Titres participatifs : de bellesopportunités à saisir !
DOSSiER RéALiSé PAR RAPHAEL PRUNiER
Nés de la loi du 3 janvier 1983 pour permettre aux entreprises publiques de lever des fonds sur les marchés financiers sans remettre en cause le dogme du contrôle de lEtat, les titres participatifs (TP) sont tombés en désuétude ces dernières années. Les privatisations ont en effet signé leur arrêt de mort, mais ces valeurs mobilières, placées sous le régime juridique et fiscal des obligations, nont cependant pas encore complètement disparu de la cote...
NYSE Euronext recense encore ainsi 18 titres participatifs cotés, tous issus danciennes sociétés publiques (BNP Paribas, Thomson ou encore Saint-Gobain).
Sans échéance
Loriginalité des ces produits tientessentiellement à leur nature hybride assimilable à des obligations perpétuelles dans le sens où lémetteur nest pas tenu den rembourser le capital, car les TP sont
privés déchéance... Considérés comme des quasi-fonds propres, ces titres ne donnent aucun droit de vote, mais assurent en contrepartie
un rendement garanti auquel sajoute une rémunération indexée sur les performances économiques de lentreprise. Comme les emprunts classiques, ils fluctuent donc en fonction de lévolution des
taux dintérêt, mais également, dans une moindre mesure, comme
le cours de laction sous-jacente.
Un coupon à double composante
Du point de vue des investisseurs,la rémunération des titres participatifs est sur le long terme nettement plus attrayante que celle des obligations classiques. En effet, ces obligations perpétuelles possèdent une double composante : La première partie de la rémunération
dite "fixe", qui doit représenter au moins 60% de la valeur nominale de chaque titre, revêt la forme dun intérêt constant (pourcentage du nominal), ou variable indexé sur le TEC 10 (c'est-à-dire le taux moyen des emprunts dEtat à 10 ans qui a remplacé le TMO ou taux moyen des obligations) ou sur le taux annuel monétaire. La seconde partie de la rémunération dite "variable" dépend des performances économiques de la
société puisquelle est indexée sur un paramètre représentatif de son
activité (chiffre daffaires, marge brute, résultat net, etc...), ce qui justifie le qualitatif de "participatif".
Les banques encadrées
Du coup, si la société se porte bien, la rémunération du TP peut sapprécier sensiblement. Pour éviter une envolée de la partie variable
du coupon, la plupart des émetteurs ont cependant inséré dans
le contrat démission une clause prévoyant un plafond à la rémunération
globale de leurs TP (cela constituait même une obligation pour les titres bancaires). En contrepartie, les investisseurs bénéficient dun rendement annuel minimal qui peut servir damortisseur à la baisse du TP si la société se porte mal. Crise de crédit oblige, les TP offrant actuellement les plus gros rendements sont ceux émis par les banques : TP BNP (8,25 %) et Natixis (7,23 %). Le TP Renault figure aussi sur le haut du podium (8,64 %) avec son établissement de crédit la Diac
(7,80%). Dans une optique de rendement le TP BNP 84,87 nous
semble de loin le plus intéressant, car la banque dirigée par Michel
Pébereau sest avérée à ce jour lune des plus résistante à la crise.
Un aspect spéculatif de taille
Au-delà de son rendement, le TP a également un autre intérêt lié à
la perspective de son remboursement, et donc dun retrait de la cote
à bon compte. Car les TP coûtent souvent plus chers aux entreprises
que les obligations quelles émettent. Par ailleurs, depuis lentrée
en vigueur des normes comptables iFRS, les entreprises qui ont émis
des TP doivent les faire figurer au passif à valeur de marché et non
plus à leur valeur historique. Une situation qui ne favorise pas, à titre dexemple, la société Aventis dont les deux titres participatifs émis cotent trois fois plus que leur valeurnominale ! Ayant connu leur heure de gloire à lépoque des nationalisations, les titres participatifs sont passés de mode, en raison de leur complexité et de leur manque de liquidité. il en subsiste à peine dix-huit encore cotés à la Bourse de Paris ! Classe dactifs atypiques dans lunivers des produits financiers, ces valeurs mobilières "perpétuelles" offrent
une rémunération souvent élevée et un aspect spéculatif indéniable lié à un remboursement éventuel par lémetteur. Suivez le guide !
Natixis exposé
Les banques sont également en première ligne, car ces titres, qui
ne sont pas assimilés à des obligations de premier rang nentrent pas dans le calcul du ratio Cooke, qui est le critère de solvabilité du
secteur. Les TP bancaires nontdonc pas vocation à rester indéfiniment
cotés... Et cest en analysant les clauses de remboursement anticipé que les investisseurs peuvent dénicher la bonne affaire. Certaines clauses sont en effet particulièrement favorables. Cest par exemple le cas des TP Natixis, car le contrat démission prévoit un remboursement en cas de liquidation à 120% de sa valeur nominale (914 euros), soit plus du double du dernier cours coté ! Nous conseillons malgré tout de rester à lécart de ce dernier, compte tenu des grandes difficultés actuelles de létablissement.
Règles du jeu
Les émetteurs, pour éviter de débourser des sommes astronomiques, ne respectent pas toujours les règles et proposent des conditions de remboursement alternatives à celles prévues à lorigine. Rhone-Poulenc, devenu Aventis depuis sa fusion avec le laboratoire allemand Hoechst, avait ainsi lancé en 1998 une offre publique déchange sur ses propres titres participatifs pour éviter de payer le prix fort. Le contrat démission prévoyait en effet un remboursement anticipé à chaque échéance du 1er octobre 1995 au 1er octobre 2003 au prix initial hors coupon de 457,34 euros majoré de 38,11 euros par année supplémentaire,
soit 762,24 euros au 1er octobre 2003. Le laboratoire pharmaceutique
sest ainsi contenté de proposer aux porteurs de TP 1983 et 1987 déchanger leurs titres contre des actions Rhône-Poulenc à émettre selon la parité de onze actions ordinaires pour un titre participatif
présenté. Compte tenu du faible nombre de titres en circulation,
il est fort probable quAventis finira par lancer une nouvelle opération financière, et probablement au prix prévu dans le contrat démission en cas de liquidation, soit 762,25 euros. Ce dossier peut
donc figurer en portefeuille à titre spéculatif, même si son taux coupon est proche de 5%. En effet, il reste seulement 126.934 titres participatifs 1983 (code FR0000140022) et 19.744 titres participatifs 1987 (code FR0000047656).
Décantation
Renault a également tenté sachance en 2004 en offrant 450euros par TP, soit un niveau bien inférieurs aux conditions du contrat démission qui prévoyait en cas de liquidation un remboursement au prix de 686 euros (depuis le 24 octobre 1998), auxquels sajoutent 152,45 euros par an avec un maximum de 2.210,5 euros. Les rumeurs portant sur un retrait de
la cote du TP Thomson (inscrit à la cote sous le nom de TSA TP 83)
sont aussi récurrentes. La société holding TSA, détenue à 100% par
lEtat, possède en réalité 26,56% du capital de Thales. Lavenir boursier du TP est donc suspendu à un éventuel désengagement de
lEtat dans le capital du fabricant déquipements et de systèmes
électroniques destinés au secteur aéronautique qui est en train de
se décanter. Le TP pourra ainsi être mis en portefeuille au-dessous
de 120 euros pour son rendement annuel élevé proche de 6% et son
attrait spéculatif.
Achevé de rédiger le mardi 16 décembre
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Notre Conseil
Compte tenu de leur caractèreperpétuel, lachat de titres participatifs
ne peut se concevoir que dans une optique long terme Les titres participatifs Renault(FR00001400030), Diac(FR0000047821) et BNP
(FR0000140063) peuvent être misen portefeuille pour leur rendement.
Nous conseillons à lachat le TPThomson (FR0000140048) au-dessous
de 120 euros et restons à lécartdu TP Natixis (FR00000047722).
Les deux TP Aventis méritent égalementde figurer en portefeuille
dans une optique spéculative (FR0000140022 et FR0000047656)