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SECHE ENVIRONNEMENT : SAUR : RESTRUCTURATION FINANCIERE

29 janv. 2013 07:41

Restructuration financière et nouveau tour de table pour Saur d'ici juin

Par Myriam Chauvot | 29/01 | 07:00

Confrontée à un mur de 2 milliards de dettes à rembourser, la société va ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires. Des fonds d'infrastructures étrangers sont a priori intéressés.


Une revue indépendante du business plan de la Saur sera rendue le premier février. Sur cette base, le conseil d'administration et le pool de 63 banques créancières négocieront le refinancement et la recapitalisation de la société, confrontée à un mur de 2 milliards d'endettement (1,7 milliard de dettes et 300 millions de swaps). Il s'agit, plus exactement, de la dette d'acquisition de la Saur portée par Hyme, sa holding de détention.


« La Saur est une société saine, mais Hyme l'a acquis en 2007, au plus haut des valorisations avec une dette représentant dix fois le résultat brut d'exploitation (Ebitda) de la société alors que le niveau d'endettement jugé normal par les marchés est aujourd'hui de 3 à 4 fois l'Ebitda », explique Olivier Brousse. Il est aujourd'hui impossible de rembourser cette dette, qui arrive à échéance, il faut des abandons de créances par les banques et une augmentation de capital, or un des principaux actionnaires, Séché Environnement (33%) ne peut pas suivre. La restructuration financière passe donc nécessairement par l'ouverture du capital à un ou des nouveaux actionnaires.

« L'incertitude ne peut pas durer »


Il est urgent de régler le problème car l'incertitude sur l'actionnariat futur passe mal au niveau des collectivités locales clientes de la Saur et peut jouer à son détriment lors des appels d'offre à venir. « La société renouvelle cette année 7 % à 8 % de ses contrats et répond aux appels d'offre de deux grandes villes, Lyon et Marseille, souligne Olivier Brousse. L'incertitude ne peut donc pas durer. Fin mars, les modalités de la restructuration financière seront fixé, avec pour objectif un closing d'ici juin». Mais qui peut souhaiter investir dans le secteur de l'eau, qui a perdu de son lustre depuis trois ans, compte-tenu des questions sur son modèle économique ? Le dossier a reçu des marques d'intérêt, conditionnées aux modalités de restructuration financière.


Selon nos informations, il n'y a pas d'industriels, mais des financiers. Des fonds d'infrastructures étrangers sont intéressés. Un profil de ce type pourrait faire son entrée sans dommage pour l'image de la Saur aux yeux des élus locaux, puisque Axa et le fonds stratégique d'investissement (Caisse des Dépôts et Consignations) vont rester au capital, fournissant le socle d'actionnariat institutionnel français estimé nécessaire pour rassurer les collectivités locales. Le dossier constitue un baromètre de l'appétence des investisseurs pour le secteur et comme tel, il sera suivi avec attention en vue d'une possible recomposition de l'actionnariat de Suez Environnement, dont certains actionnaires pourraient vouloir sortir à l'occasion de l'échéance du pacte d'actionnaires le 22 juillet 2013.

Développement à l'international


Evidemment, en termes d'attractivité pour les investisseurs, le cas de la Saur a ses spécificités. Alors qu'elle n'est qu'en expansion modérée en France, où ses baisses de coûts ne suffisent pas à compenser les baisses de prix des contrats, elle connaît un fort développement à l'international, où elle se concentre sur trois pays : l'Espagne, la Pologne et l'Arabie Saoudite.


Dans ce dernier pays, la société a tissé des liens. Après avoir remporté un premier contrat pour la gestion de l'eau de la Mecque (15 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel), elle se développe dans le cadre d'un accord de huit ans avec la « utility » saoudienne Marafiq, avec, à la clé, un contrat pour l'eau de la ville industrielle de Jubail, qui a démarré en janvier 2012 et va représenter 80 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel cette année (120 millions à partir de 2017). Elle doit signer dans les prochains mois un autre contrat pour la ville de Yanbu, à côté de Jeddah. « Ensemble, Yanbu et Jubail représenteront cette année 160 millions de dollars de chiffre d'affaires », souligne Olivier Brousse. Le scenario de l'entrée au capital d'investisseurs saoudiens ne semble toutefois pas d'actualité. La création de co-entreprises en Arabie Saoudite avec un transfert de technologie les intéresse davantage qu'une participation dans une société française

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