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Matières premières : LIRE DOSSIER : Matières premières

01 févr. 2008 21:18

Samedi 2 février 2008 __ Investir n° 1778


DOSSIER Matières premières


Matières premières : que faire dans un marché au plus-haut

Après une année 2007 euphorique, d’intéressantes pistes d’investissements existent encore. Nos conseils sur les sociétés du secteur et sur une sélection de produits dérivés pour en profiter.

Un environnement moins spéculatif en 2008


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Pétrole. La détente des prix conditionnée au ralentissement mondial
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Les prix de l’or noir ont flambé l’an passé au-delà des niveaux anticipés par les économistes. La spéculation et le report
des liquidités avec le renforcement des craintes liées à la crise financière en ont été partiellement la cause. Il ne faut pas
négliger l’étroitesse du marché physique : les stocks américains de brut n’ont cessé de reculer au cours de l’année écoulée,
tout comme ceux des pays membres de l’OCDE. Le scénario central retenu par les experts est une reconstitution des stocks
après l’hiver, notamment aux Etats-Unis. « Le prix du baril pourrait fléchir vers 80 $ », estime l’institut COE-Rexecode.
Les professionnels interrogés par Reuters tablent sur une moyenne de 81 $ en 2008. Mais le comportement de l’Organisation
des pays exportateurs de pétrole (Opep) sera crucial. La production du cartel a fléchi de 2006 jusqu’à la mi-2007
alors que la demande mondiale de brut n’a cessé de croître. En 2008, la demande progresserait de 2,2 millions de barils par jour (Mbj) (+ 2,3 %), à 87,8 Mbj, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Dans le même temps,
l’offre non-Opep devrait progresser de 600.000 barils par jour (+ 1,2 %), à 50,7 Mbj. Il suffirait donc que l’Opep accroisse
sa production de 1,4 Mbj pour assurer l’équilibre du marché. C’est envisageable, car elle dispose de près de 2,8 Mbj
disponibles (essentiellement l’Arabie saoudite). Mais ses membres peuvent tout aussi bien décider de rester prudents en raison du ralentissement mondial qui pointe à l’horizon. Les prix seraient alors plus fermes. Le scénario est fortement conditionné aux aléas : hiver plus rigoureux qu’à l’habitude, rechute du billet vert ou renforcement des risques géopolitiques.



NOTRE CONSEIL

Notre favorite dans le secteur est Total (code mnémo : FP) avec un objectif de 60 €. La compagnie française sera une des rares majors à avoir fait progresser sa production en 2007.


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Métaux précieux. Le platine fait plus l’unanimité que l’or
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L’or a commencé 2008 en beauté avec le franchissement, le 3 janvier, de son sommet historique de 1980 à 850 $ l’once.
Dans un contexte économique et financier troublé et alors que le dollar est faible, le métal jaune redevient une valeur refuge.
Des spécialistes du secteur estiment ainsi la porte ouverte vers 1.500 $ à court terme, ce qui correspondrait au niveau de 1980, mais à dollar constant. Pour FactSet, il ne faut pas négliger le fait que la demande est en constante augmentation, vivifiée par les classes moyennes chinoises et indiennes qui, en s’enrichissant, achètent de la bijouterie. Cependant, dans un marché marqué par une spéculation acharnée, certains tirent le signal d’alarme. « Les positions à terme pour l’or sont à un niveau record de 20 millions d’onces, principalement du fait de hedge funds, indique Jean-Philippe Roos, analyste
chez Natixis AM. Cela pourrait mener l’once vers 980 ou 1.020 $ l’once. Mais cette bulle va finir par se dégonfler et les
cours pourraient ensuite revenir à 830 $. » Le platine est, en revanche, prébiscité. Selon Graham Birch, gérant
des fonds Blackrock Merrill Lynch, « l’essentiel des ressources est limité à trois pays aux situations géopolitiques instables
(Afrique du Sud, Zimbabwe, Russie). Des pannes d’électricité en Afrique du Sud ont entraîné fermeture des mines et flambée des prix. Le platine est à ses plus-hauts historiques (1.754 $ le 1er février en séance). C’est un métal qu’on ne sait pas remplacer, notamment pour les pots catalytiques ». Les cours devraient se maintenir à des niveaux élevés à long terme.

NOTRE CONSEIL

Outre les produits dérivés (page 18), il est possible de jouer les métaux précieux par le biais des mines. On peut s’intéresser à AngloAmerican, dont 30 % de la production est constituée de platine (coté à Londres, AAL). Le conglomérat est en retard de valorisation par rapport à ses comparables. Viser 3.200 pence. Notre aurifère favorite demeure Newmont Mining (coté à New York, NEM), qui a déjà gagné 14 % depuis le début de l’année, à 55,60 $. Acheter en visant 67 $.


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Aluminium. Vers une stabilisation
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La volatilité a caractérisé les cours de l’aluminium en 2007. Après des sommets à près de 2.900 $ la tonne, ils ont chuté en fin d’année, sur fond de crise boursière. Ils sont alors revenus vers 2.400 $ la tonne. Les prix ont été, en moyenne, de 2.640 $ la tonne en 2007 (+ 20 % par rapport à 2006), supérieurs aux niveaux attendus en début d’année par le consensus mondial. Un pic historique pour le métal blanc. Sur cette base très élevée, le centre de recherche Cyclope envisage une quasi-stabilité
des cours en 2008 (– 1 %), en se fondant sur une analyse simple d’équilibre entre l’offre et la demande. La production est dynamique, surtout au Moyen-Orient, où l’énergie, dont l’aluminium est un gros consommateur, est bon marché. En outre, la
Chine exporte en abondance. Pas de risque, donc, de déficit d’aluminium sur le marché mondial. Cet avis est partagé par les autres spécialistes du secteur, qui estiment que les fluctuations des cours du métal devraient être beaucoup moins importantes qu’en 2007. Pour la recherche matières premières de la Société Générale, les hausses seront limitées par les surplus de production qui demeureront et le niveau des stocks. Les risques de baisse sont, également, relativement faibles, les niveaux de prix actuels étant bien supportés par le marché. Les analystes d’Euler Hermes ajoutent que les coûts élevés de l’énergie sont un frein à la chute des cours, tout comme les prix à terme, qui sont supérieurs aux contrats physiques depuis plusieurs semaines. L’aluminium semble s’installer durablement au-dessus de la barre des 2.000 $ la tonne, dépassée en moyenne
annuelle depuis 2006. Il devrait se négocier cette année dans une étroite fourchette de prix moyens, comprise entre 2.440 et 2.550 $ la tonne selon les experts.


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Nickel. L’année d’un retour à la raison ?
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Les cours du nickel ont connu une année 2007 délirante. A plus de 50.000 $ la tonne, ils atteignaient, début mai, un niveau record, le double du niveau moyen de 2006. Les raisons : une spéculation acharnée de hedge funds soucieux de trouver des pistes d’investissements alternatifs alors que se profilait la crise des subprimes, couplée à un corner sur le marché londonien, une entente entre un producteur et un courtier pour monopoliser des positions de long terme. Cette bulle a fini par se dégonfler, faisant chuter les cours de près de 50 % en trois mois, pour revenir à 26.640 $ en fin d’année. Au final, les cours moyens observés en 2007 sont hors norme : 36.000 $ la tonne. En 2008, les données fondamentales devraient changer. D’abord, parce que l’offre va considérablement s’élargir. La mise en service de plusieurs mines, parmi lesquelles l’énorme site australien de Cliffs, exploité par BHP Billiton, devrait détendre le marché. Ensuite, parce que la demande pourrait ralentir, si la croissance mondiale devait se tasser. Les producteurs d’aciers inoxydables pourraient modérer leurs capacités de
production, et donc consommer moins de nickel, un des éléments essentiels à l’alliage. Selon les analystes de Natixis,
les cours moyens pourraient être de 26.000 $ la tonne. Les analystes de la Société Générale envisagent un niveau bien
plus élevé. Selon eux, la hausse des coûts miniers constitue un frein à une baisse trop prononcée et la moyenne annuelle
des cours devrait se situer autour de 29.000 $ la tonne. L’opinion générale table privilégie donc un repli des cours par
rapport à 2007, mais aussi leur maintien à des niveaux historiquement hauts, supérieurs de 75 % à ce qu’ils étaient en 2005
et de près de 90 % à la moyenne de 2004.

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Cuivre. Un équilibre offre-demande toujours précaire
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L’année 2007 a été marquée, pour le cuivre, par des poussées de fièvre sur les cours. Deux raisons à cela selon Cyclope :
une explosion de la demande chinoise et une insuffisance de l’offre, qui découle d’un manque d’investissements dans les
mines. Le métal rouge s’est négocié à un cours moyen annuel de 7.100 $ la tonne. Un record qui cache de grandes amplitudes, puisque des sommets ont été touchés à près de 8.300 $ en octobre. Au final, l’appréciation par rapport à 2006
n’est que de 6%. Très largement utilisé dans le domaine de la construction, le cuivre est considéré comme un indicateur
avancé de l’économie. Sa consommation pourrait donc être marginalement touchée en cas de récession américaine
en 2008, mais elle demeurera tirée par une demande chinoise boulimique. Philippe Chalmin, du Cyclope, table sur un repli de
32 % des cours par rapport à 2007, surtout grâce à la mise en exploitation d’une mine congolaise qui va améliorer l’offre à
court terme et assouplir le marché. Cependant, la mise en production de nouveaux sites demande du temps et le
moindre accident, comme une fermeture d’un site ou un retard d’exploitation, expose les cours à des flambées ponctuelles.
La Société Générale envisage également une baisse pour le cuivre. Elle avance que les cours moyens se situeront à 6.500 $ la
tonne en 2008. Même si elle envisage un ralentissement de la croissance chinoise plus prononcé, la recherche
d’Euler Hermes en arrive sensiblement au même objectif. C’est-à dire que les cours seraient inférieurs à ce qu’ils étaient en 2006 et 2007, mais toujours 75 % au-dessus de la moyenne de 2005.


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Plomb. Des cours un peu plus légers en 2008
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C’était une des grandes surprises de 2007. Personne n’avait prévu l’explosion des cours du plomb en milieu d’année.
Malgré les interdictions d’usage qui se multiplient sur la planète, ils ont atteint, à leur plus-haut, des niveaux records, à
3.655 $ la tonne. La demande ne cesse de croître (notamment du fait des besoins croissants en batteries automobiles) dans
un contexte d’offre verrouillée par les quelques groupes qui contrôlent le marché.La fermeture de la mine australienne
de Magellan, qui assure 3% de la production mondiale, a tendu les échanges alors que la Chine, qui consomme de plus en
plus de plomb, a réduit la part de ses exportations. En prenant en compte un effondrement des cours en fin d’année
(achevée autour de 2.400 $), le prix moyen aura été de 2.560 $ la tonne, à comparer avec 1.290$ en 2006 (+100%). A la fin 2007, les stocks étaient très bas et représentaient douze jours de consommation mondiale, selon Natixis. L’année qui débute sera marquée par une réouverture de la fameuse mine australienne, qui devrait rétablir les cours mondiaux et faire revenir le plomb à des niveaux plus normaux, ce qui permet d’anticiper un repli sensible des cours. Les analystes de la Société
Générale envisagent une baisse marquée qui se traduirait par des cours moyens de 2.050 $ la tonne. Ils estiment que l’offre
sera largement suffisante pour satisfaire la demande, notamment parce que la Chine réenvisage des exportations. Des surplus pourraient se développer, des stocks se reconstituer, entraînant de fortes baisses de prix. Malgré celles-ci, le métal lourd
coûterait en 2008 deux fois plus cher qu’en 2005 (975 $ la tonne).


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Minerai de fer et acier. Des hausses en cascade
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Les prix du minerai de fer ont connu une inflation continue ces dernières années : ils se sont envolés de près de 71 % en 2005, de 19 % en 2006 et de 9,5 % en 2007, pour atteindre, par exemple, un prix spot de 200 $ la tonne pour les livraisons en Chine de minerai indien. Il n’y a pas, pour ce produit, de cotations mondiales, mais des tractations entre producteurs et consommateurs. Les négociations pour les prix de 2008 se situent dans un contexte de concentration des producteurs (via notamment l’OPA lancée par BHP sur Rio Tinto), tandis que les aciéristes chinois ont fait le choix d’être représentés par
un seul d’entre eux : Baoshan Steel. Selon les analystes de la Société Générale, l’extrême tension du marché laisse supposer
que les prix négociés dans le cadre des contrats annuels augmenteront de 30%, une estimation partagée par la recherche Euler Hermes. Philippe Chalmin indique, dans les prévisions annuelles du Cyclope, que les prix pourraient croître de 40 %. Les responsables d’ArcelorMittal optent pour une voie intermédiaire et anticipent une hausse de 30 à 35 % des prix du minerai de fer en 2008. L’augmentation du prix du charbon à coke (90 $ la tonne en 2007, avec une augmentation de 60 % envisagée en 2008), de l’énergie et le maintien à des cours élevés des métaux nécessaires aux alliages, comme le nickel, laissent augurer des hausses de prix pour l’acier. Les surcoûts sont cependant difficiles à appliquer à un type de produit précis, car il n’existe pas de cotation. Ce sera chose faite en février sur la plate-forme électronique du LME, qui lancera des contrats sur les
aciers longs (billettes) pour certaines zones géographiques.


Bonne lecture Mel (-_^)

2 réponses

  • 02 février 2008 13:11

    dommage de ne pas avoir cette page 18!


  • 05 février 2008 09:09


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