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Matières premières : Le pari risqué des ressources naturelle

18 mars 2008 08:00

Le pari risqué des ressources naturelles comme protection contre la crise
[ 18/03/08 ]









Les investisseurs voient dans les marchés des matières premières une opportunité unique de diversifier leur portefeuille et de préserver leurs capitaux. La crise industrielle qui est en train de se profiler aux Etats-Unis ne freine pas leur engouement. Mais, à plus longue échéance, ces placements ne sont pas sans risques.


La principale économie mondiale glisse vers la récession, exportant l'inflation partout dans le monde via l'accélération de la dépréciation du dollar. Malgré cela, les marchés mondiaux des matières premières se portent généralement à ravir, mais au prix d'une volatilité élevée. L'or et le pétrole brut ont sonné la dernière charge, l'un se hissant à près de 1.033 dollars l'once hier en séance, l'autre s'installant à 110 dollars le baril. L'indice généraliste le plus ancien des ressources naturelles, le Reuters/Jefferies CRB Index, a inscrit la semaine dernière un plus haut de tous les temps au-dessus des 420 points. L'indicateur le plus investi des matières premières, le S&P GSCI Index, a fait de même, dépassant les 722 points.

Les fonds basés sur les indices de ressources naturelles se sont appréciés de 30 milliards de dollars en janvier et février pour un total de l'ordre de 185 milliards de dollars fin février, a déclaré à l'agence Reuters Dan Raab, directeur général chez AIG Financial Products, qui gère l'indice Dow Jones - AIG Commodity Index. Même l'indice de référence des métaux de base cotés par le London Metal Exchange (LME), le LMEX Index, n'a plus que 3 % à gagner pour atteindre son sommet historique de début mai 2007. Pourtant, les non-ferreux sont étroitement corrélés à la conjoncture globale et plus particulièrement à la demande chinoise, qui pourrait être affectée par un dollar durablement faible.

Spéculation
A l'évidence, les investisseurs misent sur les matières premières pour se protéger contre toutes les menaces qui pèsent sur les grands équilibres économiques mondiaux. Un comportement compréhensible lorsqu'il s'agit des métaux précieux et des produits agricoles. Les premiers, l'or avant tout, constituent des outils classiques de couverture à la fois face à la baisse du dollar, la crise du crédit ou encore les tensions géopolitiques internationales.

Les produits agricoles représentent également un placement intéressant par gros temps en vertu de la stabilité physiologique de leur demande, qui les rend peu sensibles aux embardées cycliques. Le boisseau de blé à 20 dollars, c'est du jamais-vu. Mais l'envolée concerne presque tous les autres produits, y compris les plus cycliques. Contrairement au plus haut de la vague de cet été, les métaux de base ne sont pas - encore ? - victimes de prises de profits pour combler, par les liquidités ici dégagées, les pertes enregistrées principalement sur les actions. Les tensions persistantes du côté de l'offre aident à la fermeté de leurs prix. Mais la bonne tenue des non-ferreux ne peut s'expliquer uniquement par ce facteur.

La spéculation est en grande partie à l'origine de ce phénomène largement inédit. Cependant, ce pari est risqué à double titre. Tout d'abord parce que le bond des cours des matières premières est devenu le principal levier de l'inflation mondiale qui, à son tour, minimise la croissance des pays émergents, grands consommateurs de matières premières. Enfin, une envolée essentiellement spéculative des ressources naturelles qui n'est pas accompagnée d'une amélioration équivalente des fondamentaux entraînerait, à terme, une forte et durable chute des cours.

« Les matières premières n'ont jamais été et ne sont pas aujourd'hui un havre protégé. Penser que ces marchés le sont est une idée dangereuse », écrit à ses clients Paul Touradji, fondateur du fonds d'arbitrage new-yorkais Touradji Capital Management (3,5 milliards de dollars d'encours).

Prises de bénéfice
Pour l'heure, toutefois, l'évolution des marchés physiques ne contredit pas ce pari. Depuis janvier 2002, « les ressources naturelles ont abondamment surperformé les indices boursiers et obligataires », indique Francisco Blanch, stratège chez Merrill Lynch. Pour Paul Skinner, président de Rio Tinto, la demande des principaux produits de sa société - minerai de fer, aluminium et cuivre - « pourrait potentiellement tripler sur les vingt-cinq années à venir ». Une fois encore, in fine, la Chine tranchera : si le géant asiatique poursuit sa course, même à un rythme moins soutenu, les investisseurs qui ont misé sur les matières premières auront fait le bon choix.

Dans le cas contraire, la facture pourrait se révéler très salée. Les prises de bénéfice, hier, sur les métaux non ferreux et sur l'indice Reuters Jefferies CRB (- 4,7 % en séance) pourraient constituer un premier avertissement.

MASSIMO PRANDI

d:les echos

2 réponses

  • 18 mars 2008 11:54

    L'or est surtout une monnaie (réserve de change, couverture des monnaies fiduciaires, étalon de référence), son évolution dépend plus de celle des monnaies papier et de l'inflation que de la croissance économique...

    Toute la masse de dollars et pétrodollars se reportera sur l'or et certaines matières premières (comme le pétrole, en voie d'épuisement) à mesure que le dollar plongera...


  • 26 mai 2008 08:47

    Pas sûr.......


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