juuillet
12 mai 2012
JP Morgan : il faut éradiquer la culture machiste des produits dérivés
Il est temps de prendre des mesures draconiennes à lendroit des responsables des activités en produits dérivés et déradiquer une culture machiste et incontrôlable. Cette activité na rien à faire en banque. Paul Vocker lavait demandé. Le Dodd Frank Act contient des dispositions qui font partie de cette Volcker Rule : mais le lobby des banques tant aux Etats Unis quen Europe a réussi à faire peur aux autorités de contrôle.
La règlementation européenne qui vient dêtre publiée na pas prévu cette ségrégation indispensable. Les gouvernements européens se sont laissés convaincre quune Volcker Rule nétait pas nécessaire en Europe. Michel Barnier na pas proposé de telles mesures à la Commission Européenne. Faut-il rappeler que ce sont les banques françaises qui dominent ce marché ?
Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, venait de se lancer dans une campagne contre Paul Volcker, accusant sa proposition de « futile » et « non conforme aux faits » lors dun diner à Dallas qui rassemblait le gratin de la finance. Sa campagne personnelle fait de lui la cible de toutes les critiques : il a autorisé une activité spéculative pour compte propre qui tentait de valoriser les liquidités de la banque.
Cinq cas exemplaires en produits dérivés.
Le problème nest pas seulement un problème de règlementation, même si elle est indispensable, mais darrêter les dégâts provoqués par des responsables dune activité qui se caractérise par des scandales provoqués par des egos surdimensionnés. Ce sont des spéculateurs qui se font embaucher dans les banques parce quelles ont des big pockets.
Baring Brothers est tombée en faillite à cause dun rogue trader, Nicholas Leeson, 28 ans, qui gérait lactivité de trading en produits dérivées sur lindice Nikkei 225 à Singapore. Il a passe plusieurs années en prison.
La Société Générale a perdu 5 milliards deuros sur des opérations spéculatives sur les indices boursiers. Elle la imputé à Jérôme Kerviel, 34 ans, frais émoulu des opérations de back office
LUBS a connu une situation identique : un trader de 31ans, Kweku Adoboli, opérait dans léquipe Delta 1 trading, spécialisée en produits dérivées et a perdu 2 milliards de dollars à Londres
A Goldman Sachs, après une fraude perpétrée par un trader français de 31 ans, Fabrice Tourré, sur les produits hypothécaires pour laquelle la firme a payé $ 550 millions damende, un responsable de lactivité de produits dérivés à Londres, Greg Smith, est parti en publiant dans la New York Times la manière dont lhonorable firme opérait ces activités en dépit des principes éthiques éthique et du sens du client
A JP Morgan, Londres, cest un trader français, Bruno Iksil, affublé de noms aussi symboliques que the London Whale (la baleine de Londres) et Voldemort, le grand ennemi dHarry Potter, qui a fait perdre 2 milliards de dollars dans des opérations de couverture risquées. Son patron, Ina Drew, a eu un bonus de $ 13,5 millions pour les bons résultats de 2011. En six semaines il a perdu $ 2 milliards...et le 6 avril, le Wall Street Journal avait fait état des inquietudes de la City face aux prises de positions en Credit Default Swaps.
Morgan Stanley est aux prises avec un risque de baisse de notation pour n'avoir pas eloigne son portefeuille en produits dérivés de son activité bancaire.
Le déni de responsabilité des dirigeants.
Il y a dans certains milieux de la finance, une culture de lego, de la domination machiste qui refuse tout contrôle. Ces génies ont collectivement fait perdre des dizaines de milliards de dollars. Et pourtant, personne nose sattaquer à ce milieu dont les comportements sont répréhensibles. Dans trois scandales, ce sont trois traders français (dont deux Centraliens), Fabrice Tourré (Goldman Sachs), Jérôme Kerviel (Société Générale) et Bruno Iksil (JP Morgan) qui se sont singularisés. Mais derrière cette observation, une question reste ouverte : comment confie-t-on de tels risques a des employés aussi jeunes quinexpérimentés ? Comment peut-on les controler?
Nous continuons daller de scandale en scandale, et chaque fois, la direction des institutions concernées est dans le déni de sa responsabilité. Elle blâme des jeunes traders qui perdent des milliards
sans contrôle ? Elle est pourtant directement responsable du maintien conscient, malgré les expériences de 2008, dune activité spéculative pour fonds propres et dune culture potentiellement explosive.
Or, c'est précisement ce type d'activité que les dirigeants de banques tentent désespérement de maintenir. Ils implorent la nécessité de hedging. Ils ont obtenu une exception qui, selon le Senateur Car Levin, "permet a un camion de passer a travers". Seulement voila, le hedging en lui-meme comporte des risques qui peuvent se cumuler. Dans le cas présent, la perte nette pour JP Morgan sera de $ 1 milliard. Cela va inévitablement réouvrir le débat.
Les banques ne peuvent abriter des activités spéculatives sur fonds propres.
Le diagnostic ne fait aucun doute : la cohabitation de cette activité au sein dune banque est intolérable. Lorsque le Dodd Frank Act exige quelle soit localisée dans des filiales spécialisées, il ne va pas assez loin. Le financement et les fonds propres de cette activité doivent provenir en dehors du secteur bancaire.
La séquence reprise ci-dessus est là pour démontrer que le problème est systémique, quelle que soit la firme, et principalement centré sur la place de Londres. Jamie Dimon a reconnu ce fait et a eu la décence de ne pas virer les acteurs. Le contrôle règlementaire des activités sur produits dérivés est en effet beaucoup plus strict aux Etats-Unis et les firmes de toutes nationalités, bénéficient du climat laxiste de la City pour continuer des activités quelles ne pourraient pas exécuter dans leur pays dorigine.
De surcroit les structures de contrôle internationales ne sont pas en place. Opérer à Londres lorsque lon est suisse, français ou américain, ressemble de plus en plus à un jeu de roulette russe.
Au moment où les banques, tant en Europe quaux Etats Unis tentent désespérément de pouvoir continuer leurs activités en produits dérivés sans contrôle ni fonds propres additionnels, laffaire JP Morgan nous rappelle que, même les meilleures institutions financières continuent a entretenir de manière opaque des activités spéculatives qui nont rien à faire en banque.
Lenquête lancée par la SEC aux Etats-Unis et la FSA à Londres, a été prompte, mais, comme toujours, arrivera après la bataille. Ce sont des mesures préventives qui arrêteront ce carnage qui na que trop duré. Le fait quune firme aussi respectée soit au centre de tels risques va remettre en question toutes les tentations lénifiantes des responsables politiques et des régulateurs.
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JPM la régle volker va etre durcie en juillet
http://www.youtube.com/watch?v=yZgVtaTWnMY