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Matières premières : Réflexions – Fin de l’or en 2025

21 nov. 2009 15:39

Je reviens sur une mention faite par e.charey (merci) sur un post du 20/11 dans lequel il cite le Sciences et Vie hors série N° 243 de juin 2008 – Construire un monde durable. Le magazine annonçait l’épuisement de nombreuses matières et quelques dates comme la fin de l’argent en 2021, la fin de l’or en 2025 et la fin du pétrole en 2050 …

Quand bien même les chiffres et les dates auraient été avancés par des experts, ils n’en restent pas moins de pures spéculations. Pourquoi ? Faisons appel à notre bon sens en prenant le cas de l’or.

Le post suivant a deux objectifs :

- Tordre le cou au prévisionnisme à sensation (catastrophisme) dont la place est dans les salles de cinéma
- Tordre le cou à l’hyper-spéculation actuelle sur l’or qui découle du premier point

1 - La surface terrestre émergée représente aujourd’hui 20% environ de la surface du globe. Je n’ai pas souvenir de quelconques travaux faisant état de recherches sous-marines en ce qui concerne l’or (hormis l’or des galions), comme ont pu faire l’objet d’autres minerais - nodules polymétalliques dans les années 80 notamment. Cela laisse un peu de potentiel …

2 – Quelle surface a été prospectée sur les 20% émergés ?
Il serait difficile et laborieux d’établir une liste des endroits potentiellement intéressants qui n’ont pas encore été prospecté. Je me contenterai d’évoquer le cas de la Guyane et de reprendre quelques points du rapport « Proposition de Schéma d’orientation minière de la Guyane » réalisé à la demande du gouvernement français et finalisé en avril 2009.Vous le trouverez à l’adresse suivante :
(http://www.franceguyane.fr/complements/2009/06/25/30413_schema-minier-guyane-ra pport-final-3.pdf). Les points clés concernant le potentiel sont les suivants :

1 – Page 5 : « … avec un tonnage potentiel estimé à plus de 120 tonnes d’or, la Guyane apparaît comme l’une des régions les plus prometteuses pour l’exploration aurifère, comme d’ailleurs le reste du bouclier guyanais (Brésil et surtout Suriname, ancienne Guyane hollandaise). »

2 – Page 14 : « Le monde minier, qui a déjà beaucoup investi sur la base des travaux du BRGM, a encore devant lui un champ immense de prospection et d’exploration, en mobilisant les outils les plus récents de l’exploration minière : géophysique terrestre et aéroportée, aéromagnétisme, imagerie satellitaire, échantillonnage analytique de sédiments de ruisseau, géochimie spécifique de tarières et roches, systèmes d’information géographiques…
Ce sont ces nouveaux outils de l’exploration minière qui ont précisément permis de mieux définir des cibles aurifères dans l’ensemble du bouclier guyanais à l’extérieur de la Guyane :de tels travaux ont ainsi mené à la découverte de gisements aurifères de grande envergure (Omai au Guyana, Rosebel au Suriname, Las Cristinas au Venezuela…), dont certains de taille mondiale (découverte récente de près de 500 tonnes d’or au Suriname en au moins deux gisements, dont chacun est entre 7 et 8 fois plus important que celui de Camp Caïman en Guyane). »

3 – Afin de rester objectif : Les conditions climatiques et la végétation rendent l’exploration plus difficile et de fait plus longue à produire des résultats que dans d’autres régions du monde.

Autrement dit, rien que pour cette petite région du monde, le bouclier guyanais représente à lui seul un énorme potentiel. Combien d’autres régions de la planète, présentant des caractéristiques géologiques favorables n’ont-elles pas encore été explorées ou exploitées ? La réponse est vraisemblablement très longue et il faudrait consulter grand nombre de spécialistes pour l’établir, si d’aventures, ils souhaitent développer sur le sujet …

Quelques pistes pour voir où on trouve de l’or même si on en parle pas beaucoup
:
http://money.cnn.com/2008/08/11/news/international/saudi_gold_mining.fortune/
http://www.nature.com/news/2009/090528/full/news.2009.527.html
http://arctic. foreignpolicyblogs.com/2009/08/14/arctic-gold-rush/

Commentaires complémentaires

Les mines sud-africaines
Si les mines sud-africaines produisent moins du fait de l’épuisement des ressources ou de la moindre qualité de la teneur des gisements, c’est peut-être une conséquence d’une politique de profits court-termiste qui a privilégié la production par rapport à l’exploration ou tout simplement le signe qu’il faut chercher ailleurs. Je n’ai pas de recul ni d’éléments factuels pour l’étayer.

L’offre et la demande
Le décalage entre la demande et l’offre crée des aléas à la hausse ou à la baisse mais les coffres des banques centrales contiennent des quantités astronomiques d’or (près de 30 000 tonnes d’or à la fin du 1er trimestre 2009 - source : World Gold Council – www.gold.org) qui peuvent leur permettre d’intervenir si le marché part en vrille. La mise en exploitation de nouveaux gisements significatifs peut prendre un peu de temps et pourrait créer des décalages provisoires dans le temps si les banques centrales laissent faire.

Conclusion
Les commentaires et analyses alarmistes de ces derniers temps, le prévisionnisme à sensation qui nous menacent de pénurie, d’« explosion » prévisible du prix de l’or et autres symptômes détestables ne peuvent être considérés sérieux au vu des éléments développés ci-dessus. Il s’agit sans aucun doute d’un mouvement purement spéculatif qui est à mettre en parallèle de l’échauffement général sur les places financières.

2008 aurait pu nous apprendre quelque chose, vraisemblablement il faudra un véritable mur pour nous faire réfléchir …

PS : la fin du monde a déjà été annoncée plusieurs fois, la prochaine pour décembre 2012 … Restons sereins

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