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Marchés émergents : JAPON précipitera le MONDE en RECESSION

23 mars 2011 18:28

Tout le monde sait comment ce jonglage entre crise des dettes des Etats et impression à tout va d’argent papier va se terminer. Tout le monde sait que la Fed n’est pas, comme James Mackintosh le souligne dans le Financial Times, « à l’abri des lois de l’offre et la demande ». Plus vous créez de la monnaie, plus la valeur de chaque billet baisse.

L’assouplissement monétaire n’a probablement pas fait grand-chose pour sortir de la crise sociale mondiale (chômage, pouvoir d’achat, consommation…) mais il a en revanche bouleversé l’assise du dollar, réveillé l’inflation et surtout créé les conditions pour que cette dernière s’embrase.

Les gens ne veulent pas savoir comment l’inflation va se développer : ils veulent connaitre ses conséquences. C’est ce dont il est question dans le livre d’Adam : comment l’inflation ronge l’épargne, détruit les moyens d’existence et la stabilité politique.

Qu’aurait fait Adam s’il avait eu le pouvoir d’agir pendant la crise. s’il en avait eu le pouvoir. Voici sa réponse. Il n’aurait jamais permis à la Fed d’avoir un double mandat. Il lui aurait enlevé toute responsabilité de la croissance et de l’emploi et l’aurait chargée de se concentrer exclusivement sur la protection du dollar et la lutte contre l’inflation – d’autant plus que le dollar est la monnaie de réserve mondiale.

En conclusion : les Etats-Unis ont désespérément besoin d’émettre de la dette et de trouver quelqu’un pour l’acheter. A l’heure actuelle, le Japon et la Chine se disputent le titre de plus gros possesseurs de bons du Trésor américain au monde. Mais cela va peut-être changer.

‘Après le séisme, il y a forte probabilité que le Japon vende ses bons du Trésor pour pouvoir financer sa reconstruction. Très mauvais signe pour les Etats-Unis. ! Les conséquences risquent de se propager comme une onde de choc à l’économie mondiale. Les Etats-Unis seront-ils les prochains à faire faillite ?

Moneyweek


Le cataclysme qui frappe le Japon coûtera au moins un point de PIB à l'échelle de la planète, estime Karine Berger, responsable des études économiques d'Euler Hermes SFAC. Un retour en récession de l'économie mondiale est cependant exclu, sauf en cas d'accident nucléaire majeur.

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a plongé de 6,18% en clôture lundi 14 mars, victime d'ordres de "vente panique". La place financière a connu un volume de transactions historique avec plus de 4,88 milliards de titres échangés sur le premier marché, soit plus de 2,5 fois la quantité moyenne habituelle.

Quel sera l'impact de la catastrophe naturelle sur l'économie japonaise?

Deux scénarios sont possibles: un scénario gris, dans lequel le Japon parvient à maîtriser le risque nucléaire, et un scénario noir dans lequel se produit une catastrophe nucléaire. Dans les deux cas, l'effet sur l'économie japonaise sera négatif. Car la situation financière du pays est bien plus dégradée qu'il y a quinze ans lors du précédent tremblement de terre de Kobe. La catastrophe actuelle pourrait coûter entre 2 et 7 points de PIB au Japon. Le pire, c'est que l'économie japonaise est structurellement, donc durablement affaiblie, car les fondements de sa production électrique sont totalement remis en cause

Quelles répercussions peut-on craindre sur les marchés mondiaux?

Le Japon, troisième consommateur mondial d'or noir, doit trouver des sources d'énergie pour suppléer sa production d'électricité nucléaire partiellement à l'arrêt. Cela va créer à court terme un choc additionnel sur la demande mondiale d'énergie et faire grimper les prix du pétrole et du gaz. Les flux financiers pourraient aussi transmettre la secousse à l'économie mondiale. Les Bourse mondiales devraient également subir de fortes pressions à la baisse: les Japonais, pour les besoins de la reconstruction, vont rapatrier des fonds investis à l'étranger. Il y a un vrai risque de panique boursière.

Ce cataclysme va-t-il peser sur la croissance mondiale en général?

Le Japon est la troisième économie dans le monde. Il représente 20% de la richesse produite. L'Archipel joue en outre un rôle déterminant en Asie. Au final, cette catastrophe devrait coûter au moins un point de PIB à la croissance mondiale. Les pays les plus impactés seront la Chine, partenaire commercial privilégié du Japon depuis deux ans, et les Etats-Unis, partenaire commercial historique. Le japon est le premier producteur de voitures aux Etats-Unis. Les secteurs qui vont le plus souffrir du ralentissement de la production manufacturière japonaise sont l'automobile, les machines outils et l'électronique.
L'économie mondiale peut-elle retomber en récession?

Non, en l'état actuel des choses, ce qui se passe au Japon ne va pas bloquer le dynamisme de la croissance chinoise ni le redémarrage de l'économie américaine. Mais si par malheur une catastrophe nucléaire se produit, alors oui l'économie mondiale va plonger. Car il est probable dans ce cas que tous les pays opteront pour un arrêt de leur production nucléaire. Or le nucléaire représente un tiers de la production énergétique mondiale. Cela entraînerait un énorme choc pétrolier.

L'expansion



Après le tremblement de terre, le tsunami, l’accident nucléaire, le Japon pourrait connaître un choc économique. Comme les centrales nucléaires, plusieurs usines ont été les cibles de la catastrophe. Pour faire face aux effets économiques, la Banque du Japon a pris des mesures exceptionnelles.

Les grands constructeurs automobiles, Toyota, Nissan, Honda, ont annoncé la suspension de l’ensemble de leur production au Japon, les usines n’étant plus approvisionnées. Dès samedi, le 12 mars, Toyota a été le premier constructeur à annoncer la fermeture de ses douze sites pour assurer la sécurité du personnel. Chez Nissan, on a également suspendu l’activité de quatre sites, dans le nord-est, la région très touchée par le tremblement de terre et le tsunami qui s’en est suivi le vendredi 11 mars 2011.

Honda a pris la même décision pour quatre usines. Ces trois constructeurs automobiles ont aussi perdu une part importante de leurs productions dans la catastrophe. Plusieurs milliers de véhicules neufs ont été emportés par le tsunami. Plusieurs groupes d’électronique, Sharp, Sanyo et Panasonic ont également été affectés. Avec six usines touchées, Sony est le fabricant d’électronique qui paie le plus lourd tribut. Ces arrêts de chaînes de production concernent non seulement les usines situées dans les zones touchées par le séisme mais aussi les autres sites de l’archipel. Les entreprises fonctionnent en effet en flux tendu et une rupture d’approvisionnement de la part d’un fournisseur peut empêcher une usine de montage de fonctionner

Des entreprises à l’arrêt, l’électricité coupée

Patrice Geoffron, professeur à l'université Paris Dauphine et dirige le Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières.

Il faut trouver des énergies de substitution qui aient les mêmes qualités.

L’automobile, l’électronique, mais aussi la métallurgie et le nucléaire, aucun secteur n’est épargné. L’électricité est coupée dans une bonne partie du Nord du pays. La Tepco, la compagnie d'électricité qui couvre la région de Tokyo, a subi une baisse importante de production en raison de l'arrêt des centrales. La filière nucléaire qui produit entre 25% et 30% de l’électricité a vu ses capacités entamées. Au total, 11 des 50 réacteurs nucléaires, situés dans les zones les plus touchées, ont été arrêtés.

Le ministre de l’Industrie a appelé les entreprises et les particuliers à réduire leur consommation au strict minimum afin d’économiser les ressources. Le Japon a demandé à la Russie de lui fournir davantage de gaz naturel liquéfié. Les infrastructures ont également beaucoup souffert. L’ensemble des ports de la côte ainsi que certains aéroports ont été engloutis par les eaux du tsunami. De même, les transports ferroviaires et routiers ont été fermés dans une grande partie de l'archipel, en particulier dans Tokyo et sa région.

Rapatriement de capitaux

Cette catastrophe arrive alors que le Japon est en proie à de sérieuses difficultés économiques. La dette publique qui atteint les 200% du produit intérieur brut (PIB), pourrait être affectée. Il est donc probable que la prévision du Fonds monétaire international de janvier dernier, d’une croissance de 1,6% pour 2011 sera revue à la baisse. Bank of America Merrill Lynch estime que le séisme coûtera au moins entre 0,2 et 0,3 point de pourcentage à la croissance japonaise. La banque considère que les régions les plus touchées celle du Nord-Est contribuaient pour 8% du PIB nippon.

Pour rassurer les marchés financiers, le gouvernement a pris des mesures exceptionnelles. La Banque du Japon a décidé de maintenir son taux directeur quasiment à zéro afin de faciliter les financements. La Banque centrale a également injecté 131 milliards d’euros sur les marchés. Cette intervention massive a permis d’enrayer la hausse du yen. Les investisseurs s’attendent en effet à ce que les Japonais, pour les besoins de la reconstruction, rapatrient des fonds investis à l’étranger, ce qui peut déclencher une forte appréciation du yen. Le ministre des Finances japonais a d’ailleurs déclaré que le niveau du yen était sous surveillance.

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