Brésil: investir dans le nouveau grenier du monde
Daniel Tassan-Din, Responsable de l'Asset Management de la Banque Safdié
Lundi 23 juin 2008
Depuis trois ans, l'Amérique latine bénéficie d'un contexte international particulièrement positif engendré par la hausse des prix des matières premières - elle-même due à une forte augmentation des niveaux de vie des habitants des pays asiatiques et de l'Europe de l'Est. Bien que, depuis les niveaux les plus élevés de mars dernier, le secteur ait subi une contraction de 5% à 10%, à l'exception des matières premières liées à l'énergie (pétrole notamment), les fondamentaux positifs des matières premières, surtout agricoles, restent inchangés pour toute l'Amérique latine et le Brésil en particulier.
Ce cycle expansionniste de la demande de matières premières repose principalement sur l'intégration d'autres pays émergents - notamment d'Asie et d'Europe de l'Est - dans l'économie mondiale avec la fin de la Guerre froide en 1990 et la participation à l'OMC (la Russie se profile pour son adhésion). L'augmentation de la population mondiale (+40% sur les prochaines cinquante années), la hausse des revenus disponibles ainsi que la limitation des quantités d'eau et de terrains disponibles devraient continuer à créer un environnement favorable pour les producteurs de matières premières.
L'Amérique latine demeure un véritable réservoir de matières premières minières et agricoles. Les pays de cette région du monde comptent parmi les principaux exportateurs de produits agricoles tels que le soja, le café, le sucre, le cacao, les agrumes, les céréales, la viande bovine; et de certains produits miniers tels que le cuivre, le fer et le pétrole.
Aujourd'hui, 68% des exportations des pays de la région sont liés aux commodities. Cette exposition n'est pas uniforme et varie selon les pays et les produits. Deux pays sont particulièrement actifs: l'Argentine dont 45% des exportations sont des produits agricoles et le Venezuela, dont 93% des exportations sont liées au pétrole.
L'Asie représente une opportunité indéniable pour l'Amérique latine aussi bien d'un point de vue macroéconomique que du point de vue de l'investissement financier. En effet, selon la projection du dernier rapport de la FAO sur l'absorption des calories par la population chinoise et indienne en 2050, celle-ci pourrait doubler au niveau mondial (sur une base de consommation américaine). Par conséquent, la demande de céréales et de viande augmentera fortement. Si on considère les grandes régions productives du monde d'un point de vue de la population et des surfaces disponibles ainsi que de leurs rendements, de leurs structures agricoles, des capitaux, etc., l'Asie n'aura pas assez de ressources, en espace et en productivité naturelle, pour faire face à ses propres besoins. Elle devra donc recourir à des importations importantes. L'Amérique latine qui a, quant à elle, des surfaces gigantesques, des capitaux et des ressources productives considérables au regard de sa population, va sans nul doute devenir dans un futur proche l'un des exportateurs les plus importants au monde.
Deux pays d'Amérique latine sont les mieux placés au niveau des exportations agricoles mondiales: le Brésil et l'Argentine. L'unique bémol provient de l'exploitation intensive de ses ressources. En effet, la dégradation de la productivité naturelle de certains écosystèmes (érosion des sols, perte de biodiversité, gaz à effet de serre...) pourrait avoir comme conséquence de définitivement diminuer les capacités productives de ces deux pays.
Néanmoins, en comparaison, le continent africain, qui augmente sa production à peu près au même rythme que l'accroissement de sa population, ne pourra pas être globalement exportateur. Les grands pays céréaliers comme l'Australie et le Canada disposent de très grandes surfaces mais doivent faire face à des contraintes climatiques et de coûts importantes. Enfin, les Etats-Unis et l'Europe, dont l'agriculture intensive est une grande consommatrice d'énergie, seront impactés par l'augmentation du prix du pétrole.
En conclusion, dans une logique de marché, peu de pays sont aussi compétitifs que le Brésil sur les nouveaux marchés à l'exception de quelques pays d'Europe de l'Est (ex. Ukraine) où les capacités d'accroissement de la production et de la productivité sont aussi significatives.
Nous constatons ainsi qu'un des thèmes porteurs pour ces prochaines années est celui de la participation à la forte croissance des investissements et de la consommation des pays asiatiques via les producteurs des matières premières d'Amérique latine. Cette tendance se dessine déjà depuis le début de 2008 au regard des résultats des bourses chinoise et indienne qui sont en baisse respectivement de 25%-30% et 18%-20%.
Les bourses du Mexique et du Brésil sont, quant à elles, en hausse de 5% et 8% respectivement, sur la même période.
Le potentiel d'appréciation pour la plupart des matières premières agricoles est significatif. Le graphique montre le niveau de hausse si les prix des produits agricoles devaient revenir à leur niveau historique le plus haut (ajusté pour l'inflation), de la même manière que le pétrole. Même si cette tendance n'est pas réalisée totalement, les retombées sur l'économie domestique des pays comme le Brésil, l'Argentine, ou le Chili vont être considérables. L'augmentation des revenus domestiques devrait également développer la consommation interne.
Ces points nous confortent dans notre stratégie qui consiste à investir dans des actions de sociétés de taille moyenne cotées en bourse et/ou à travers des obligations à hauts rendements de ces mêmes sociétés plutôt que dans de grandes entreprises qui ont déjà vu leur valeur augmenter significativement.
Depuis trois ans, l'Amérique latine bénéficie d'un contexte international particulièrement positif engendré par la hausse des prix des matières premières - elle-même due à une forte augmentation des niveaux de vie des habitants des pays asiatiques et de l'Europe de l'Est. Bien que, depuis les niveaux les plus élevés de mars dernier, le secteur ait subi une contraction de 5% à 10%, à l'exception des matières premières liées à l'énergie (pétrole notamment), les fondamentaux positifs des matières premières, surtout agricoles, restent inchangés pour toute l'Amérique latine et le Brésil en particulier.
Ce cycle expansionniste de la demande de matières premières repose principalement sur l'intégration d'autres pays émergents - notamment d'Asie et d'Europe de l'Est - dans l'économie mondiale avec la fin de la Guerre froide en 1990 et la participation à l'OMC (la Russie se profile pour son adhésion). L'augmentation de la population mondiale (+40% sur les prochaines cinquante années), la hausse des revenus disponibles ainsi que la limitation des quantités d'eau et de terrains disponibles devraient continuer à créer un environnement favorable pour les producteurs de matières premières.
L'Amérique latine demeure un véritable réservoir de matières premières minières et agricoles. Les pays de cette région du monde comptent parmi les principaux exportateurs de produits agricoles tels que le soja, le café, le sucre, le cacao, les agrumes, les céréales, la viande bovine; et de certains produits miniers tels que le cuivre, le fer et le pétrole.
Aujourd'hui, 68% des exportations des pays de la région sont liés aux commodities. Cette exposition n'est pas uniforme et varie selon les pays et les produits. Deux pays sont particulièrement actifs: l'Argentine dont 45% des exportations sont des produits agricoles et le Venezuela, dont 93% des exportations sont liées au pétrole.
L'Asie représente une opportunité indéniable pour l'Amérique latine aussi bien d'un point de vue macroéconomique que du point de vue de l'investissement financier. En effet, selon la projection du dernier rapport de la FAO sur l'absorption des calories par la population chinoise et indienne en 2050, celle-ci pourrait doubler au niveau mondial (sur une base de consommation américaine). Par conséquent, la demande de céréales et de viande augmentera fortement. Si on considère les grandes régions productives du monde d'un point de vue de la population et des surfaces disponibles ainsi que de leurs rendements, de leurs structures agricoles, des capitaux, etc., l'Asie n'aura pas assez de ressources, en espace et en productivité naturelle, pour faire face à ses propres besoins. Elle devra donc recourir à des importations importantes. L'Amérique latine qui a, quant à elle, des surfaces gigantesques, des capitaux et des ressources productives considérables au regard de sa population, va sans nul doute devenir dans un futur proche l'un des exportateurs les plus importants au monde.
Deux pays d'Amérique latine sont les mieux placés au niveau des exportations agricoles mondiales: le Brésil et l'Argentine. L'unique bémol provient de l'exploitation intensive de ses ressources. En effet, la dégradation de la productivité naturelle de certains écosystèmes (érosion des sols, perte de biodiversité, gaz à effet de serre...) pourrait avoir comme conséquence de définitivement diminuer les capacités productives de ces deux pays.
Néanmoins, en comparaison, le continent africain, qui augmente sa production à peu près au même rythme que l'accroissement de sa population, ne pourra pas être globalement exportateur. Les grands pays céréaliers comme l'Australie et le Canada disposent de très grandes surfaces mais doivent faire face à des contraintes climatiques et de coûts importantes. Enfin, les Etats-Unis et l'Europe, dont l'agriculture intensive est une grande consommatrice d'énergie, seront impactés par l'augmentation du prix du pétrole.
En conclusion, dans une logique de marché, peu de pays sont aussi compétitifs que le Brésil sur les nouveaux marchés à l'exception de quelques pays d'Europe de l'Est (ex. Ukraine) où les capacités d'accroissement de la production et de la productivité sont aussi significatives.
Nous constatons ainsi qu'un des thèmes porteurs pour ces prochaines années est celui de la participation à la forte croissance des investissements et de la consommation des pays asiatiques via les producteurs des matières premières d'Amérique latine. Cette tendance se dessine déjà depuis le début de 2008 au regard des résultats des bourses chinoise et indienne qui sont en baisse respectivement de 25%-30% et 18%-20%.
Les bourses du Mexique et du Brésil sont, quant à elles, en hausse de 5% et 8% respectivement, sur la même période.
Le potentiel d'appréciation pour la plupart des matières premières agricoles est significatif. Le graphique montre le niveau de hausse si les prix des produits agricoles devaient revenir à leur niveau historique le plus haut (ajusté pour l'inflation), de la même manière que le pétrole. Même si cette tendance n'est pas réalisée totalement, les retombées sur l'économie domestique des pays comme le Brésil, l'Argentine, ou le Chili vont être considérables. L'augmentation des revenus domestiques devrait également développer la consommation interne.
Ces points nous confortent dans notre stratégie qui consiste à investir dans des actions de sociétés de taille moyenne cotées en bourse et/ou à travers des obligations à hauts rendements de ces mêmes sociétés plutôt que dans de grandes entreprises qui ont déjà vu leur valeur augmenter significativement.