BULLETIN DU MATIN: 11 avril 2011 11/04/2011 07:59
Les marchés d'actions devraient fléchir à l'ouverture
ACTIONS
Les places boursières européennes, pénalisées par le recul de Wall Street vendredi, pourraient ouvrir en légère baisse, tandis que les investisseurs se concentrent sur les problèmes de dette dans la zone euro et tentent d'évaluer l'impact de l'augmentation des cours du pétrole sur la croissance et les résultats des entreprises.
IG Markets prévoit que le FTSE commencera la séance en repli de 7 points à 6.048 points, tandis que le DAX perdrait 14 points à 7.203 points et le CAC, 13 points à 4.048 points.
Au Royaume-Uni, les banques pourraient être soumises à une plus forte concurrence en vertu des propositions contenues dans un rapport de l'Independent Commission on Banking, qui entraîneraient une vaste refonte du secteur, d'après une information publiée dimanche par le Financial Times.
Les contrats à terme américains s'inscrivent en hausse lundi. Wall Street s'est légèrement repliée vendredi, dans un climat de prudence en raison du risque d'une paralysie de l'administration américaine, qui a été évitée par la conclusion d'un accord sur le budget.
Les intervenants du marché attendent également les publications de résultats d'entreprises du premier trimestre, qui doivent débuter ce lundi. Les investisseurs s'attendent de manière générale à des chiffres solides pour le trimestre, mais redoutent les déclarations des entreprises sur leurs perspectives et la hausse des prix des matières premières. Alcoa devrait publier des chiffres en hausse lundi.
Le Nikkei s'inscrit en baisse lundi, après des statistiques décevantes suscitant des craintes quant à la gravité de l'impact du séisme du 11 mars et du tsunami qui a suivi.
OBLIGATIONS
Les Bunds et les gilts pourraient commencer la séance en demi-teinte lundi, tandis que les investisseurs intègrent les conclusions plutôt optimistes de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne consacrée à la dette, qui s'est tenue vendredi et samedi en Hongrie. Les ministres européens ne semblent en effet pas redouter que l'Espagne doive à son tour, comme le Portugal, demander une aide financière.
"L'Espagne n'est pas un problème", a déclaré la ministre française de l'économie, Christine Lagarde, à propos de la situation budgétaire espagnole.
Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a quant à lui déclaré samedi lors d'une conférence de presse en Hongrie que l'Union européenne continuait d'exclure la possibilité d'une restructuration de la dette grecque.
Les prix des emprunts d'Etat américains se replient lundi. Le marché a déjà fléchi vendredi, les investisseurs commençant à craindre que la Réserve fédérale américaine s'y prenne trop tard pour maîtriser la menace de l'inflation. Diverses déclarations faites par des responsables de la Fed ont fait naître ces inquiétudes et incité les investisseurs à se désengager des titres à maturité longue, à l'approche d'une série d'adjudications prévues cette semaine. La perspective de ces émissions de dette pèse sur le marché obligataire, mais de nombreux analystes s'attendent cependant à un rebond juste avant les adjudications, car le mouvement de vente a rendu les titres bon marché. Le Trésor américain a prévu d'émettre pour 66 milliards de dollars de dette, dont 32 milliards de titres à trois ans, 21 milliards à échéance 10 ans et 13 milliards d'obligations à 30 ans.
CHANGES
L'euro, la livre et le dollar se replient face au yen, qui se redresse légèrement alors que les perspectives pour le billet vert restent moroses.
Si le dollar a eu un peu de répit vendredi soir après que républicains et démocrates ont fini par conclure un accord sur le budget de l'Etat fédéral pour éviter une paralysie de l'administration, de nombreux investisseurs tendent encore à sanctionner la devise américaine.
Le contexte international en termes de politique monétaire rend plus attrayant l'achat de devises liées aux matières premières et sensibles à l'inflation, observent des analystes.
Le billet vert "reste sous pression", signale Michael Woolfolk, stratégiste changes chez BNY Mellon à New York. "Les intervenants sont très attentifs à ce que [la Fed] va faire, et [son président Ben] Bernanke a indiqué qu'il estimait que le renforcement de l'inflation ne serait qu'un phénomène temporaire", remarque-t-il.
PETROLE
Les cours du pétrole ont fléchi lundi pendant la séance en Asie, sous l'effet de prises de bénéfices après la progression enregistrée la semaine dernière. La tendance générale reste néanmoins haussière, en raison de l'instabilité politique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Les analystes pensent que le repli sera "modeste", car les investisseurs continuent de craindre des ruptures d'approvisionnement si les troubles augmentent dans les pays producteurs de pétrole.
Vers 07h00, le contrat de référence de New York, sur le brut léger doux pour livraison en mai, gagnait 7 cents à 112,86 dollars le baril. Il est monté vendredi à son plus haut niveau en plus de deux ans pendant la séance aux Etats-Unis.
A 06h00, le contrat sur le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai perdait 83 cents, à 125,82 dollars le baril.
"Le pétrole a vraiment grimpé la semaine dernière [...] et maintenant il se replie un peu", commente Victor Shum, analyste du cabinet Purvin and Gertz, à Singapour.
"Franchement, le pétrole est suracheté à ces niveaux", estime-t-il. Il ajoute néanmoins que l'humeur générale sur le marché pétrolier favorise une hausse des prix, principalement à cause des craintes que les troubles dans les pays producteurs de pétrole puissent entraîner une perturbation de l'offre.