BULLETIN DU MATIN: 24 mai 2011 24/05/2011 07:57
Les Bourses européennes devraient être stables à l'ouverture
ACTIONS
Les valeurs européennes pourraient ouvrir en très légère hausse mardi. Les craintes à l'égard des problèmes de dette dans la zone euro persistent, mais les signes de stabilisation d'autres marchés pourraient soutenir les places boursières de la région.
IG Markets prévoit que le FTSE ouvrira en hausse de 2 points à 5.830 points, tandis que le DAX prendrait 4 points à 7.126 points et le CAC, 1 point à 3.908 points.
Des opérateurs notent que les investisseurs mondiaux sont sur la défensive et que les prix des matières premières se retrouvent sous pression après plusieurs mois de hausse, alors que la croissance économique de la Chine semble ralentir, tandis que celle des Etats-Unis et l'Europe se révèle, au mieux, modeste.
Ils indiquent par ailleurs que la nouvelle éruption volcanique en Islande pourrait perturber le trafic aérien, comme cela s'est déjà produit l'an dernier en raison de l'éruption de l'Eyjafjöll. De nombreuses compagnies aériennes ont décidé d'annuler des vols mardi.
Frédéric Aubel, opérateur chez Global Equities, explique que les investisseurs attendent le sommet du G8 cette semaine en France, espérant que se dessineront à cette occasion des "solutions pour la zone euro au vu de la dégradation de la situation" sur le front des dettes souveraines.
"L'Union européenne doit présenter une solution durable", indique F.Aubel, pour qui il est nécessaire de mettre un terme aux spéculations autour d'une restructuration de la dette grecque, ce qui contribuerait à rassurer les investisseurs.
Les contrats à terme américains s'inscrivent en légère hausse mardi. Wall Street a clôturé en nette baisse lundi, pénalisée par les inquiétudes liées aux problèmes de dette souveraine en Europe, qui ont suscité une forte hausse de la demande d'actifs refuges au détriment des actions.
En Asie, les places boursières présentent un tableau contrasté mardi, les achats à bon compte après les forts reculs de la séance précédente étant contrebalancés par les craintes relatives à l'économie chinoise et aux problèmes de dette de la zone euro.
OBLIGATIONS
Les Bunds et les gilts pourraient ouvrir mardi sur une note contrastée, alors que les investisseurs gardent les yeux rivés sur les problèmes de dette de la zone euro et des Etats-Unis.
Le marché sera attentif à plusieurs indicateurs économiques clés pour la zone euro, notamment les nouvelles commandes à l'industrie et l'indice IFO du climat des affaires en Allemagne, qui devraient permettre d'évaluer l'évolution de la croissance.
Les emprunts du Trésor américains sont stables mardi. Une nouvelle série de dégradations de perspective et de note de crédit ont exacerbé lundi les craintes liées aux dettes souveraines européennes, et incité les investisseurs à se tourner vers les actifs refuges. Les rendements des obligations ont glissé vers leurs plus bas niveaux de l'année.
Par ailleurs, aux inquiétudes relatives aux dettes souveraines sont venues s'ajouter des craintes de ralentissement de la croissance. Des données peu encourageantes publiées en Allemagne ont fait écho à celles annoncées en Chine, signalant un ralentissement de leurs secteurs industriels.
Les dernières statistiques économiques suggèrent un affaiblissement de la conjoncture aux Etats-Unis, mais elles devraient s'améliorer d'ici la fin de l'année, a indiqué lundi James Bullard, président de la Fed de Saint Louis.
D'après lui, l'activité économique du pays devrait être "raisonnablement solide" au second semestre 2012, même si la Fed met un terme à son deuxième programme d'assouplissement quantitatif à la fin juin.
La Réserve fédérale va probablement opter pour un statu quo sur ses taux après la fin du programme, pour se laisser le temps d'évaluer la vigueur de l'économie américaine, a-t-il ajouté.
CHANGES
L'euro se stabilise mardi, mais les opérateurs ne pensent pas que la monnaie unique va regagner beaucoup de terrain.
Elle pourrait même recommencer à se déprécier, après être tombée lundi en dessous du seuil de 1,40 dollar pour la première fois depuis mars. L'aggravation de la crise de la dette, les signes de ralentissement de la croissance mondiale et le repositionnement des intervenants sur les marchés des changes risquent en effet de continuer à peser sur la devise européenne.
Aux yeux de certains analystes, le prochain objectif pour l'euro est plus probablement 1,35 dollar que 1,45 dollar.
"Je le vois facilement reculer jusqu'à 1,35 dollar cette semaine", déclare Andrew Wilkinson, analyste à Interactive Brokers à Greenwich, dans le Connecticut.
Jens Nordvig, responsable de la stratégie de changes G10 de Nomura Securities à New York, estime quant à lui que la monnaie unique ne devrait pas descendre vers 1,30 dollar à court terme, même si la devise va rester sous pression.
La livre sterling, qui évolue de façon contrastée mardi, semble devoir se maintenir dans des fourchettes étroites pour le moment.
PETROLE
Les cours du pétrole sont en hausse mardi, soutenus par des signes d'augmentation de la demande de brut en provenance de Chine, indiquent les analystes.
A 06h00, le contrat de juillet sur le Brent de la mer du Nord coté à Londres avançait de 61 cents à 110,71 dollars le baril, tandis que vers 07h00, le contrat de juillet sur le brut léger coté à New York gagnait 63 cents à 98,33 dollars le baril.
"La demande apparente de brut de la Chine a atteint en avril une moyenne de 9,37 millions de barils par jour, soit une hausse de 8,3% sur un an, en raison d'un accroissement de la demande pendant la saison des semences de printemps", explique Shailaja Nair, analyste chez Platts.
Les analystes indiquent que le marché attend par ailleurs des données supplémentaires sur la demande de brut, dont celles de l'American Petroleum Institute.
Les problèmes de dette souveraine de la zone euro et l'appréciation du dollar limitent toutefois la progression des cours de l'or noir.
Goldman Sachs, citant l'interruption de l'approvisionnement en provenance de Libye, a relevé ses prévisions pour les prix du Brent à 120 dollars le baril pour la fin 2011, contre 105 dollars précédemment, et à 140 dollars le baril pour la fin 2012, contre 120 dollars. Ses prévisions à douze mois ont été relevées à 130 dollars, contre 107 dollars.