Voilà une action qui pourrait rebondir. Après
un pic en 2007 à 62 , le cours de Séchilienne-
Sidec est à la peine. Le titre a baissé au cours
dune année 2009 pourtant marquée par
un rebond des marchés, et son parcours en 2010 est franchement calamiteux, avec déjà une chute de près de 20 % depuis le début de lannée.
Séchilienne-Sidec a cependant de quoi
séduire. Ce producteur français délectricité
exploite des centrales thermiques de moyenne
puissance, situées dans les départements
doutre-mer (Antilles et Réunion) ainsi quà
lîle Maurice.
La société, indépendante, se présente également
comme une valeur verte, car elle sest largement diversifiée dans les énergies renouvelables. Leader
de la filière biomasse, lentreprise produit ainsi de lélectricité à partir de la bagasse, matière
issue de la canne à sucre. Elle exploite également des parcs éoliens en France métropolitaine
et des installations dénergie photovoltaïque en Europe et dans les DOM.
En cette période de crise, Séchilienne-Sidec disposait donc, a priori, dun profil des plus
rassurants, alliant sécurité et
croissance. Lénergie reste un bien de première
nécessité, et les besoins en la matière ne peuvent
que croître au cours des prochaines années. De
plus, les préoccupations écologiques deviennent
primordiales. Face aux ressources fossiles
polluantes, les énergies renouvelables, dont la
société sest fait une spécialité, sont largement aidées par les pouvoirs publics et
disposent dun potentiel de croissance important.
Mais, rapporte Le Revenu, cette excellente
image a été, ces derniers temps, quelque peu
ternie par des incidents à répétition dans les
centrales du groupe.
La liste de ces dysfonctionnements est longue :
de nombreuses pannes ont eu lieu dans différentes
unités de production, outre-mer, et
des grèves ont éclaté à la Guadeloupe et à la
Réunion, provoquant larrêt momentané de
certaines centrales. Des conditions de vent peu
favorables ont également perturbé la productivité
des installations éoliennes. Surtout, le
coût du charbon a baissé ; or, les tarifs de
lélectricité de Séchilienne- Sidec sont précisément, par contrat, indexés sur le prix
de cette matière fossile.
Dans ces conditions, il nest guère étonnant que, en 2009, le chiffre daffaires (244 M) ait baissé de 20 %. Les résultats financiers, non encore publiés, ne seront, estime à juste titre Le Revenu, sûrement
pas très bons. Le confortable bénéfice
net de 2008 (61 M) devrait se retrouver
sérieusement raboté. Mais lhebdomadaire,qui recommande la valeur à lachat, estime
que la sanction des marchés est trop sévère.
Cette avalanche de mauvaises nouvelles, qui
ont plombé le cours de laction, ne devrait,
en principe, pas se reproduire et les comptes,
après une année 2009 difficile, devraient
safficher en net redressement à lavenir. La
valorisation actuelle de la société ne reflète
pas le retour à une activité redevenue normale,
et encore moins ses excellentes perspectives.
Séchilienne-Sidec disposait, au 31 décembre
2009, dune solide capacité de production
installée de 601 MW. Plus de 10 % de ce
montant concernait lexploitation des activités
éolienne et photovoltaïque, en très forte
augmentation, avec une progression marquée
du parc existant.
De nouvelles capacités de production sont en
cours de construction. La société ne manque
pas de dynamisme. De 2004 à 2008, le chiffre
daffaires a ainsi été multiplié pratiquement
par six !
Le cours relativement modique de Séchilienne-
Sidec paraît une bonne opportunité pour se
placer sur cette entreprise davenir.