubré-Chirat. Ce texte "est davantage un outil de communication politique sur le volet mémoriel, qu'un véhicule législatif approprié pour panthéoniser trois personnalités au parcours admirable."

Une pétition signée par des universitaires spécialistes de cette figure de la Révolution a également dénoncé une tentative du RN de "se grimer" ainsi en formation féministe.

Deux autres résolutions, plus clivantes, ont également été rejetées : l'une sur la "priorité nationale" dans la commande publique par 187 voix contre 151. Tout comme celle visant à "refonder l'espace Schengen" en créant une "double frontière" contre l'immigration (144 voix contre 199).

Retour des ZFE

Le parti d'extrême droite misait sur ces initiatives pour se donner de l'élan et faire oublier la polémique qui vise depuis dix jours son président Jordan Bardella, accusé d'écrits de jeunesse antisémites - ce qu'il dément farouchement.

La gauche ne s'est pas privée d'évoquer l'affaire à plusieurs reprises dans la journée. Un simple échauffement avant de probables passes d'armes plus vives dans la soirée, avec les discussions sur une proposition de loi supprimant les zones à faibles émissions, qui visent les voitures polluantes.

Un sujet sur lequel une partie du bloc central, la droite, et même La France insoumise pourraient se retrouver en difficulté, puisque alignées sur le même objectif.

Initiées en 2019, ces zones entendent limiter dans certaines grandes villes les émissions de particules fines, responsables de maladies respiratoires et de décès. Mais elles font l'objet de critiques dépassant les clivages politiques, notamment au nom de la défense des ménages n'ayant pas les moyens de changer de véhicule.

L'Assemblée a voté récemment pour leur suppression à l'occasion de l'examen d'une loi sur la simplification, mais le Conseil constitutionnel a invalidé cette décision, jugée sans lien avec le texte initial.

3 commentaires

  • 15:18

    Avec cette gauche, tout ce que proposera le RN sera rejeté. Sauf que c'est prendre les gens pour des imbéciles... C'est un bien mauvais calcul


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Photo diffusée par la Nasa montrant la capsule Dragon, transportant l'équipage de Crew-12, lors de son amerrissage dans le Pacifique, au large de Los Angeles, le 8 octobre 2026 en Californie ( NASA / Keegan Barber )
    information fournie par AFP 08.10.2026 20:24 

    Sophie Adenot et ses trois camarades de la mission Crew-12 ont amerri jeudi comme prévu au large de la Californie, couronnant une mission de près de huit mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Après plus de 27 heures de voyage retour, la capsule ... Lire la suite

  • Manifestation de lycénes à Marseille, le 8 octobre 2026 ( AFP / Miguel MEDINA )
    information fournie par AFP 08.10.2026 20:13 

    Voici les derniers développements jeudi, jour de "l'acte IV" du mouvement des lycéens parti mi-septembre de la région parisienne avant de s'étendre en France. Avant l'intervention télévisée sur TF1 à 20H du ministre de l'Education nationale Edouard Geffray avec ... Lire la suite

  • Des manifestants font face à un canon à eau lors d'une manifestation de lycéens place de la Bastille, à Paris, le 8 octobre 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )
    information fournie par AFP 08.10.2026 20:10 

    Le ministre de l'Education Edouard Geffray doit présenter au 20h00 de TF1 des "premières mesures concrètes pour les lycéens", de nouveau mobilisés jeudi dans un contexte tendu avant une nouvelle journée d'action prévue mardi 13 octobre. Au total, 71.500 personnes ... Lire la suite

  • Le leader de Place publique, Raphaël Gluscksmann, à Cléon le 2 octobre 2026 ( AFP / Guillaume SALIGOT )
    information fournie par AFP 08.10.2026 20:01 

    Après des débats souvent rugueux, Raphaël Glucksmann reste le favori de la primaire sociale-démocrate, mais est loin d'avoir levé tous les doutes, à la veille du premier tour. Il était attendu au tournant: très identifié parmi les cinq candidats mais moins aguerri ... Lire la suite

Pages les plus populaires