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Pétrole : propos d'un partisan du peak oil..

17 nov. 2007 20:20

La production d'or noir n'augmentera plus, selon l'ex-n°2 du pétrole saoudien

Sadad Al-Husseini voit l'avenir de l'or noir en... noir. Retiré depuis 2004 de la vice-présidence de l'Aramco – la compagnie pétrolière nationale saoudienne, de loin la première du monde –, M. Husseini a donné, le 30 octobre, un pronostic sur l'avenir de la production pétrolière potentiellement catastrophique pour l'économie mondiale. Son verdict jette le trouble, alors que les pays de l'OPEP, réunis samedi 17 et dimanche 18 novembre à Riyad, cherchent au contraire à rassurer.

A Londres, devant un parterre de grands patrons du pétrole, réunis à l'occasion de la Oil & Money Conference, rendez-vous majeur de l'industrie pétrolière mondiale, Sadad Al-Husseini a lancé trois affirmations lourdes de conséquences : la production mondiale de pétrole et de gaz liquéfié va stagner jusqu'aux alentours de 2020, avant de décliner inexorablement ; les chiffres officiels "exagèrent" les réserves planétaires de 300 millards de barils, soit un quart du total encore exploitable ; la stagnation de la production implique une augmentation minimale du prix du baril de 12 dollars chaque année, à mesure que se creusera l'écart entre une offre stagnante et une demande toujours plus forte.
Sadad Al-Husseini, qui a obtenu son doctorat en géologie en 1973 à l'université américaine de Brown, et a été en charge de l'exploration et de la production de l'Aramco de 1992 à 2004, revient en détail sur ses assertions pour Le Monde.fr.

UNE STAGNATION DE LA PRODUCTION, SUIVIE D'UN DÉCLIN
La capacité mondiale de production atteint aujourd'hui 84 millions de barils par jour (mb/j). Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), elle devra parvenir à 116 mb/j d'ici à 2030 afin de répondre à la demande de plus en plus forte des économies émergentes. Mais pour Sadad Al-Husseini les extractions mondiales plafonnent déjà parce que de nombreuses régions pétrolifères ont amorcé leur déclin. Ses propres projections font état d'un recul spectaculaire : il table sur une production pétrolière inférieure à 70 mb/j en 2030.
Il justifie : "Des pays de l'OPEP tels que l'Arabie saoudite, le Nigeria et l'Angola ont annoncé qu'ils ajouteront 10 mb/j de capacités nouvelles de production d'ici à 2014. Toutefois, tous les pays de l'OPEP ne sont pas capables de fournir le même effort. L'Indonésie, l'Iran et le Venezuela, par exemple, vont voir leur capacité de production décliner. D'autres, comme le Koweït, l'Irak et les Emirats arabes unis ne pourront faire mieux que maintenir leur production, dans le meilleur des cas. Donc au total, l'OPEP [qui dispose de 75 % des réserves planétaires] ne peut pas dégager de capacités de production supplémentaires au cours de la prochaine décennie."
Le Dr Husseini indique que les champs pétroliers géants du golfe Persique sont désormais à 41 % vides, en moyenne. Il explique encore : "La hausse des prix de l'énergie ne crée pas de nouvelles opportunités de production, parce que les nouvelles ressources en pétrole et en gaz naturel sont beaucoup plus difficiles à trouver et à développer."

DES RESERVES "EXAGÉRÉES"
Deuxième affirmation de M. Husseini : les réserves pétrolières sont "exagérées" de 300 milliards de barils. Coupables, selon lui, certaines "compagnies pétrolières [occidentales], l'Agence internationale de l'énergie et l'administration américaine (...) ont cyniquement exagéré les capacités de production de l'OPEP. Il s'agissait d'exercer une pression politique sur les pays de l'OPEP, afin de permettre aux compagnies internationales de s'implanter sur leur territoire".
L'ancien vice-président de l'Aramco pointe également du doigt certains des pays partenaires de l'Arabie saoudite au sein de l'OPEP, "qui ont laissé circuler des estimations spéculatives [de leurs réserves] ne reposant sur aucune analyse technique, et dont les déclarations sur leurs réserves prouvées répondent à des décrets politiques"."Nous savons cela, poursuit-il, parce que [ces pays] n'avaient pas de programme d'exploration ou de développement en cours mais déclaraient pourtant des réserves supplémentaires année après année."
Peut-on revenir à des évaluations plus "réalistes", selon sa propre expression, de la quantité de pétrole qui reste encore exploitable ? "Peu de pays de l'OPEP sont prêts à le faire, en particulier si cela revient à réduire le montant de leurs réserves de pétrole, au lieu de les augmenter !"

UNE AUGMENTATION INÉXORABLE DU PRIX DU BARIL
En conséquence, Sadad Al-Husseini juge que le prix du pétrole ne peut que continuer à monter. "La situation est analogue à celle d'un réservoir d'eau que l'on pomperait plus vite qu'il ne se remplit", résume-t-il. "Bien sûr, la spéculation est à l'origine de certaines augmentations des prix du pétrole", concède le Dr Husseini. "Cependant, l'escalade logique des prix depuis 2002 indique aussi que les extractions de pétrole sont fondamentalement limitées", tranche le pétrogéologue.
Les graphiques présentés par Sadad Al-Husseini font état d'un renchérissement futur des prix du brut de 12 dollars par an, au moins, chaque fois que l'écart entre offre et demande augmentera de 1 mb/j. En 2006, selon BP, l'offre pétrolière mondiale s'est établie à 81,6 mb/j, pour une demande supérieure de 2 mb/j, à 83,6 mb/j.
Sadad Al-Husseini conclut : "Plus vite nous réaliserons que les extractions de pétrole ne peuvent augmenter indéfiniment, plus vite nous rechercherons des options énergétiques alternatives et soutenables, et nous éviterons ainsi des folies tragiques telles que l'occupation de l'Irak, et d'autres mésaventures similaires."

6 réponses

  • 18 novembre 2007 11:45

    Ces informations tout a fait crédibles sont tres inquiétantes , mais je crains que le plateau dont il parle soit un cadeau aux gouvernant pour leur faire prendre
    conscience de la garvité du probléme.

    Il est vrai que l'imprecision des donnée me font accepter ce que dit HusseinI mais comme hypothése optimiste , car les faits mesurables donnent un pic en 2006 et un plateau ondulé qui pourait bien arriver a sa fin , qui a raison ce n'est pas le probléme , seule l'imminence est a considérer . Bon post reco...

    http://iw-linux.over-blog.com/


  • 23 novembre 2007 14:09

    ionalises meme en occident (GB, USA, australie etc


  • 26 novembre 2007 12:04

    Aujourd'hui il n'y a plus de partisans ou d'opposants du Peak oil , depuis la conférence annuelle de l'ASPO le consensus est réalisé il est admis par tous que c'est une réalité a laquelle inévitablement nous serons (ou sommes déja sans le voir) confrontés. Le mot Peak oil est toujours banni du vocabulaire de nos hommes politiques et ça c'est la source de beaucoup d'ennuis a venir .

    Je partage le point de vue de ISWT sur la nationalisation des ressources , avec en prélude le pillage des pays producteurs les plus vulnérables .

    Pour les cours et la corrélation avec le dollar et plein de choses voir Terre de Brut

    http://www.terredebrut.org/article-13328975.html
    http://iw-linux.over-blog.com/


  • 26 novembre 2007 14:15

    oui toutefois la zone de pb varie entre maintenant et dans 10 ans

    il y a la encore une sacree inconnu

    en outre quand je dis nationalise en occident je veux dire que des taxes exceptionnelles seront augmente de telles sorte que les etats pomperont environ 80 a 90% des benefices

    dans les pays les moins surs la ce sera confisque tout simplement sans presqu aucune compensation ou aucune


  • 27 novembre 2007 13:58

    Un article d'etude sur la capacité de régulation de L'OPEP:

    http://www.terredebrut.org/article-14104008.html
    http://iw-linux.over-blog.com/


  • 05 décembre 2007 13:37

    Le message de Jean-Luc est le plus réaliste que j'ai lu à ce jour et je partage à 100% son analyse. Depuis 3 ans je m'evertue aussi à prouver que l'OPEP ne maitrise plus du tout l'offre et la demande de petrole sur notre planete, ils sont à pleine capacité depuis 2003. De plus tout le monde croit qu'ils peuvent encore augmenter les quotas alors que c'est faux. Il faut absolument que l'homme moderne accepte ce fait et arrete d etre attentiste sur une éventuelle hausse de la production de l'OPEP.
    Maintenant, que faut il faire ?
    Nucléaire, éolien, solaire, usage des courant marins et marées pour générer de l'energie électrique, charbon à petrole sans émissions de CO2.....
    il y a bcp de propositions mais sont elles "durables" et n'est ce pas trop tard....
    Je pense sinèrement que l'Europe et les USA doivent engager des réformes profondes de notre utilisation des resources afin de contrer la hausse inexorable de la demande chinoise pour les 50 prochaines années.
    Si rien n'est fait dans les 5 ans le baril sera à 300$ et on continuera de rever à une hausse des quotas de l'opep.....


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