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Argent : JPM ! régle volker va se durcir en ju

13 mai 2012 10:24

juuillet

12 mai 2012

JP Morgan : il faut éradiquer la culture machiste des produits dérivés




Il est temps de prendre des mesures draconiennes à l’endroit des responsables des activités en produits dérivés et d’éradiquer une culture machiste et incontrôlable. Cette activité n’a rien à faire en banque. Paul Vocker l’avait demandé. Le Dodd Frank Act contient des dispositions qui font partie de cette Volcker Rule : mais le lobby des banques tant aux Etats Unis qu’en Europe a réussi à faire peur aux autorités de contrôle.

La règlementation européenne qui vient d’être publiée n’a pas prévu cette ségrégation indispensable. Les gouvernements européens se sont laissés convaincre qu’une Volcker Rule n’était pas nécessaire en Europe. Michel Barnier n’a pas proposé de telles mesures à la Commission Européenne. Faut-il rappeler que ce sont les banques françaises qui dominent ce marché ?

Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, venait de se lancer dans une campagne contre Paul Volcker, accusant sa proposition de « futile » et « non conforme aux faits » lors d’un diner à Dallas qui rassemblait le gratin de la finance. Sa campagne personnelle fait de lui la cible de toutes les critiques : il a autorisé une activité spéculative pour compte propre qui tentait de valoriser les liquidités de la banque.



Cinq cas exemplaires en produits dérivés.

Le problème n’est pas seulement un problème de règlementation, même si elle est indispensable, mais d’arrêter les dégâts provoqués par des responsables d’une activité qui se caractérise par des scandales provoqués par des egos surdimensionnés. Ce sont des spéculateurs qui se font embaucher dans les banques parce qu’elles ont des big pockets.
Baring Brothers est tombée en faillite à cause d’un rogue trader, Nicholas Leeson, 28 ans, qui gérait l’activité de trading en produits dérivées sur l’indice Nikkei 225 à Singapore. Il a passe plusieurs années en prison.
La Société Générale a perdu 5 milliards d’euros sur des opérations spéculatives sur les indices boursiers. Elle l’a imputé à Jérôme Kerviel, 34 ans, frais émoulu des opérations de back office
L’UBS a connu une situation identique : un trader de 31ans, Kweku Adoboli, opérait dans l’équipe Delta 1 trading, spécialisée en produits dérivées et a perdu 2 milliards de dollars à Londres
A Goldman Sachs, après une fraude perpétrée par un trader français de 31 ans, Fabrice Tourré, sur les produits hypothécaires pour laquelle la firme a payé $ 550 millions d’amende, un responsable de l’activité de produits dérivés à Londres, Greg Smith, est parti en publiant dans la New York Times la manière dont l’honorable firme opérait ces activités en dépit des principes éthiques éthique et du sens du client
A JP Morgan, Londres, c’est un trader français, Bruno Iksil, affublé de noms aussi symboliques que the London Whale (la baleine de Londres) et Voldemort, le grand ennemi d’Harry Potter, qui a fait perdre 2 milliards de dollars dans des opérations de couverture risquées. Son patron, Ina Drew, a eu un bonus de $ 13,5 millions pour les bons résultats de 2011. En six semaines il a perdu $ 2 milliards...et le 6 avril, le Wall Street Journal avait fait état des inquietudes de la City face aux prises de positions en Credit Default Swaps.

Morgan Stanley est aux prises avec un risque de baisse de notation pour n'avoir pas eloigne son portefeuille en produits dérivés de son activité bancaire.



Le déni de responsabilité des dirigeants.

Il y a dans certains milieux de la finance, une culture de l’ego, de la domination machiste qui refuse tout contrôle. Ces génies ont collectivement fait perdre des dizaines de milliards de dollars. Et pourtant, personne n’ose s’attaquer à ce milieu dont les comportements sont répréhensibles. Dans trois scandales, ce sont trois traders français (dont deux Centraliens), Fabrice Tourré (Goldman Sachs), Jérôme Kerviel (Société Générale) et Bruno Iksil (JP Morgan) qui se sont singularisés. Mais derrière cette observation, une question reste ouverte : comment confie-t-on de tels risques a des employés aussi jeunes qu’inexpérimentés ? Comment peut-on les controler?

Nous continuons d’aller de scandale en scandale, et chaque fois, la direction des institutions concernées est dans le déni de sa responsabilité. Elle blâme des jeunes traders qui perdent des milliards…sans contrôle ? Elle est pourtant directement responsable du maintien conscient, malgré les expériences de 2008, d’une activité spéculative pour fonds propres et d’une culture potentiellement explosive.

Or, c'est précisement ce type d'activité que les dirigeants de banques tentent désespérement de maintenir. Ils implorent la nécessité de hedging. Ils ont obtenu une exception qui, selon le Senateur Car Levin, "permet a un camion de passer a travers". Seulement voila, le hedging en lui-meme comporte des risques qui peuvent se cumuler. Dans le cas présent, la perte nette pour JP Morgan sera de $ 1 milliard. Cela va inévitablement réouvrir le débat.



Les banques ne peuvent abriter des activités spéculatives sur fonds propres.

Le diagnostic ne fait aucun doute : la cohabitation de cette activité au sein d’une banque est intolérable. Lorsque le Dodd Frank Act exige qu’elle soit localisée dans des filiales spécialisées, il ne va pas assez loin. Le financement et les fonds propres de cette activité doivent provenir en dehors du secteur bancaire.

La séquence reprise ci-dessus est là pour démontrer que le problème est systémique, quelle que soit la firme, et principalement centré sur la place de Londres. Jamie Dimon a reconnu ce fait et a eu la décence de ne pas virer les acteurs. Le contrôle règlementaire des activités sur produits dérivés est en effet beaucoup plus strict aux Etats-Unis et les firmes de toutes nationalités, bénéficient du climat laxiste de la City pour continuer des activités qu’elles ne pourraient pas exécuter dans leur pays d’origine.

De surcroit les structures de contrôle internationales ne sont pas en place. Opérer à Londres lorsque l’on est suisse, français ou américain, ressemble de plus en plus à un jeu de roulette russe.

Au moment où les banques, tant en Europe qu’aux Etats Unis tentent désespérément de pouvoir continuer leurs activités en produits dérivés sans contrôle ni fonds propres additionnels, l’affaire JP Morgan nous rappelle que, même les meilleures institutions financières continuent a entretenir de manière opaque des activités spéculatives qui n’ont rien à faire en banque.

L’enquête lancée par la SEC aux Etats-Unis et la FSA à Londres, a été prompte, mais, comme toujours, arrivera après la bataille. Ce sont des mesures préventives qui arrêteront ce carnage qui n’a que trop duré. Le fait qu’une firme aussi respectée soit au centre de tels risques va remettre en question toutes les tentations lénifiantes des responsables politiques et des régulateurs.

+ video
JPM la régle volker va etre durcie en juillet

http://www.youtube.com/watch?v=yZgVtaTWnMY

2 réponses

  • 13 mai 2012 10:31

    JPMorgan: vivement des règles plus sévères, dit Spitzer

    Publié le 12 mai 2012 à 05h00 | Mis à jour le 12 mai 2012 à 05h00

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    Photo: Reuters

    Eliot Spitzer

    Vincent Brousseau-Pouliot

    La Presse




    JPMorgan Chase vient de perdre deux milliards de dollars en un mois en misant sur des produits dérivés qui devaient pourtant protéger ses investissements. Un fiasco qui a fait perdre à JPMorgan 9,3% de sa valeur en Bourse hier. Et qui met en lumière l'importance de resserrer - encore - la réglementation des banques américaines, dit l'ancien shérif de Wall Street et gouverneur de New York Eliot Spitzer.


    «Les grandes banques prennent toujours d'énormes risques dans leurs stratégies de transactions. Si elles ne sont pas capables d'éviter de perdre deux milliards dans un marché boursier relativement stable, je suis inquiet de ce qui pourrait arriver dans un marché volatil. Cet événement renforce l'importance de mettre en place la règle Volcker afin que les banques ne fassent plus ce genre de transactions avec l'argent des contribuables », dit Eliot Spitzer lors d'une entrevue exclusive à La Presse Affaires.



    Eliot Spitzer ne veut pas que la réforme de Wall Street ne s'arrête à la règle Volcker. Celui qui a multiplié les poursuites contre Wall Street comme procureur général de l'État de New York de 1999 à 2006 suggère de ramener la loi Glass-Steagall, adoptée en 1933 pour contrôler la spéculation boursière. Plusieurs restrictions de la loi Glass-Steagall ont été abolies au fil des décennies.




    «La règle Volcker est une petite partie de la loi Glass-Steagall, dit Eliot Spitzer. C'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Il faut éliminer les garanties fédérales, rendre les banques plus petites, réformer leurs incitatifs pour rémunérer leurs dirigeants. Malheureusement, le Congrès américain semble penser le contraire. J'espère que les élections de novembre prochain permettront aux gens de lancer le message qu'ils ne sont pas satisfaits de l'approche des élus républicains à la Chambre des représentants. Cela dit, même l'administration Obama n'a pas été assez agressive dans ses volontés de réforme à Wall Street.» Maintenant animateur à la télé, Eliot Spitzer a démissionné de son poste de gouverneur de New York en 2008 après son implication dans un scandale de prostitution.



    Autre preuve que la règle Volcker ne règlera pas tous les problèmes de Wall Street: selon JPMorgan, les transactions ayant mené aux pertes de deux milliards auraient passé le test de la règle Volcker, qui n'entrera en vigueur que le mois prochain.



    C'est aussi l'avis de Richard Guay, l'ancien président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. «La règle Volcker permet les transactions de couverture pour protéger ses opérations et c'est ce qu'a fait JPMorgan en achetant un produit dérivé pour se protéger contre la faillite de 125 grandes entreprises américaines, dit M. Guay, aujourd'hui professeur de finances à l'UQAM. Le problème, c'est que JPMorgan prêtait probablement de l'argent qu'à une partie de ces 125 entreprises. JPMorgan a donc mal couvert ses risques, ce qui a provoqué ces pertes de deux milliards.»



    Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, a fait son mea-culpa jeudi en annonçant les pertes deux milliards en un mois. Un milliard supplémentaire pourrait être perdu au cours des prochains trimestres. «C'était une mauvaise stratégie, mal exécutée, devenue plus complexe et qui a été mal surveillée. Nous avons fait des erreurs énormes», a dit Jamie Dimon.



    Ironiquement, c'est Jamie Dimon, qui menait la charge pour Wall Street à Washington contre l'adoption de la règle proposée par l'ancien président de la Fed Paul Volcker. Surnommé le «roi de Wall Street» depuis que JPMorgan Chase a traversé la crise financière sans trop de heurts, Jamie Dimon était un interlocuteur respecté à la Maison-Blanche. Sa réputation de bon gestionnaire de risque d'être entachée par ces pertes colossales de deux milliards, effectuées par le bureau de Londres de JPMorgan.



    Le courtier présumément responsable des transactions, un Français du nom de Bruno Michel Iksil, était surnommé par ses collègues la «Baleine de Londres» et Voldemort, le méchant sorcier des livres d'Harry Potter. Selon le New York Times, les autorités boursières américaines et britanniques posaient des questions à JPMorgan sur ce groupe de courtiers depuis un mois.



    Le titre de JPMorgan Chase a perdu 9,3% de sa valeur hier, la première séance boursière depuis l'annonce des pertes. Environ 14 milliards de valeur boursière se sont ainsi envolés en fumée (JPMorgan vaut maintenant 141 milliards). «Deux milliards de pertes, c'est énorme, mais c'est 10% des profits annuels de JPMorgan. JPMorgan a mangé toute une claque, mais l'entreprise pas en péril. C'est peut-être même le temps d'acheter des actions après une telle baisse», dit Richard Guay, qui a dirigé la Caisse au plus fort de la crise du papier commercial en 2008.


  • 13 mai 2012 14:33


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