Le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'hôtel Matignon, le 10 avril 2026 à Paris ( POOL / Ian LANGSDON )
Après le syndicat Sud, le groupe écologiste à l'Assemblée nationale a annoncé mardi avoir à son tour déposé un recours devant le Conseil d'Etat contre les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu sur le 1er-Mai, qu'ils accusent d'"abus de pouvoir".
Une audience se tiendra mercredi à 11H00 au Conseil d'Etat. La députée de l'Après Danielle Simonnet, membre du groupe écologiste, s'y rendra et s'attend ensuite à une décision avant le 1er mai, soit avant vendredi, a-t-elle dit à l'AFP.
Il y a un peu moins de deux semaines, Sébastien Lecornu avait annoncé que les salariés volontaires des boulangeries et fleuristes indépendants pourraient travailler le 1er-Mai 2026, jour férié et chômé. Il avait déclaré qu'une "instruction" serait "donnée à l'ensemble des services de l'Etat" en ce sens.
Une solution d'urgence après qu'une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er-Mai avait suscité une forte opposition des syndicats et des menaces de censure du gouvernement. Ce dernier avait finalement repoussé l'examen du texte.
"Quatre jours plus tard, Sébastien Lecornu a annoncé sur le perron de Matignon ce que le Parlement ne lui avait pas accordé", dénonce le groupe Ecologiste et social dans un communiqué. "C'est un contournement délibéré de la représentation nationale, une atteinte frontale à la séparation des pouvoirs, un piétinement du Parlement."
"Le gouvernement s'en est pris à l'inspection du travail, en lui donnant pour instruction de ne pas verbaliser", alors que les inspecteurs "témoignent déjà de consignes contradictoires entravant leurs contrôles", ajoute le communiqué.
Dans le détail, deux recours, l'un en référé-suspension et l'autre au fond, ont été déposés devant le Conseil d'État.
SUD commerces et services a également annoncé avoir déposé dimanche deux requêtes, dont une en référé-suspension.
L'audience mercredi portera à la fois sur le recours du syndicat et celui du groupe écologiste, selon Mme Simonnet.
Mardi matin, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, s'est aussi insurgée contre les annonces du Premier ministre.
"Nous ne sommes pas d'accord sur le fait qu'en République, un Premier ministre puisse décider que la loi puisse être jetée à la poubelle selon son bon vouloir", a-t-elle déclaré en conférence de presse. "Le 1er-Mai, les salariés doivent soit rester chez eux, (...) soit encore mieux venir manifester pour des droits nouveaux."

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