Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (g), quitte la cour d'appel de Paris le 7 juillet 2026, après le prononcé de l'arrêt en appel pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen ( AFP / Dimitar DILKOFF )
À Hénin-Beaumont, fief électoral de Marine Le Pen, des électeurs RN se disaient soulagés mardi soir de sa décision d'être candidate à la présidentielle de 2027, après sa peine réduite en appel et son intention de se pourvoir en cassation.
"On est soulagé qu'elle puisse se représenter", a réagi auprès de l'AFP Julie Leclercq, 38 ans.
"Elle a toujours été, au niveau de la circonscription, présente pour les habitants. Elle est toujours là aux événements, elle est fort proche des habitants, de ses concitoyens", a encore estimé cette technicienne de laboratoire au sujet de la députée du Pas-de-Calais.
Sonia, 40 ans, aide-soignante à domicile, se dit elle aussi rassurée du choix de Mme Le Pen. Mais de toute façon, il y avait Jordan Bardella prêt à reprendre le flambeau au cas où, et elle n'avait "pas trop de préférence" entre les deux.
"Que ce soit Bardella ou Marine Le Pen, pour moi c'est pareil, je voterai quand même pour eux", estime aussi Johan Kowalski, sans emploi, 36 ans. "C'est le même parti. Moi je ne vote pas pour quelqu'un, je vote pour leurs idées".
Malgré sa condamnation confirmée mardi par la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens du RN, Marine Le Pen a annoncé au journal télévisé de 20H00 de TF1 qu'elle serait bien la candidate de son parti à l'élection présidentielle, et qu'en cas de victoire, Jordan Bardella serait son Premier ministre.
Elle compte se pourvoir en cassation, ce qui suspend le port du bracelet électronique à laquelle elle a été condamnée pour un an.
La cheffe de file du RN prend toutefois le risque de devoir en porter un dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, si elle était définitivement condamnée par la Cour de cassation. Celle-ci avait annoncé en amont que si elle était saisie, elle statuerait vers la fin de cette année.
"On ne pourrait pas s'en passer"
Sa peine complémentaire d'inéligibilité a été réduite à 15 mois ferme. Et comme cette peine avait déjà commencé à s'appliquer dès sa condamnation en première instance en mars 2025, Mme Le Pen est donc redevenue éligible pour la présidentielle.
"Je préfère Marine Le Pen à Jordan Bardella, elle a plus de charisme, plus d'expérience, Bardella est un peu jeune en politique", juge Paul Bernard, 72 ans, ancien chef de rayon dans un supermarché, désormais retraité.
"Une élection présidentielle sans Marine Le Pen, c'est pas une élection présidentielle", assène Eric Winkler, 66 ans, un habitant de Drocourt, une autre commune du bassin minier du Pas-de-Calais remportée par le RN aux municipales de mars.
"C'est une figure du parti, c'est une figure d'Hénin-Beaumont, on ne pourrait pas s'en passer", ajoute-t-il.
À Hénin-Beaumont, mairie RN depuis 2014 et où elle cultive un enracinement local depuis près de 20 ans, Marine Le Pen avait récolté 67% des suffrages au second tour de la présidentielle de 2022.
Mais il y a aussi des mécontents: Mme Le Pen "n'aura pas ma voix" l'an prochain, promet Johannes Ykema, 77 ans. "Si elle a fauté, il faut qu'elle paye. Il y en a d'autres qui ont fauté, qui ont payé. Il faut qu'elle paye, c'est tout".

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