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Taux : CRISE "O.B.L.I.G.A.T.A.I.R.E"

22 mars 2011 21:09

Au tour de l'Italie "à cause" de la Libye?

Je crains que les prochaines semaines puissent faire apparaître une crise de confiance dans la dette souveraine de l’Italie. Il y a pour cela plusieurs raisons convergentes, et un climat difficile.

Ce qui pourrait amener les investisseurs à regarder de plus près la situation italienne est clairement l’impact sur la patrie de notre civilisation des troubles libyens. La Libye est une ancienne colonie italienne. La relation entre les deux pays est historique : on se souviendra de la situation particulière qui prévalut durant la Seconde Guerre Mondiale ou l’Italie, dans le camp de l’Allemagne, favorisait le ravitaillement des divisions du Maréchal Rommel établies en Libye.


Il existe également des liens économiques étroits. La Libyan Investment Authority a des investissements dans la Juventus de Turin, et plus important, avec la Banque Centrale Libyenne, 7,5% du capital d’Unicredit, la plus importante banque italienne. Ce n’est que la partie officielle, et quelle que soit l’issue du conflit libyen, le Ministre des Finances italien a mis en garde sur les effets déstabilisateurs d’une requête des forces révolutionnaires sur ces actifs qui sont maintenant gelés suite aux mesures prises tant au niveau des Nations Unies que de l’Union Européenne. On comprend mieux la « prudence » des Italiens face à toute intervention militaire en Libye. D’autant plus que, dès la fin de l’embargo sur la Libye, l’Italie a été son principal fournisseur d’rames. Elle dépend à concurrence de 10% du pétrole italien et a des contrats en cours importants. ENI, la société pétrolière italienne, dispose d’un cinquième de ses ressources en Libye. A cela s’ajoute des participations dans Finmeccanica et Fiat. Il avait même pousse l’amitié jusqu’à baiser la main du Colonel.

L’aspect humain est particulièrement inquiétant. L’île de Lampedusa est la première étape des immigrants libyens qui cherchent à entrer dans l’Union Européenne. De surcroît, il existe une crainte de voir les émigrants clandestins africains utiliser la Libye comme passage, ce que la Libye avait empêché. La France, par la voix de son Ministre des Affaires Européennes, Laurent Wauquiez, soutient la demande italienne d’une solution européenne et par le de 200.000 à 300.000 immigrants par an.

Tout cela ne peut pas ne pas impacter la dette souveraine italienne. Il y a quelques jours, Mario Draghi, un des plus éminents dirigeants européens, Gouverneur de la Banca d’Italia et President du Conseil pour la Stabilité Financière (et probablement candidat à la succession de Jean-Claude Trichet a la Banque Centrale Européenne) a envoyé aux banques italiennes un sérieux signal d’alarme sur leurs besoins de fonds propres additionnels. La banque Monte dei Paschi di Siena semble être particulièrement visée. Il demande en particulier d’augmenter leur capital ou de faire connaître leurs plans dans ce sens avant que les stress tests des banques européennes, dont on nous annonce qu’ils seront plus sévères que les précédents, soient effectués. Les banques semblent elles-mêmes en état de déni face à ces besoins, et en particulier Dieter Rampel, le patron de … Unicredit.

Mais la situation de la dette publique est inquiétante. Avec un ratio de 119% du Produit National Brut, l’Italie est dans des zones proches de ses voisins méditerranéens. A cela s’ajoute une situation inquiétante de près de 600 municipalités italiennes qui ont spéculé en s’endettant en devises qui se sont appréciées par rapport à l’Euro, en particulier le Yen. Fabio Saccomani, l’adjoint de Mario Draghi n’a pas mâché ses mots : même s’il ne croit pas que l’Italie aura besoin d’une intervention du Fonds Européen de Stabilité Financière, il en demande l’augmentation. On comprend l’enjeu : la dette italienne atteint 1.800 milliards d’euros soit six fois celle de la Grèce. , La marge au-dessus de l’Allemagne a longtemps été supérieure à celle de l’Espagne et reste trop élevée pour donner une marge de manœuvre a l’Italie.

Il vaudrait en tous cas mieux que la crise ne se produise pas pendant les audiences judiciaire du Premier Ministre Silvio Berlusconi qui a annoncé qu’il démontrerait devant le tribunal que « Ruby » n’était pas en dessous de l’âge d’avoir les rapports sexuels qu’il a eus avec elle. C’est probablement a cause de ses problèmes judiciaires qu’il a fallu au Premier Ministre italien plusieurs jours pour dénoncer l’insurrection libyenne.

Inutile de dire qu’une crise de la dette souveraine italienne provoquerait une contagion gravissime dans toute l’Eurozone qui doit prendre des orientations importante a la fin de cette semaine.

2 réponses

  • 05 avril 2011 19:25


  • 13 septembre 2011 22:50

    L'Italie nie avoir demandé l'aide de la Chine

    Rome affirme ce mardi soir que les discussions avec le patron du fonds souverain chinois CIC portaient sur des investissements industriels et non sur des achats d'obligations d'État.


    L'Italie n'aurait pas demandé l'aide de la Chine pour sortir de ses problèmes de dettes souveraines. C'est ce qu'affirme ce mardi soir Antonio Gentile, secrétaire d'Etat italien à l'Economie. Contrairement à l'information du Financial Times selon laquelle Rome aurait demandé à Pékin de procéder à d'importants rachats de titres de sa dette souveraine, ce dernier affirme que «nous n'avons demandé aucune aide particulière à la Chine. La demande de titres d'Etat italiens tient bon».

    Antonio Gentile reprend ainsi les propos d'un membre du gouvernement italien qui soulignait, dès lundi soir, que le rachat de titres de dettes de l'État italien n'était pas au centre des négociations qui auraient eu lieu plusieurs semaines auparavant. Certes, le ministre des Finances Giulio Tremonti, ainsi que des responsables de la Cassa despositi e prestiti, ont rencontré Lou Jiwei, le président de China Investment Corp (CIC), accompagné d'une délégation, à Rome. Mais «il n'y a aucune opération extraordinaire d'achat de titres de dette avec la Chine mais seulement des rencontres institutionnelles prévues de longue date pour évaluer des opportunités d'investissement en Italie, surtout à caractère industriel», a poursuivi le secrétaire d'État.

    Cette rencontre était relative aux investissements industriels et non aux obligations d'Etat», a assuré plus tard une autre source gouvernementale.
    Soulagement des marchés

    En tout cas, l'information a eu un effet immédiat sur les marchés d'actions. Les Bourses européennes ont clôturé ce mardi sur un net rebond, malgré ces informations contradictoires. Hier, la nouvelle avait déclenché une remontée fulgurante des indices américains qui ont terminé la séance en hausse alors qu'ils étaient, à l'instar de l'ensemble des places européennes, en nette baisse peu avant cette information. Les marchés des changes ont également réagi. L'information a renforcé l'euro, qui s'échange à 1,3692 dollar dans la soirée.

    L'ensemble des indices boursiers du monde entier est en effet suspendu aux moindres informations liées à l'état des dettes souveraines de la zone euro. De fait, la crainte d'une contagion de la crise grecque fait trembler les marchés.

    La tension reste toutefois vive. L'Italie ne parvient pas à retrouver la confiance des investisseurs et ce mardi encore, les taux italiens se sont envolés lors d'émissions obligataires.
    La Chine s'est engagée à soutenir la zone euro

    L'hypothèse d'un soutien de la Chine à destination de la zone euro est particulièrement prise au sérieux par les marchés car la Banque centrale de Chine se récemment dit prête à soutenir les pays en difficulté pour rembourser leur dette.

    Par ailleurs, la Chine est déjà venue à la rescousse de pays de la zone euro en difficultés ces derniers mois. Fin mai, Pékin avait fait part de son intention d'acheter des titres de dettes émis par le Fonds européen de stabilité pour le Portugal. En janvier, la Chine avait acheté des titres européens destinés à renflouer l'Irlande. Et dès le début de la crise, la Chine était venue en aide à l'Europe malade de ses dettes. En début d'année, le pays avait acheté des obligations d'Etat espagnolespour une centaine de millions d'euros. L'empire du milieu s'est également engagé à acquérir des obligations grecques

    En aidant l'Union européenne maintenant, la Chine diversifie ses investissements en titres de dettes. En outre, le pays gagne des marges de manœuvre dans des négociations futures.


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