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Matières premières : La chute des MP est annoncée

27 mars 2008 16:26

Terrain de chasse exclusif de quelques investisseurs avertis voici encore deux ans, les marchés de matières premières sont devenus «à la mode». Désormais, il est de bon ton de se diversifier sur ces actifs : peut-être même votre conseiller financier s’est-il enfin décidé à vous proposer d’acheter une part de fonds spécialisé sur ce thème ? Trop tard, dirons-nous… Vous le savez, nous étions jusqu’ici positifs sur les matières premières, y compris agricoles. Si vous nous suivez depuis deux ans, vous avez ainsi pu profiter de la hausse de ces dernières en achetant un certificat (le fameux GSCI Agriculture) qui a pris, depuis, plus de 50 %. Aujourd’hui, il nous semble que le vent s’apprête à tourner. Résistez donc à la tentation de monter dans le train en marche…

Une fusée à trois étages

Si l’on revient à la genèse de cette flambée, on se rappellera tout d’abord que le cycle de hausse a commencé en 2000. À cette date, seuls quelques investisseurs, perçus comme des illuminés, annonçaient le futur engouement. La désaffection était telle que le pétrole, peu «entouré» dans un contexte de révolution technologique, cotait moins de 30 $. Il aura donc fallu que la bulle de la nouvelle économie explose pour voir les vertus des matières premières remises au goût du jour. Dans un premier temps, la pente est toutefois restée douce. L’essor des pays émergents provoquait la hausse de la demande tandis que les sous-investissements des producteurs pesaient sur l’offre : la loi du marché faisait son œuvre et débouchait sur une progression «normale» des cours. Ce phénomène est resté relativement confidentiel jusqu’à ce que les fonds spéculatifs puis les fonds de pension ne commencent à s’intéresser au sujet, provoquant ainsi une forte hausse des volumes sur les marchés à terme (voir graphique ci-contre). Enfin, au cours des derniers mois, alors même que les prévisions de croissance économique étaient révisées à la baisse, les prix des matières premières et autres métaux continuaient de grimper, alimentés par la faiblesse de la devise américaine. Rappelons ici que les ressources naturelles de la planète sont toutes cotées en dollars. La chute de ce dernier les rend donc moins chères… Dans un raisonnement semblable à celui qui prévaut sur l’or, les investisseurs y ont donc vu l’opportunité de se protéger contre la baisse du billet vert. En moins d’une décennie, ces trois éléments (la hausse de la demande, l’intérêt des fonds et la volonté de se couvrir contre la baisse du dollar) sont donc venus alimenter les flux en direction des marchés de matières premières. Aujourd’hui, la fusée à trois étages semble devoir connaître un atterrissage.
La réalité va laisser la place à l’illusion

Il y a encore deux mois, le mot à la mode était «découplage». Les économistes ne croyaient pas à un ralentissement marqué aux États-Unis. Surtout ils considéraient que la croissance des pays émergents, Chine en tête, resterait insensible aux difficultés économiques de l’Oncle Sam, quelles qu’elles soient. Il était donc logique de penser, selon eux, que la demande pour le pétrole, les matières premières ainsi que les métaux ne fléchirait pas. Désormais, il est admis que la théorie du «découplage» est un mythe. Et que découvrons-nous ? Que les marchés de l’aluminium et du cuivre sont par exemple devenus excédentaires en ce début d’année. Selon les experts les plus pessimistes, cela n’était attendu que sur le zinc et le nickel. Et certainement pas si tôt. Dans le même temps, les fonds spéculatifs ne croulent plus sous les liquidités. La crise financière est passée par là. Bien sûr, il a été tentant pour eux de se refaire sur les marchés de matières premières alors que les actions corrigeaient fortement. Ceci explique la hausse depuis le début de l’année. Pourtant, dans un contexte marqué par ce que d’aucuns appellent à juste titre une crise de solvabilité, les banques s’apprêtent à siffler la fin de la partie. Les fonds, qui investissent avec un fort effet de levier grâce aux prêts des établissements financiers, vont rendre des comptes. Miraculeusement insensibles à la crise jusqu’ici, les spéculateurs risquent de devoir céder des positions pour répondre aux appels de marges. Est-ce les prémices de ce tournant que nous avons commencé à percevoir sur ces marchés la semaine dernière ? Nous le pensons. La fébrilité des opérateurs est visible : un simple rebond du dollar a suffi à provoquer la panique. Désormais, tous savent que le grand écart avec la réalité de la demande ne manquera pas d’être découvert sous peu. Le jeu va donc consister à sortir avant les autres. D’autant que l’utilisation des matières premières comme protection contre la baisse du dollar a ses limites. La hausse accélère en effet l’inflation dans les pays émergents où la monnaie est souvent corrélée au billet vert. De quoi encore ralentir la croissance et la demande…

Si nous croyons effectivement que le développement des pays émergents et de la Chine constitue un moteur pour la demande sur le long terme, nous ne pensons pas qu’il justifie des variations de 5 à 10 % par jour ! Après les actions, l’immobilier et les obligations privées, la bulle sur les matières premières et consorts est sur le point d’éclater. En conséquence, nous réitérons notre conseil d’achat sur le Certificat répliquant la baisse du nickel (voir PU n° 2307). Nous conservons par ailleurs notre Put warrant sur le pétrole. À l’inverse, après avoir atteint notre objectif à 64 €, nous abaissons à 52 € notre limite d’achat/renforcement sur notre favorite, le Lyxor GBS qui reproduit la hausse de l’once d’or. Enfin, n’oubliez pas que la surperformance du Brésil au cours des derniers mois est en grande partie liée à son rôle de producteur. En toute logique, il convient maintenant d’alléger.

www.proposutiles.com

7 réponses

  • 31 mars 2008 13:32


    Je suis assez d'accord sur les métaux industriels et les MP agricoles : la hausse est difficilement soutenable.

    En revanche, je ne suis qu'à moitié d'accord avec eux sur l'or : je vois bien une redescente sur 800/850 USD dans les semaines qui viennent, mais ce sera une occasion de renforcer, certainement pas d'alléger. Sauf si vous faites du trading sur l'or, ce qui est assez casse-tronche - je sais pas faire.

    Car non seulement la demande industrielle de métal jaune s'est nettement reprise depuis la correction de la semaine du 20/03, mais en plus les investisseurs de LT ont recommencé à acheter eux aussi.

    C'est l'analyste du fondeur affineur teuton Heraeus (www.heraeus.de) qui l'a écrit, il sait de quoi il cause.

    Il voit un support pour le cours de l'or à 850$. Avec des hedge funds qui font n'importe quoi, je ne serais pas étonné qu'un ou deux hedge sur matières premières ne se cassent la figure, ce qui nous donnera une correction de plus.

    Mais comme le coeur de la demande - joaillerie et industrie - sont toujours là, et que la demande financière d'or à LT est toujours là elle aussi, je ne suis pas pessimiste.

    Et on n'a rien dit sur le so called or des banques centrales, que ces dernières vendent régulièrement. A tel point que cela représente plus de 10% de l'offre annuelle d'or, alors que ce n'est pas inépuisable ni pérenne.

    C'est Voltaire qui disait déjà que "la monnaie de papier finit toujours pas revenir à sa valeur intrinsèque, c'est à dire zéro"...


  • 31 mars 2008 14:03

    ca va corriger , puis ca reprendra
    a une exception, le cuivre qui n a pas l air du tout de vouloir corriger, c en est meme etonnant
    mais l or a 850 dans pas longtemps ca m etonnerait pas


  • 31 mars 2008 14:40

    j'espère que tu me feras un prix sur tes pièces...


  • 31 mars 2008 15:22

    je vends pas mais je renforcerais


  • 31 mars 2008 18:58

    pas bon d'être long blé,colza et soja ce soir.Sévère la purge.


  • 01 avril 2008 12:33


    Il vient donc de casser un support vers 905/906$.

    Les chartistes, le prochain, c'est 850/860$ ?

    Sinon, sur le site du Barron's, vous pouvez voir des vidéos de son chief editor qui dénonce le poids énorme pris par les investisseurs sur les MP, notamment agricoles. Sur le blé, ce qu'il dit est affolant, et il conclue en évoquant une baisse de 30 voir 50% suivant les MP.

    Hier sur CNBC, Wilbur Ross - un investisseur US pas trop nul qui aime bien reprendre les actions de boites déglinguées - disait que 20% du volume des futures sur pétrole étaient détenus par des investisseurs.

    AMHA, le tout est de savoir quelles MP résisteront mieux que les autres. Un grand classique comme l'or a peu de chances de chuter autant que le blé lorsque les fonds liquideront. L'or est un actif de LT très adapté face à la situation financière actuelle et est par définition un actif de LT. Pas le blé, ni le soja ou l'alu...


  • 02 avril 2008 13:10

    ca va reprendre plus doucement mais ca va reprendre


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